Juin - Santé publique

Publication de la Direction de santé publique de l’Outaouais
Numéro 5—juin 2014
Maladie de Lyme : Une maladie en émergence au Québec
La maladie de Lyme est une maladie multi systémique, causée par la bactérie Borrelia burgdorferi. L’incidence de cette maladie chez
l’humain est faible mais en hausse depuis quelques années. C’est une maladie à déclaration obligatoire au Québec depuis 2003.
Dans le nord-est de l’Amérique, la maladie est transmise par une piqûre de tique infectée de l’espèce Ixodes Scapularis (tique à
pattes noires). Les tiques vivent en région boisée ou dans des hautes herbes, agrippées à la végétation.
Au Québec, environ 10 % des tiques testées sont infectées par la bactérie alors que dans certains états américains de la côte Est par
exemple, ce chiffre peut atteindre 60 %.
En Outaouais, des tiques porteuses de la bactérie ont été identifiées. En 2013, sur un peu plus d’une centaine de tiques testées, 6
étaient porteuses de la bactérie.
La période d’incubation de la maladie varie de 3 à 30 jours.
Tableau clinique
La maladie évolue généralement en trois stades qui peuvent parfois être difficile à différencier :
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Infection précoce localisée : Érythème migrant (EM)
Survient chez environ 70 % des cas. L’éruption peut être circulaire, ovale ou triangulaire. Il est généralement asymptomatique
bien qu’une sensation de brûlure, de douleur ou de prurit est aussi possible. La lésion augmente de taille assez rapidement et
mesure généralement au moins 5 cm de diamètre. L’apparition de lésions érythémateuses annulaires de petites dimensions,
dans les 48 heures suivant une piqûre de tique sont généralement associées à une réaction d'hypersensibilité et ne sont pas
considérées comme étant un EM.
L’EM s’accompagne la plupart du temps des signes et symptômes suivants : fièvre, myalgies, arthralgies, malaises, fatigue, céphalées, raideur de la nuque, photophobie, maux de gorge, nausées, vomissements, anorexie, dysesthésies, lymphadénopathies.
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Infection précoce disséminée
Peut survenir quelques semaines après la piqûre de tique chez le patient non traité. Les principaux signes et symptômes observés durant ce stade sont : EM secondaires ou multiples, arthralgies et arthrite franche, névrite crânienne, méningite ou neuropathie périphérique, bloc AV, myocardite.
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Infection tardive ou persistante
Peut survenir plusieurs mois après l'infection initiale non traitée. À ce stade de la maladie, les signes et symptômes suivants
peuvent être observés: arthrite, encéphalomyélite, encéphalite subaigüe, symptômes neuropsychiatriques et fatigue sévère.
Tests de laboratoire
Faire une sérologie après l’apparition des symptômes. L’analyse est faite par le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et
confirmée par Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg (LNM). Si les résultats sérologiques sont négatifs et que la maladie
est toujours suspectée, prélever un deuxième sérum, 2 à 4 semaines après le premier prélèvement sauf si le premier prélèvement
est fait plus de 6 semaines après l’apparition des symptômes.
Analyse des tiques
L’analyse des tiques est aussi effectuée par le LSPQ et le LNM. Cette surveillance est utile pour suivre l’évolution des tiques
infectées dans une région mais ne doit pas être utilisée comme outil pour décider le type de prise en charge des cas.
Traitement
Si dans les 30 jours suivant une exposition à une tique, on observe des signes et symptômes précoces de la maladie, le
traitement suivant est recommandé :
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La
Prophylaxie
En Outaouais, étant donné le faible pourcentage de tiques infectées actuellement, il n’est pas recommandé d’administrer une prophylaxie
suite à une piqûre de tique sur notre territoire.
L’Infectious Diseases Society of America recommande dans son guide de 2006, 1 dose de Doxycycline 200 mg po pour les adultes et les
enfants de 8 ans et plus si les quatre conditions suivantes sont rencontrées :
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Piqûre par une tique à pattes noires;
Piqûre survenant dans une zone endémique (20 % ou plus de tiques infectées);
Tique attachée depuis 36 heures ou plus;
Prophylaxie administrée dans les 72 heures suivant le retrait de la tique.
Progression des cas de syphilis infectieuse - les hommes ayant des relations
sexuelles avec d’autres hommes constituent la majorité des cas déclarés
Situation au Québec
La syphilis infectieuse a connu une recrudescence au début des années 2000 et, depuis 2010, le nombre de cas de syphilis en phase infectieuse (primaire, secondaire et «latente de moins d’une année») est en augmentation avec 634 cas déclarés au Québec en 2013, comparé
à 548 cas en 2010. Dans la majorité des cas, elle touche des hommes (95.6 %), particulièrement les hommes ayant des relations sexuelles
avec d’autres hommes (HARSAH). Toutefois chez les femmes, le nombre de cas est passé de 8 à 28 entre 2008 et 2013.
En Outaouais
En 2013, 11 cas ont été déclarés, 9 chez les hommes et 2 chez les femmes incluant une femme enceinte. Parmi ces cas, 8 étaient au stade
de syphilis infectieuse. La population homosexuelle (HARSAH) est surreprésentée; cette tendance se confirme au 1 er semestre de 2014.
La longueur de cet article est
Cas déclarés de syphilis infectieuse
en Outaouais (nombre et taux pour 100 000 personnes)
comprise entre 75 et 125
mots.
Le choix des photos et graphismes est un élément important de votre bulletin.
Réfléchissez à votre article et
assurez-vous que l’illustration
appuie ou souligne bien l’idée
que vous voulez faire passer.
Évitez les images hors contexte.
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Appel à la vigilance pour les cliniciens :
1.
Dépister1 la syphilis chez :
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Les HARSAH et leurs partenaires (masculins et féminins s’il y a lieu);
Ainsi que chez :
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Toute personne présentant des signes et symptômes compatibles avec la syphilis;
Toute personne ayant contracté une infection gonococcique, une infection par le VIH ou une hépatite B au cours de la dernière année;
Toute personne ayant de multiples partenaires sexuels ou un partenaire anonyme au cours de la dernière année;
Toute personne dont le (la) partenaire a des partenaires sexuels multiples ou anonymes;
Toute personne ayant eu une relation sexuelle avec un partenaire originaire d'une région où la syphilis est endémique;
Travailleur du sexe et ses partenaires;
Toute femme enceinte, dans le cadre d’un bilan prénatal de base;
Toute personne demandant un dépistage après un counseling prétest, même en l’absence de facteur de risque identifié.
2.
Traiter2 les cas index et leurs partenaires :
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La pénicilline G benzathine (BicillinMC L-A) en injection intramusculaire est l’antibiotique privilégié pour le traitement de la syphilis infectieuse,
disponible en pharmacie communautaire, programme de gratuité code K cas-index et code L partenaire.
3.
Déclarer les cas de syphilis à la santé :
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La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) : accédez au formulaire de déclaration AS_770
http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/mado/demarche_medecins.php
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Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Marie Hortas de la Direction de santé publique de l’Outaouais au
819 776-7656 ou par courriel à [email protected]
1
Des algorithmes ont été développés pour les épreuves de détection de la syphilis par le Laboratoire de santé publique du Québec et diffusés auprès des laboratoires
de microbiologie. http://www.inspq.qc.ca/lspq/fichesPDF/annonce_modifications_algorithme_II_serodiagnostic_syphilis.pdf
2
Pour les stades d’infection, les modes de transmission, les analyses de laboratoire, le traitement et le suivi, consulter le « Guide sur le traitement pharmacologique
ITSS - Syphilis de l’INESSS » (janvier 2014). http://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Outils/Guides_ITSS/ITSS_Syphilis_WEB_FR.pdf
IMMUNISATION
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Aux Programmes de vaccination soutenus financièrement par le Ministère :
Ajout de l’indication de vacciner contre le VPH, les garçons et les hommes âgés de 9 à 26 ans immunosupprimés ou infectés
par le VIH. À noter que ceci ne s’applique pas au programme scolaire.
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Vaccin contre le zona
À la section Précautions, ajout d’une précision à l’effet que les personnes âgées de 60 ans et plus qui reçoivent des agents
biologiques de type anti-TNF pourraient aussi être vaccinées contre le zona selon l’avis du médecin traitant.
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Programme de vaccination contre le pneumocoque
Il existe deux types de vaccins contre le pneumocoque :
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Vaccin conjugué :
Prevnar 13 (Pneu-C)
Vaccin polysaccharidé : Pneumovax 23 (Pneu-P)
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Tableau synthèse sur l’utilisation et les recommandations des vaccins contre le pneumocoque
2) Donner le vaccin Pneu-P dès que l’enfant atteint l’âge de 2 ans, à condition que 8 semaines se soient écoulées depuis l’administration
du dernier Pneu-C
3) Lorsque les 2 vaccins sont indiqués, administrer le Pneu-C en premier, suivi du Pneu-P après 8 semaines. ***Si le Pneu-P a été administré en premier, attendre 1 an avant de donner le Pneu-C
Programme de vaccination contre le méningocoque
Il existe trois types de vaccins contre le méningocoque :
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Vaccin contre méningocoque C
Vaccin contre méningocoque B
Vaccin contre méningocoque ACYW135
Menjugate (Men-C-C)
Bexsero (Men-B)
Menveo ou Menactra(Men-C-ACYW135)
Ne pas administrer plus d’un vaccin contre le méningocoque lors d’une visite de vaccination. L’intervalle minimal à respecter entre
l’administration des vaccins contre le méningocoque, Men-C-C, Men-C-ACYW135 et Men-B, est de 4 semaines, peu importe l’ordre
d’administration des vaccins.
Rappel : Lors de l’administration du Vaccin contre le méningocoque B, il est important d’administrer de l’acétaminophène après
l’injection et pour les 12 heures qui suivent, car le vaccin est plus réactogène.
ISSN 2291-4226 (version imprimée)
www.santepublique-outaouais.qc.ca
ISSN 2291-4234 (version en ligne)
Coordination : Christelle Kom Mogto
Rédaction : Marie Hortas, Dany Larivée, Martine
Lestage, Carol McConnery et Suzanne Rajotte
Graphisme : Sylvie Bélisle
Révision et mise en page : Annick Michaud
Pour toute question ou commentaire sur ce
bulletin d’information, écrivez à :
Karelle Kennedy, agente d’information
[email protected]