MERCREDI 30 JUILLET 2014 = Évolution... p.1 = "La guerre arrive" (Paul Craig Roberts) p.2 = La bonne humeur des marchés actions pourrait tourner au vinaigre p.5 = « De la déflation à la précarité… » p.8 = Le tourisme pour tous... p.13 = Voitures hybride ? Sans intérêt... p.14 = Giganteus Miscanthus p.15 = Espirito Santo : L’INSTABILITÉ DEMEURE p.15 = L'affaire Ioukos: 'Il y a une guerre qui se prépare en Europe. Pensez-vous vraiment que ceci ait de l'importance?' p.17 = Déprimant... La dette publique de la zone euro est repartie à la hausse et la Belgique est dans le peloton de tête p.19 = L’Argentine au bord du gouffre financier p.20 = Très étrange été p.22 = Vers un chamboulement asiatique des marchés du pétrole p.22 = Crise en Ukraine: risques "accrus" pour les banques françaises en Russie p.25 = Un pas vers la fin de l’hégémonie du dollar ? p.26 = Quelques vérités sur les agences de « notation » p.28 = Indice de misère : un palmarès de l’appauvrissement dans le monde p.33 <> <> <> <> <> <> <> () <> <> <> <> <> <> <> Évolution... Patrick Reymond 30 juillet 2014 On nous daube encore Ségolène. Mais j'en profite pour ressortir un petit graphique venu tout droit de chez oncle Sam. Le fossile baisse fortement, le nucléaire a des vapeurs, et le renouvelable s'envole. Et encore, ne précise t' on pas la baisse des consommations. En réalité, isoler les bâtiments à la cadence de 500 000 par an, ça n'a rien ni de sorcier, ni de révolutionnaire, mais au global, c'est révolutionnaire. Comme je l'ai dit, le CAC 40, c'est pratiquement rien que de l'énergie. Allégements fiscales et primes, c'est un moyen très classique. Et efficace. EDF a gagné et perdu. Sanctuarisé, mais EDF est coincé avec le déclin mondial du nucléaire, et la poussée des énergies renouvelables. EDF devra diversifier ses sources, en clair, réduire le nucléaire. Avec la montée, des autres, le plafonnement des consommations, le plus judicieux sera de déclasser. Le mouvement de baisse des consommations existait déjà, depuis 2007, le fossile baisse de 2 % l'an. On va simplement accroître et accélérer le mouvement. Plus anecdotique sont les primes pour le changement automobile. Mais il est désormais absurde de parler de "croissance verte". Chaque sou investi, aura principalement pour effet de REDUIRE la croissance. La nonconsommation, ça ne se mesure plus dans les prix. Réduire la consommation d'énergie de 50 % en 2050, ça PARAIT important. Mais c'est le simple report, EN AVANT, de la baisse observée depuis 2007. Un point important, est aussi l'abandon de l'écologisme punitif, qu'aime les écologistes proclamés. On n'attrape pas les mouches avec le vinaigre. Mais l'économie d'énergie, c'est économiser sur les dépenses, et cela, ça parle. Bien entendu, il y a des chances que les ménages ne voient pas la différence : les prix augmentant, la baisse de consommation sera annulée par cette envolée. Bien entendu, on n'est pas à l'abri d'un effondrement économique, qui, sans rien changer de notre propension à consommer de l'énergie, nous ferait faire -50 % d'un coup, ou plutôt, d'abord - 30 %, puis - 20 %, puis -10 %, dans un scénario grec. Du crash du vol MH 17, à la 3e guerre mondiale : "La guerre arrive" (Paul Craig Roberts) http://www.youtube.com/watch?v=NePChnsuMNs Au moment où les Etats-Unis publient des "preuves" de l’appui militaire russe aux séparatistes, paul craig roberts dénonce un "hoax" : "Pendant plusieurs jours, les journalistes ont demandé au porte-parole du bureau de presse Département d’Etat ,Marie Harf, des preuves affirmant que l’armée russe avait attaqué les forces ukrainiennes, pour la soutenir. Harf a dit aux journalistes qu’elle ne pouvait pas fournir les preuves. En d’autres termes, la preuve de Harf , c’est comme le témoignage de John Kerry qu’il ne pourrait jamais prouver que Assad avait utilisé des armes chimiques. Soudain, la preuve apparaît dans un e-mail et se propageant via les réseaux sociaux. Ce n’est pas crédible. Ces éléments de preuve si ils existaient réellement, serait publiés dans une conférence de presse à Washington par de hauts responsables gouvernementaux avec des experts présents pour expliquer le sens des photos pour les journalistes et pour répondre aux questions. Aucun vrai journaliste , s’il en reste, ne croirait que ces informations chaudes soient divulgués dans un e-mail. De plus, les photos n’ont pas de sens pour les non-initiés, et il n’existe aucun moyen de juger de leur authenticité. En outre, il n’est pas crédible que cette information importante fut libérée à un temps mort des nouvelles à 8: 45 AM EDT un dimanche matin, quand la côte Ouest était encore endormi. Que devons-nous faire de tout cela ? Une explication possible est que les enfants (ndlr : washington) , inconscients de la gravité de l’affaire, ont concocté un canular pour le plaisir. Une autre explication est que étant dans l’incapacité de justifier quelconques de ses accusations contre le gouvernement russe, le Département d’Etat a décidé d’utiliser les médias sociaux pour diffuser de la désinformation en faveur de son assaut de propagande contre la Russie. C’était Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur américain en Ukraine qui a posté les images sur Twitter. Pyatt a été le partenaire de Victoria Nuland dans l’orchestration du coup d‘Etat contre le gouvernement ukrainien." Le papier de Roberts : Un autre canular du Département d’Etat ? Et on en vient à cette incroyable déclaration d’un conseiller du président Poutine hier : "Il y a une guerre à venir en Europe". Paul Craig Roberts prévient : "La Guerre arrive " La propagande extraordinaire menée contre la Russie par les gouvernements et les ministères de la propagande des États-Unis et du Royaume-Uni, aka, les "médias occidentaux", ont pour but de conduire le monde vers la guerre que personne ne peut gagner. Les gouvernements européens doivent se réveiller de l’insouciance, parce que l’Europe sera le premier à être vaporisé en raison des bases de missiles américains que l’Europe accueille pour garantir sa «sécurité». Tel que rapporté par Tyler Durden de Zero hedge , la réponse russe à la décision extra-légale d’un tribunal corrompu aux Pays-Bas, qui n’avait pas compétence sur l’affaire sur laquelle il a statué, l’attribution de 50 milliards de dollars du gouvernement russe aux actionnaires de Ioukos (ndlr , lire : La Haye condamne la Russie à payer 50 milliards de dollars dans l’affaire Ioukos) , une entité corrompue pillant la Russie et pratiquant l’évasion fiscale, est révélatrice. Quand on a demandé ce que la Russie ferait quant à cette décision, un conseiller du président Poutine a répondu : "Il y a une guerre à venir en Europe." " Pensez-vous vraiment à ces questions? " L’Occident s’est ligué contre la Russie, parce que l’Occident est totalement corrompu. La richesse des élites n’est pas seulement basée sur le pillage des pays plus faibles dont les dirigeants peuvent être achetés (lire John Perkins Confessions d’un tueur à gages économique pour s’instruire sur le fonctionnement de ce pillage), mais aussi sur le pillage de leurs propres citoyens. Les élites américaines excellent dans le pillage de leurs concitoyens et ont effacé la plupart de la classe moyenne américaine du 21e siècle. En revanche, la Russie a émergé de la tyrannie et d’un gouvernement basé sur des mensonges, alors que les États-Unis et Royaume-Uni s’immergent dans la tyrannie blindé par des mensonges. Les Élites occidentales veulent piller la Russie, a un prix juteux, et Poutine est sur leur route. La solution est de se débarrasser de lui comme ils se sont débarrassés du président Ianoukovitch en Ukraine. Les élites pilleuses et les hégémonistes néoconservateurs ont le même objectif: faire de la Russie un État vassal. Cet objectif unit les impérialistes financiers occidentaux avec les impérialistes politiques. J’ai enregistré pour les lecteurs, de la propagande, qui est utilisée afin de diaboliser Poutine et la Russie.Mais moi même j’ai été abasourdi par les mensonges incroyables et vicieux dans la publication britannique The Economist du 26 Juillet. La couverture est le visage de Poutine dans une toile d’araignée... Vous devez lire cette propagande afin de voir à la fois le niveau de la propagande de l’Ouest, et le but évident , qui est de mener à la guerre avec la Russie. Il n’existe aucune preuve que ce soit pour soutenir les accusations sauvages de The Economist, ni demander la fin de "l’apaisement" de l’Ouest envers la Russie, et l’action la plus dure possible contre Poutine . Le genre de mensonges et la propagande téméraire et transparente que véhicule l’histoire de The Economist n’a pas d’autre but que de conduire le monde à la guerre. Les élites et les gouvernements occidentaux ne sont pas seulement totalement corrompu, ils sont fous.Comme je l’ai déjà écrit, ne vous attendez pas à vivre beaucoup plus longtemps. Dans cette vidéo, l’un des conseillers de Poutine et des journalistes russes parlent ouvertement des plans américains pour une première frappe contre la Russie (ndlr : voir vidéo d’entrée) : http://financearmageddon.blogspot.co.uk/2014/07/official-warning-us-to-hit-russia- with.html La bonne humeur des marchés actions pourrait tourner au vinaigre 30 juil 2014 | Bill Bonner | http://la-chronique-agora.com/bonne-humeur-marches-actions/ ▪ Il fait frais à Paris. Nous avons enfilé un pull. Pour que vous ayez une idée du contexte, nous sommes à la terrasse d’un café du 16ème, à boire un café crème avec notre mère. Nous avons des périodes de réel bonheur, durant notre vie, mais nous comptons sur notre tendance naturelle à la morosité et la dépression pour nous en débarrasser. Notre mère n’a pas cette qualité essentielle. Une femme descend la rue, suivie par un petit chien blanc. Elle a l’air au bout du rouleau, pensons-nous. Comme si elle avait écrasé son autre chien… avant de se faire battre par son mari. Notre mère : "oh… regarde ce mignon petit chien". Deux mendiantes passent. "Attention à ton sac à main", se retient de dire votre correspondant. "J’adore leurs robes", déclare sa mère. "Elles sont si colorées". Un bel homme, bien fait, cheveux noirs, est entré dans notre champ de vision. Il avait l’air amical, heureux, confiant. "Prétentieux… vulgaire… tire-au-flanc"… avons-nous pensé en notre for intérieur. "Quel beau jeune homme", a dit la mater familias. Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons encore supporter cette attitude du "verre-à-moitié-plein". "Maman, est-ce que tu sais combien de gens ont terminé à l’asile à cause de la bonne humeur ?" "Très bien… je vais essayer de me contrôler. Regarde… un pauvre homme à la mine triste", a-t-elle dit, montrant un grincheux qui sortait de sa voiture. "Non… tu ne comprends pas. Tu n’es pas censée faire preuve de compassion. Il mérite probablement d’être triste". Nous avons réalisé que c’était sans espoir. Certaines personnes sont irrécupérables. ▪ Plus on donne, plus on reçoit ? Plus tard dans la journée, nous devons aller récupérer un camion utilisé pour le transport des chevaux. Elizabeth l’a prêté à un ami cavalier — qui refuse de le rendre. "On ne peut jamais faire confiance à personne", dit un ami. Voilà qui semble une sinistre estimation de la nature humaine. Mais bien entendu, c’est vrai. L’inverse aussi : on peut toujours faire confiance à tout le monde. L’un de nos dictons préférés : "les gens viennent toujours à penser ce qu’il faut qu’ils pensent quand il faut qu’ils le pensent". Quand ils pensent qu’ils doivent être polis et serviables… ils le sont. Quand ils pensent que l’amabilité ne sert plus leurs intérêts… ils vous mettent un coup de poignard dans le dos. Dans un système de marché idéal, la civilité paie. On obtient richesse, pouvoir et statut en échange de biens et de services. Plus on donne… généralement… plus on reçoit. Mais qu’il prenne votre arme… votre droit de vote… ou votre véhicule… et même votre meilleur ami peut se transformer en monstre. Surtout s’il est sous pression. Vous pouvez avoir confiance en lui : il se comportera comme un être humain normal dans les mêmes conditions. On peut aussi faire pleinement confiance aux investisseurs. Et aux marchés eux-mêmes. Ils font toujours ce qu’ils doivent faire. Selon les circonstances du moment. Le défi consiste à comprendre lesdites circonstances. ▪ Quel genre de pression le marché actuel subit-il ? Qu’est-ce qui pourrait le pousser à cesser d’agir de manière si affable et coopérative ? Qu’est-ce qui pourrait le forcer à devenir méchant ? Aujourd’hui sortent les chiffres du PIB américain. Ils seront probablement décevants. Parce que la "reprise" est une fraude depuis le début. L’économie est coincée en mode croissance basse… emploi en berme… et dépression molle — en grande partie à cause des efforts de relance de la Fed. L’argent bon marché a corrompu l’économie tout entière, la détournant de l’investissement réel à long terme pour se concentrer vers la spéculation, l’ingénierie financière et les activités zombie. Les dépenses d’investissement de capital, c’est ce qui porte vraiment la productivité et la prospérité. Sans elles, l’économie vacille. Aux Etats-Unis, les salaires horaires ne sont pas plus élevés qu’ils l’étaient en 2008… Le revenu réel des ménages a décliné — même pour les 5% les plus élevés… Soustrayez les soins de santé et les remboursements de prêts : pour tout le monde ou presque, le revenu réel disponible a baissé… Même si l’emploi à temps partiel et temporaire a grimpé, il y a en fait 5% de moins d’emplois réels qu’en 2006… Quand ces circonstances seront mieux comprises, les marchés actions tourneront au vinaigre. "J’ai grandi pendant la Grande dépression", dit notre mère, avec ses 93 années de recul. "Les choses vont tellement mieux, aujourd’hui". « De la déflation à la précarité… » Charles Sannat 30 juillet http://www.lecontrarien.com/ Mes chères contrariennes, mes chers contrariens ! Ces deux informations sur lesquelles je souhaitais revenir montrent bien à quel point il est nécessaire de se préparer pour la grande majorité d’entre nous à un avenir de précarité et de difficultés financières. Encore une fois, un médecin arrivera toujours à manger et à « gagner » sa vie en sauvant celle des autres car il dispose d’un véritable savoir-faire. Mais ceux qui sont légion et sans compétences rares ou particulières, ceux qui sont abonnés au Smic et aux petits salaires, ceux-là sont les plus fragiles d’autant plus qu’ils disposent rarement d’une épargne pléthorique. Entre pressions déflationnistes et risques géopolitiques, le Bund inscrit un record La première information donnée par l’AFP revient sur le fait que « dans à un environnement assombri par les pressions déflationnistes en zone euro et les tensions géopolitiques la dette allemande a bénéficié à plein de son statut de valeur refuge inscrivant mardi un record historique ». Il s’agit dans le cas des obligations, c’est-à-dire des dettes d’État, d’un record à la « baisse ». Plus le taux d’intérêt est bas, plus les investisseurs souhaitent acheter la dette du pays concerné. Dans le cas de l’Allemagne, le taux d’emprunt à dix ans (appelé « Bund ») a atteint un nouveau point bas historique en s’établissant à 1,19 %. En clair, vous faites un crédit d’une durée de 10 ans à l’Allemagne en échange d’une rémunération, c’est-à-dire d’un taux d’intérêt, de 1,19% ! Autant dire que cette rémunération est plus symbolique qu’autre chose et dieu sait qu’il peut en arriver des choses en 10 ans !! La France n’est pas en reste puisque notre pays s’endette à un taux de 1,51 %, ce qui n’est vraiment pas cher pour un pays en faillite !! La question qui doit être posée est donc combien de temps les taux d’intérêt pourront rester aussi bas avant qu’ils ne remontent. Et lorsque ce sera le cas, quelle sera l’ampleur des krachs boursiers et obligataires qu’une telle remontée ne manquera pas d’entraîner ? Plus de 8 embauches sur 10 ont été faites en CDD, un record D’un côté, des taux qui s’effondrent tant l’inflation de long terme semble absente avec un risque de déflation réel dans une Europe qui s’enfonce dans un marasme économique rarement vu depuis la dernière guerre mondiale, de l’autre côté un endettement qui n’a jamais été aussi élevé le tout sans perspective de croissance forte permettant d’anticiper un remboursement peu douloureux. C’est dans ce contexte que logiquement l’emploi se porte mal, très mal même. Cet article de Challenges démontre sans ambiguïté qu’au « 1er trimestre 2014, 84 % des embauches hors intérim se sont faites en contrat à durée déterminée (CDD), un nouveau record, selon des données du ministère du Travail publiées mardi 29 juillet ». Vous avez exactement le même phénomène aux USA où plus de 75 % des nouveaux jobs « créés » le sont à temps partiel non volontaire… La formulation en dit long sur la réalité de la reprise économique à laquelle on souhaite nous faire croire de force même si nos yeux, nos oreilles et la réalité que nous voyons nous disent l’exact contraire. Il faut comprendre que, dans un environnement sans visibilité et sans croissance, les entreprises ne recruteront pas ou très peu en CDI et pour le long terme préférant les contrats les plus flexibles. Comme elles font toutes cela, elles empêchent également le marché de l’emploi de repartir et ce faisant une éventuelle croissance de revenir. Ce n’est pas une critique mais la simple constatation des faits. N’oubliez pas que dans le capitalisme, les sommes des intérêts individuels ne sont pas forcément égales à l’intérêt collectif. Évidemment, ce n’est pas la seule raison, loin, très loin de là d’ailleurs. Il est à noter par exemple que dans les grandes entreprises, il n’y a pas de recrutement en CDD. Pourquoi ? Parce que les grandes entreprises ne recrutent même pas !! Elles laissent partir les baby-boomers massivement à la retraite et évitent ainsi pour la majorité d’entre elles de faire un plan de licenciement. Mais le résultat est le même. L’emploi connaît une hémorragie et lorsqu’il y a un recrutement, ce sera dans 84 % des cas un emploi précaire. Préparez-vous et restez à l’écoute. À demain… si vous le voulez bien !! Chine : ralentissement continu du secteur des matériaux de construction BEIJING, 29 juillet – Le secteur chinois des matériaux de construction reste stagnant, car le marché de l’immobilier n’a montré aucun signe de réchauffement, a-t-on appris des dernières statistiques de la Commission nationale du développement et de la réforme. La production de ciment a augmenté de 3,6 % en glissement annuel pour atteindre 1,14 milliard de tonnes au premier semestre de l’année, soit en baisse de 6,1 points de pourcentage par rapport à l’expansion réalisée durant la même période l’année dernière, a annoncé la commission sur son site Internet. La production de verre plat s’est élevée de 4,7 %, enregistrant une chute de 6,1 points de pourcentage en glissement annuel. Les prix restaient également sur une trajectoire descendante. En comparaison avec le mois dernier, le prix départ-usine du ciment a diminué de 1,8 %, et celui du verre plat restait inchangé. Les données ont souligné la faiblesse persistante du marché de l’immobilier, un grand consommateur de ciment et de verre plat. Selon les données, le prix moyen de l’immobilier dans 70 villes chinoises a baissé de 0,47 % par rapport au mois précédent, marquant une baisse mensuelle consécutive après celle de 0,15 % en mai. Agence de Presse Xinhua Analyse & décryptage Il s’agit là évidemment d’un indicateur avancé pour la construction neuve et l’état de santé du secteur du bâtiment, or en Chine comme ailleurs lorsque le bâtiment va, tout va et inversement… Charles SANNAT Russie : trois constructeurs automobiles suspendent la production Évidemment, cela n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie russe qui subit les contrecoups des sanctions économiques. Mais il faut noter que les constructeurs automobiles russes sont essentiellement la propriété de grands constructeurs étrangers, ce qui va bien sûr leur poser des problèmes… Ce sont les joies de la mondialisation ou la règle de « l’arroseur arrosé » !! Charles SANNAT MOSCOU, 28 juillet – RIA Novosti Trois constructeurs automobiles russes suspendent simultanément leur production et mettent leurs employés en congé forcé : AvtoVAZ, GMAvtoVAZ et l’usine du groupe Volkswagen de Kalouga (180 km au sud-ouest de Moscou), annonce lundi le journal Vedomosti. Selon le quotidien, les employés de Volkswagen Group Rus seront en congé du 28 juillet au 25 août, tandis que leurs collègues d’AvtoVAZ n’auront que trois semaines de suspension de leur activité, du 28 juillet au 17 août. Auparavant, plusieurs usines automobiles se trouvant sur le territoire russe ont mis leurs employés en congé forcé. L’usine Ford de Vsevoljsk et l’usine Hyundai de Saint-Pétersbourg reprendront le travail les 11 et 4 août, respectivement. Il s’agit de la première fois que la quasi-totalité des 45 000 employés d’AvtoVAZ sont mis en congé simultanément. Auparavant, les médias russes ont annoncé que les ventes du constructeur russe AvtoVAZ avaient chuté de 21 % en janvier. La compagnie n’avait plus enregistré une production aussi faible depuis 2010. Source RIA-Novosti ici Moscou somme Kiev de cesser le pilonnage de son territoire L’Ukraine semble poursuivre sans aucune hésitation des provocations absurdes à l’égard de la Russie en bombardant le territoire russe, ce qui constitue évidemment un acte de guerre auquel Poutine se garde bien de répondre par la force, obligeant ainsi les Ukrainiens à une escalade qui finira par devenir tellement visible que cela en deviendrait risible si ce n’était aussi grave. Charles SANNAT MOSCOU, 29 juillet – RIA Novosti Kiev doit cesser de pilonner le territoire russe, ses attaques empêchant le déploiement d’une mission de l’OSCE à la frontière russo-ukrainienne, est-il dit dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. « Il paraît que Kiev soit effrayé par le déploiement au point de passage Goukovo d’une mission d’observation de l’OSCE, chargée de surveiller la situation à la frontière russo-ukrainienne », selon la diplomatie russe. « Moscou exige de Kiev qu’il cesse le pilonnage des territoires souverains de Russie et assure la sécurité des observateurs internationaux », souligne le MID russe. Source RIA-Novosti ici L’avenir de la Marine US. Les prototypes à l’essai !! Eh non, l’empire américain n’est pas mort, loin de là, et de toutes les façons il n’abandonnera pas son leadership mondial et sa domination sans partage sans se battre. Justement, à propos de se battre, voici un superbe reportage sur les essais en mer des nouveaux prototypes des navires de guerre US. Cela mérite d’être vu même si c’est en anglais dans le texte, les images suffisent presque ! En plus, ces navires sont beaux !! http://www.youtube.com/watch?v=f4xak2byBIg (anglais, 1 heure 30) Charles SANNAT Le tourisme pour tous... Patrick Reymond 29 juillet 2014 ... a tué le voyage. Nous dit on. En réalité, c'est toujours le même n'importe quoi dans les journaux, surtout dans la presse pravda. Le voyage ne nait pas au XVIII° siècle. Il est né bien avant. Les voyages "d'agréments", comme les pèlerinages, nombreux, les migrations, souvent temporaires, les passages d'armées. En réalité, même au moyen âge, et sans doute avant, les gens ont la bougeotte. Les moines "gyrovagues" sont très mal vu pendant le haut moyen âge, preuve qu'ils sont nombreux, et ils ont la réputation d'avoir un poil dans la main, ou plutôt une forêt. En même temps, ils sont une distraction. En général, complétement pipelettes, ils colportent les nouvelles, les ragots, comme plus tard, au XVI°siècle, les colporteurs les livres. Ce qui est en cause, finalement, c'est l'uniformisation, et la fin de la prise de risque. En effet, on va sur un aéroport, pour aller sur un autre aéroport, dont on voit mal les différences, on s'émeut quand un avion n'arrive pas, et l'on va dans des hôtels où tout aussi se ressemble. La prise de risque a totalement disparue, alors qu'avant, c'était un voyage quasiment initiatique. Les pèlerins, comme les jacquards, voyageaient en groupe, armés, et pas que pour marché, de leur bourdon, se bastonnant avec les brigands, les autres groupes de pèlerins, les aubergistes indélicats, les gîtes puceux et merdeux. On savait, quand on partait qu'on allait affronter des épreuves, souvent ardues, parfois mortelles, toujours éprouvantes. Déjà, le voyage du XVIII° et XIX° est une décadence. La preuve en est que voyagent beaucoup aristocrates et bourgeois. Avant, par exemple, existait le "pèlerin professionnel", chargé par des gens fortuné d'aller à sa place ; trop pénible, trop dangereux, un truc de gens du peuple. L'aristocrate voyage avec son armée personnelle, le bourgeois, uniquement pour les affaires, sinon, il se claquemure dans sa forteresse personnelle. Il a le culte de l'utilité. Passé l'âge, il ne voit aucun intérêt à voyager... Le tourisme, est, de toute époque, sexuel, comme on le voit aujourd'hui, et hier avec la prostitution des filles d'auberges. Le tourisme de masse est une forme d'aliénation moderne, la soupape qui fait croire à des gens, très "classe moyenne", pour ne pas dire populaire, l'espace d'un instant, qu'ils sont riches. On leur fournit des monuments, des putes, des biens à bas prix. De quoi rêver... Voitures hybride ? Sans intérêt... Patrick Reymond 29 juillet 2014 Petite pub pour les hybrides. Il suffit de regarder les différences de prix pour s'apercevoir que c'est, pour l'instant, totalement sans intérêt. 5900 euros de différence pour une consommation de 3.5 L au cent au lieu de 3.5 pour le même modèle essence. En gros, il faudrait plus du million de kilomètre pour justifier la différence de prix catalogue. A moins, bien entendu qu'après négociation, celle-ci ne devienne minime. Effet de mode, ou effet de lancement ? Pour devenir un vrai produit, il faut une baisse de prix drastique. Bien entendu, les constructeurs automobiles peuvent, sans problème, baisser fortement les prix de leur modèle, le prix, au sortir usine, étant très bas. Mais, comme nous connaissons tous la nature humaine, la tendance à la bureaucratie est dans cette même nature. Il faut bien que les inutiles trouvent des sinécures. Un lecteur disait que les CCI ne servait à rien. Effectivement, on peut se poser la question de leur utilité réelle. A part, bien sûr, comme outil de propagande du néolibéralisme. Giganteus Miscanthus Patrick Reymond 29 juillet 2014 Les agriculteurs de l'Iowa pourraient bénéficier de l'apport d'un hybride, celui du giganteus miscanthus, pour produire du biofioul, à la place du maïs. il est clair, que, dans un premier temps, les superficies concernées seront les superficies non-rentables, et les terres les plus ingrates, mais à long terme, il y aura effet de substitution pour les cultures vivrières. On n'a rien inventé depuis le XVIII° siècle, et les iles à sucre, qui importaient leur nourriture, au moins en partie; comme le sud des USA avant la guerre civile. La valeur commerciale, l'emporte sur la valeur ultime du produit. En plus, vendre à des pauvres c'est vendre pas cher, vendre à des riches, pour des usages futiles, c'est bien plus porteur. Espirito Santo : L’INSTABILITÉ DEMEURE 30 juillet 2014 par François Leclerc | http://www.pauljorion.com/blog/?p=67475 La Banque du Portugal a beau multiplier les assurances, la situation de la Banque du groupe Espirito Santo (BES) reste indécise. Elle continue d’affirmer que celle-ci est solvable et qu’il n’y a pas péril en la demeure, faisant si nécessaire une prochaine recapitalisation sans identifier ses acteurs, admettant que la ligne de crédit dont dispose le gouvernement pour aider les banques pourrait y contribuer en dernière instance. Le premier actionnaire de la banque, Espirito Santo Financial Group (ESFG) – qui vient de bénéficier d’un règlement judiciaire comme Rioforte son actionnaire – a créé hier mardi un nouveau un vent d’inquiétude en demandant et en obtenant en raison « d’événements imprévus » le report de l’assemblée générale ordinaire des actionnaires de la BES qui devait statuer sur les comptes du 1er semestre. Les comptes, qui s’annoncent désastreux, seront toutefois publiés aujourd’hui. Le montant estimé des pertes de la banque s’élèverait selon le journal Expresso à 3 milliards d’euros, ce qui rendrait indispensable une recapitalisation, car les réserves financières de la banque sont de 2,1 milliards d’euros. De nouvelles factures commencent à sortir des tiroirs, la Commission du marché des valeurs mobilières portugaise (CMVM) réclamant désormais que la BES garantisse ses clients du payement des titres d’EFSG qu’elle leur a vendus, alors qu’elle s’est jusqu’alors contentée de le faire pour les titres des deux autres holdings du groupe, Rioforte et ESI. Du côté de BESA, la filiale angolaise de la BES qui en possède 55,7%, tout n’est toujours pas clarifié. Selon KPMG Angola, qui a certifié ses comptes avec réserves, la BES aurait ouvert une ligne de crédit de 3 milliards d’euros à la BESA, et il n’est pas certain qu’elle sera remboursée ou qu’à défaut la garantie de l’État angolais de 5,7 milliards de dollars sera activée, le texte de cette dernière se contentant de couvrir des « crédits spécifiques » sans la désigner expressément. En provenance du Luxembourg, une autre nouvelle est venue assombrir le paysage. ESI, La holding de tête du groupe, n’a pas bénéficié comme les deux autres holdings d’un règlement judiciaire, la décision des experts remise au 6 octobre prochain. Cela peut être interprété comme une manière de repousser la décision considérée comme inévitable de la liquidation de la société, cette alternative au règlement judiciaire lorsque toute restructuration est considérée non viable. Enfin, si les actionnaires de la BES font en premier les frais de la dégringolade en bourse de la banque, qui s’est poursuivie en raison des événements, les créanciers du groupe ayant reçu en garantie des titres de la BES le sont également, fondés à demander en contrepartie des garanties complémentaires à leurs débiteurs, alourdissant encore le climat. Le jeu pourrait se compliquer en raison d’un mouvement plus vaste de restructuration du système bancaire portugais, que la chute du Groupe Espirito Santo pourrait précipiter. Mais faudrait-il encore, pour que des investisseurs se déclarent à son chevet et devenir les actionnaires de référence de la BES, que sa situation soit clarifiée (à moins d’obtenir de solides garanties). On ne rend pas transparent un groupe réputé pour son opacité et qui s’écroule en si peu de temps. La Banque du Portugal est à la manœuvre, tandis que le procureur de la République lance des enquêtes pour des abus d’informations confidentielles et des abus de confiance commis au sein du groupe sur la base de signalements de la CMVM. L'affaire Ioukos: 'Il y a une guerre qui se prépare en Europe. Pensez-vous vraiment que ceci ait de l'importance?' par Audrey Duperron · 30 juil. 2014 Express.be Après 10 ans de procédure, un tribunal d'arbitrage de La Haye a condamné la Russie à payer une indemnité de 50 milliards de dollars aux anciens actionnaires de la compagnie pétrolière Ioukos qui avait été démantelée entre 2004 et 2007. La Cour a jugé que «le démantèlement de Ioukos avait été décidé pour des « motivations politiques », « dans le but de pousser la société à la faillite, de confier ses actifs à une société d’Etat, et d’incarcérer » son dirigeant, Mikhaïl Khodorkovski, « qui commençait à se manifester comme un concurrent politique ». En 2004, le gouvernement russe avait justifié sa saisie des actifs de Ioukos en affirmant qu'ils « avaient été volés au peuple russe» par un «baron voleur ». En 2003, Mikhail Khodorkovski, le CEO de Ioukos, était l’homme le plus riche de la Russie. Il a été arrêté à l’aéroport de Novossibirsk, et après de longues péripéties judiciaires, il a été condamné à 9 ans de camp avec son associé Platon Lebedev. Beaucoup ont considéré que cette arrestation et le démantèlement de Ioukos avaient été ordonnés parce que Khodorkovski avait manifesté son soutien à l’opposition du président Vladimir Poutine. Il était en effet l'un des rares oligarques à avoir osé critiquer la gestion du président russe. En 2010, Khodorkovski a été reconnu une seconde fois coupable pour « vol de pétrole et blanchiment » et sa peine a été portée à 14 ans d’emprisonnement. Ses avocats ont ensuite plaidé sa cause à la Cour européenne des droits de l'homme. En août dernier, la Cour suprême russe a réduit sa peine. Khodorkovski devait être libéré deux ans avant la date prévue, en août 2014, mais l’année dernière, il a finalement été libéré, après 10 ans d’incarcération. C’est la holding GML, issue de Menatep, qui appartenait à Khodorkovski et qui détenait Ioukos, qui percevra cette indemnisation. Mais Khodorkovski ayant cédé ses parts à son principal associé, Leonid Nevzline, aujourd’hui actionnaire à hauteur de 70% de GML, il ne recevra rien. C'est la plus grande compensation jamais accordée par la Cour de La Haye; elle est 20 fois plus supérieure à la seconde en importance, et elle ne prend pas en compte l’indemnisation des petits actionnaires qui pourraient aussi obtenir une indemnisation. Néanmoins, une telle condamnation n’est pas anodine pour le pays : elle représente 11% de ses réserves de change nationales, et 10% de son budget national. Le jugement pose aussi la question de l’avenir des actifs confisqués de Ioukos et confiés à Rosneft, le géant de l'énergie. Il pourrait aussi avoir des implications pour la compagnie pétrolière britannique BP, devenue récemment actionnaire à hauteur de 20% de Rosneft. Les Russes ont jusqu’au 2 Janvier, 2015 pour s’acquitter de cette somme, et à partir de cette date, ils encourront des intérêts de retard. Si le pays ne s’exécute pas, la Convention de New York de 1958 sur l'arbitrage autorise la saisie des actifs russes situés dans les 149 pays contractants pour mettre en œuvre la sentence. Dans l'entourage de Poutine, on manifeste peu d’inquiétude. Le ministre des Finances russe, Sergueï Stortchak, a jugé que la Cour arbitrale de la Haye « n’était pas compétente pour examiner cette affaire », que l’enquête et les éléments probants avaient été partiaux. Il a indiqué que Moscou allait « contester les décisions de la Cour d’arbitrage devant les tribunaux des PaysBas et espère y obtenir un résultat équitable ». Le Financial Times a rapporté le commentaire d’un des proches du président russe, estimant que le verdict était insignifiant en comparaison des enjeux géopolitiques avec l'Ukraine : Il y a une guerre en préparation en Europe. Pensez-vous vraiment que ceci ait de l’importance ? » Déprimant... La dette publique de la zone euro est repartie à la hausse et la Belgique est dans le peloton de tête par Audrey Duperron · 29 juil. 2014 Express.be Après une pause de six mois, au cours desquels elle avait baissé, la dette publique est repartie à la hausse dans la zone euro. Selon les chiffres publiés par l’agence statistiques européenne Eurostat, la dette totale de la zone euro a augmenté de plus de 250 milliards d’euros au cours du premier trimestre pour atteindre 93,9% du PIB de l'UE-28, contre 92,7% à la fin du dernier trimestre 2013. En particulier, sur un an, la dette publique a augmenté dans tous les pays PIGS (Italie, Portugal, Espagne, Grèce). En Grèce, elle a même progressé de façon alarmante, gagnant 13,5% pour atteindre le niveau inquiétant de 174,1% du PIB. Pourtant, depuis la grave crise de la dette qu’a connue le pays en 2010, et qui a obligé la troïka à intervenir pour éviter qu’il ne fasse défaut sur ses dettes, le pays a été contraint de suivre une politique d’austérité drastique qui a épuisé le peuple grec. On peut supposer que les dettes publiques sont en réalité encore plus élevées que ce qui est indiqué, compte tenu que les garanties émises par les pays respectifs ne sont pas incluses dans le calcul. La Belgique et le Portugal ont tous deux enregistré une hausse de leur endettement public de 3,9% au cours du premier trimestre 2014, et ils font partie des pays qui ont connu les plus fortes augmentations. Seules, la Slovénie (+7%) et la Hongrie (+5%) font pire. De l’autre côté, les élèves modèles qui ont connu des baisses de leurs dettes publiques sur le 1er trimestre 2014 sont la Pologne (-7,6%), l’Allemagne (-1,1%) et la Grèce (1%). La dette de la Belgique dépassait les 404 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2014, et elle représente 105,1% du PIB. La forte augmentation est due à une interprétation différente d'Eurostat, qui oblige la Belgique à prendre en compte les dettes des sociétés de logement comme une composante des dettes de l'État, ce qui représente une augmentation supplémentaire de 16 milliards d'euros. Selon la directive européenne, les dettes des gouvernements ne devraient pas dépasser 60% du PIB. L’Argentine au bord du gouffre financier Vittorio DE FILIPPIS 28 juillet 2014 Libération.fr Mercredi soir à minuit, le pays sera déclaré en faillite s’il ne trouve pas un accord avec les fonds vautours Elliott et Aurelius, qui ont racheté une partie de sa dette. Sur le cadran du compte à rebours des négociations, il ne reste plus que quelques heures. Mercredi à minuit, heure de New York, l’Argentine risque de revivre la pire page de son histoire économique récente, celle de 2001. Treize ans après son défaut de paiement, le pays de Cristina Kirchner est de nouveau à deux doigts de la faillite. A moins que Buenos Aires ne trouve d’ici là un accord avec Elliott Management et Aurelius, ces fonds spéculatifs qui lui réclament le remboursement d’une dette de 1,3 milliard de dollars (967 millions d’euros). Quelles sont les origines du risque de défaut de paiement ? Le bras de fer entre le gouvernement argentin et le fonds spéculatif Aurelius et surtout Elliott Management trouve son origine dans la crise de 2001. A l’époque, le ministre de l’Economie, Domingo Cavallo, reconnaît ne plus pouvoir recourir aux crédits internationaux «ruineux» pour continuer à financer un déficit budgétaire qui n’en finit pas de se creuser. La crise s’installe. L’inflation s’envole. La pauvreté explose. Les capitaux s’éclipsent. Le président Fernando de la Rúa déclare forfait. Le plus important défaut de paiement est annoncé à la face du monde. L’Argentine ne remboursera pas sa dette extérieure, qui dépasse les 100 milliards de dollars. Du jamais vu. Une déflagration qui coûte à l’Argentine de ne plus pouvoir se financer sur les marchés internationaux. Pendant des années, les gouvernements argentins successifs vont négocier une restructuration de sa dette. Aux quatre coins du monde, 93% des investisseurs qui en détiennent se rendent à l’évidence : Buenos Aires ne paiera pas. A moins d’accepter une forte décote, de 70%. La quasi-totalité de créanciers finissent par accepter le deal : une décote assortie d’un calendrier de remboursement étalé sur plusieurs années. Mais c’est sans compter les récalcitrants : 7% des détenteurs d’obligations argentines préfèrent négocier avec les fonds vautours américains, ces derniers rachetant sans attendre leurs créances, mais à bas prix. Comment opèrent les fonds vautours ? Le plus souvent américains, les fonds vautours ramassent ces titres «zombies» d’entreprises ou d’Etats vendus à la casse par des investisseurs en pleine déconvenue. Dans le cas argentin, les fonds Elliott Management et Aurelius mettent la main sur un pactole potentiel de plus de 1,3 milliard de dollars. Mais refusent le jeu de la restructuration proposé par l’Etat. Leur spécialité ? La faille juridique. Elliott et Aurelius traînent les pays en banqueroute devant les tribunaux, dans l’espoir de les forcer à payer 100% de la valeur faciale de la dette qu’ils détiennent, et qu’ils ont racheté à vil prix. Elliott se vante d’ailleurs d’avoir fait plier des pays comme le Pérou ou la Zambie. Dans le cas argentin, l’opération pourrait lui rapporter un rendement de 1 600%. Sur quoi repose le litige entre l’Argentine et Elliott ? Le bras de fer a gagné en intensité le 23 juillet 2012, lorsque le juge de New York Thomas Griesa, à la suite d’une demande du fonds Elliott, interdit à l’Argentine d’honorer les échéances de la partie de sa dette déjà restructurée. A moins que Buenos Aires ne rembourse aussi les fonds Elliott et Aurelius. Certes, l’Argentine a les moyens de payer les 1,3 milliard de dollars pour ces deux fonds. Mais si elle le fait, elle prend un risque : que l’ensemble des 7% de hold out (ceux qui ont refusé la restructuration de la dette) ne se présentent eux aussi devant les tribunaux pour réclamer leur créance à 100%. Et là, la facture se monterait à 19,5 milliards de dollars. Pire encore, il n’est pas exclu que les détenteurs d’obligations déjà restructurées leur emboîtent le pas. Le montant de l’addition serait alors de 120 milliards de dollars. Bref, retour à la case départ. Que peut-il se passer demain soir à New York ? L’Argentine fait tout pour gagner du temps. Il s’agit pour elle d’obtenir un délai jusqu’en janvier 2015. Si le tribunal new-yorkais lui accordait, il permettrait à la clause «Rufo» (Rights upon future offers) d’expirer. Celle-ci, ajoutée en 2005 et 2010 par Buenos Aires, précise que l’Argentine ne peut en aucun cas offrir de meilleures conditions financières aux hold out, sauf à traiter tout le monde sur la base de ces meilleures conditions. Or, mercredi soir, l’Argentine doit payer les 93% qui ont accepté la restructuration. Mais si aucun accord n’est trouvé avec le fonds Elliott et Aurelius, elle sera toujours dans l’interdiction de les payer. A moins de rembourser tout le monde à 100% … Le pays sera alors effectivement en défaut, car ses réserves de change ne dépassent pas les 30 milliards de dollars. Et un défaut prononcé par le juge Griesa aurait pour conséquence de retarder encore le retour de Buenos Aires sur les marchés financiers. Avec en prime une récession. Très étrange été Jacques Attali Paru dans L'Express | Publié dans Géopolitique - 28 juillet 2014 Pendant que des avions disparaissent, explosent ou tombent les uns après les autres, sur tous les continents, sans aucune explication (on ne sait toujours rien de la disparition du vol de la Malaysia vers Pékin ; on ne connaît pas avec certitude l’identité du lanceur d’un missile, sur le sol ukrainien, contre un autre avion de la même compagnie volant vers Kuala Lumpur, ni de la raison de la chute de l’avion d’Air Algérie venant de Ouagadougou et allant vers Alger), pendant que des populations civiles tombent sous les bombes en l’absence de médias (en Lybie, en Syrie ou en Irak) ou en direct à la télévision (à Gaza et en Israël), pendant que des Etats se défont (l’Ukraine et l’Irak) et que d’autres surgissent (le Kurdistan et le Sud Soudan), pendant que des alliances nouvelles et inattendues se forment (Egypte, Etats-Unis, Arabie Saoudite, Israël et Iran contre les islamistes sunnites), pendant que des gens meurent de faim, plus que nombreux que jamais partout dans le monde, pendant que partout les plus pauvres continuent de payer le prix d’une crise dont ils ne sont en rien responsables, les marchés financiers continuent de monter, les riches de dépenser et les hommes politiques de pérorer. On voit des ministres, venus de tous pays, passer de capitale en capitale, de plateau de télévision en plateau de télévision, faisant semblant de s’occuper gravement de problèmes dont la dynamique et la solution leur échappent totalement. En Europe, continent particulièrement endormi, où toutes les énergies ont été focalisées pendant un mois vers les résultats de matchs de football, occasions d’étranges retours (qui a vraiment lu le slogan qui s’étalait sur le bus de l’équipe d’Allemagne ? « Une nation, une équipe, un rêve », qui rappelle scandaleusement celui du 3ème Reich (« un empire, un peuple, un Führer »), d’autant plus que le slogan devint, après leur victoire : « Maîtres du monde »…), l’été est maintenant occupé par le feuilleton de la répartition des portefeuilles dans le gouvernement de l’Europe, la Commission, au pouvoir d’autant plus dérisoire que, depuis au moins 20 ans, elle n’en a pas fait l’usage. En France, toute occupée à célébrer, commémorer, pleurer, les morts d’hier et d’aujourd’hui, on oublie un peu de s’occuper sérieusement des vivants. Notre pays risque de regretter bien longtemps son sommeil de l’été 2014. C’est en effet, au milieu de ce monde tragique, et qui le sera de plus en plus, le dernier moment, au moins pendant le mandat de l’actuel président, pour prendre enfin les décisions courageuses que la lâcheté, l’aveuglement, la procrastination générale interdisent de prendre depuis plus de 20 ans. C’est en ce beau et terrible mois d’Août 2014 que doivent absolument être faits les ultimes choix pour le budget 2015, dont l’exécution nous conduira à l’orée de la prochaine campagne présidentielle. Chacun sait ce qui est à faire, de la suppression des départements à l’éradication de toutes les rentes, de la réforme radicale de la formation professionnelle à celle du logement, de la TVA restauration à l’abattement des « frais professionnels » des retraités. Il reste un mois, six semaines au plus, pour prendre et expliquer ces décisions si lâchement négligées, si honteusement bâclées par les Présidents précédents, et que l’actuel n’a pas encore prises. Elles sont d’autant plus urgentes que la situation du pays est dramatique ; bien plus qu’on veut bien le reconnaître ; bien plus qu’on essaie de le cacher par mille diversions : la croissance n’est pas là ; le chômage augmente ; les déficits s’entêtent à ne pas baisser, malgré des efforts d’économie ; la dette publique ne se réduit pas. Le commerce extérieur ne s’améliore pas ; nos élites s’en vont ; et celles qui restent baissent les bras. L’extrême droite s’installe dans les villes et les quartiers. Le pays tout entier se décompose en une juxtaposition de castes, de communautés, de corporations, de provinces, de générations, à qui personne n’explique qu’elles auront, quoiqu’elles fassent, le même destin. A qui personne n’explique, non plus, le formidable avenir qu’elles peuvent avoir ensemble, si elles s’en donnent le projet. [Avec la fin du pétrole bon marché, aucun avenir « formidable » n'est possible.] Il faut avoir maintenant le courage de penser à l’intérêt du pays et non pas à sa propre tranquillité, de mettre enfin le pays au courant de la tragédie qu’il s’apprête à vivre, de lui montrer le chemin, démocratique, vers sa grandeur et sa sécurité. Vers un chamboulement asiatique des marchés du pétrole Raymond Bonnaterre Leblogenergie.com 10 février 2 Le Japon, à la suite de la destruction de la centrale électronucléaire de Daiichi par le tsunami de Fukushima, avait procédé à l’arrêt de la quasi totalité de ses réacteurs nucléaires. En 2013, 1% seulement de l’énergie électrique produite au Japon était d’origine électronucléaire, alors que 15% de cette énergie était produite à partir de la combustion massive de pétrole brut. Ce pays malmené par la nature, en raison de sa situation géographique, envisage de remettre en production dès 2014 un certain nombre de ses réacteurs atomiques, ce qui devrait porter, à consommation électrique globalement inchangée (891 TWh), la part du nucléaire vers les 10% et réduire par trois les générations par combustion de pétrole (FIG.I) représentant une baisse de consommation annuelle de 59 millions de barils. FIG.I Japon: énergies primaires participant à la production d’électricité. Avec la reprise des productions électronucléaires programmées pour 2014, la consommation de pétrole brut devrait être divisée par trois pour cette application.( Yanagisawa, Dec.2013) 2014 devrait être une année de réduction de la consommation de pétrole pour le Japon mais aussi une année d’accroissement des consommations de pétrole chinoises dans le cadre d’une tendance de fond multi décennale. C’est ainsi que BP dans son « BP Energy Outlook 2035 » met en évidence le balancement des importations nettes de pétrole qui vont baisser aux ÉtatsUnis avec la croissance interne des productions de condensats de gaz de schistes et l’exportation des produits raffinés et qui vont s’accroitre en Chine avec l’augmentation des consommations de carburants dans les transports. La Chine a importé net en 2013 dans les 5,9 millions de barils/jour de produits pétroliers, contre 5,5 millions en 2012. Ce déséquilibre énergétique chinois, avec la croissance des transports individuels, devrait se poursuivre et s’amplifier dans les années à venir. . Formidable mutation du monde, tirée vers les rives du Pacifique, et dont l’histoire va en accélérant. Remarque: il est à la mode en ce début de 2014 de justifier la baisse observée des prix des matières premières en raison d’une moindre croissance du PIB chinois, signal de la fin d’un super-cycle des prix des commodities annoncé en 2012 par le Crédit Suisse. Mais parler globalement de « commodities » en englobant les consommations d’acier, d’aluminium, de charbon, de pétrole manque parfois de nuances. La faible proportion, de l’ordre de 10%, (FIG.III) des consommations chinoises de pétrole en 2010 par rapport aux consommations mondiales, en net retard par rapport à celles d’acier, de cuivre, de génération de courant et à coup-sûr d’aluminium(non représentées ici) montre le retard des consommations de pétrole dans le cycle économique d’une nation en développement. Les consommations de pétrole abondantes arrivent après la construction du réseau routier et montent en puissance avec la constitution lente d’un parc automobile et la croissance du pouvoir d’achat de la population. C’est pour cela qu’il faut pronostiquer une croissance continue des consommations de pétrole chinoises, même si celles d’acier, de cuivre ou d’aluminium régressent un peu. FIG.III Les consommations chinoises de pétrole en 2010 rapportées aux consommations mondiales étaient en retard par rapport à celles d’acier ou de cuivre (Crédit Suisse, 2012) Crise en Ukraine: risques "accrus" pour les banques françaises en Russie Le 29/07 LesEchos.fr Des banques étrangères et notamment françaises font face à des "risques accrus de défaut" de paiement en Russie en raison de l'escalade de la crise en Ukraine, a prévenu mardi le Fonds monétaire international. "Alors que la qualité des crédits russes et ukrainiens se dégrade, les banques exposées aux créances (dans ces pays) feront face à des risques accrus de défaut", assure le FMI dans un rapport sur les retombées internationales des politiques économiques. Freinées par l'impact de la crise ukrainienne et les sanctions occidentales contre Moscou, des entreprises russes pourraient voir leurs sources de financement et de revenus se tarir, au risque d'être dans l'incapacité de rembourser leurs dettes. Selon le Fonds, les banques autrichiennes détiennent le plus grand nombre de créances russes "relativement à leur volume d'actifs" et sont, en conséquence, les "plus exposées" à ce risque. Mais "les banques françaises, italiennes et suédoises ont également des expositions relativement importantes (aux créances russes) par rapport à d'autres économies avancées", ajoute le Fonds sans citer de nom d'établissements concernés. Le conflit séparatiste dans l'est de l'Ukraine pourrait, plus généralement, avoir des conséquences plus larges en cas "d'intensification" des sanctions contre Moscou, réaffirme le Fonds qui a déjà abaissé la semaine dernière ses prévisions de croissance mondiale en pointant les "aléas géopolitiques". Dans ce nouveau rapport, le FMI note plus précisément les "risques importants" liés à de brutales perturbations de l'acheminement du gaz russe en Europe. "La Russie comble environ un tiers des besoin de l'Europe en gaz et la moitié (des ces acheminements, ndlr) transite par l'Ukraine", selon le Fonds. Environ 40% du gaz consommé en Allemagne provient ainsi de Russie, dont près des trois-quarts sont acheminés via l'Ukraine, selon le FMI. La dépendance est moins forte pour la France où moins de 20% du gaz consommé dans le pays vient de Russie, note le Fonds. Le FMI note certes que la crise ukrainienne n'a pas encore eu d'effet sur le prix du gaz mais souligne que l'impact sur le cours de certains métaux se fait déjà sentir. La Russie produit environ 40% du palladium et entre 12 à 14% du nickel sur le globe, deux métaux "cruciaux pour l'industrie" et dont les cours ont augmenté d'environ 10% depuis la fin avril, note le FMI. En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/afp-00610057-crise-enukraine-risques-accrus-pour-les-banques-francaises-en-russie-1028711.php?R9LL77kefFRQmxAB.99 Un pas vers la fin de l’hégémonie du dollar ? par Laurent Pinsolle (son site) mercredi 30 juillet 2014, Agoravox C’est un événement passé un peu inaperçu, mais qui représente pourtant potentiellement une avancée majeure dans la remise en cause de la suprématie monétaire étasunienne : la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont monté une banque concurrente du FMI dotée de 100 milliards de dollars. Une remise en cause de l’impérialisme étasunien « Le dollar, c’est notre monnaie mais c’est votre problème » : c’est par cette phrase que le secrétaire d’Etat au Trésor de Richard Nixon, John Connally aurait accueilli une délégation européenne inquiète des fluctuations du dollar depuis que l’administration étasunienne avait décidé de le laisser flotter. Il faut dire que, comme le rapporte Michel Aglietta dans la Tribune, le statut du billet vert est ambigu : à la fois monnaie d’un pays mais aussi principale monnaie des échanges internationaux, capitaux comme biens. Keynes avait promu une autre organisation (avec le bancor) au sortir de la guerre, mais Washington n’était guère partageur et avait préféré capitaliser sur sa domination du moment pour pousser à la mise en place d’un système monétaire à son avantage. La réforme du Système Monétaire International est un serpent de mer depuis les évènements du début des années 1970. L’euro a logiquement échoué dans sa remise en cause du dollar comme la monnaie des échanges internationaux. Les Etats-Unis bloquent toute réforme du FMI qui remettrait en cause leur suprématie (donnant de facto un droit de regard à Washington sur tout plan du FMI). Mais l’absence de prise en compte du poids grandissant des pays émergents (les BRICS cumulent 10% des droits de vote pour 24% du PIB) a fini par les pousser à créer cette Nouvelle Banque de Développement, dotée de 100 milliards de dollars, basée en Chine et présidée par un Indien, une décision qui pourrait préfigurer un nouvel ordre monétaire. Vers un nouvel ordre monétaire Il faut dire que le comportement des Etats-Unis a de quoi donner envie de casser l’organisation actuelle. Washington accumule depuis des décennies des déficits commerciaux massifs, qui sont sans conséquences étant donné que les Etats-Unis impriment la monnaie de réserve internationale. Et malgré son statut, Washington cale sa politique en fonction de ses seuls intérêts sans jamais prendre en compte les possibles retombés sur le reste de la planète. Pire, comme l’a démontré l’affaire BNP-Paribas, le dollar est un moyen pour faire de la « lex etasuniena » une loi qui déborde de ses frontières et s’impose à quiconque utilise cette monnaie au statut hybride. Mais cette affaire a peutêtre joué un rôle dans la mise en place de cette banque. En effet, elle a montré qu’il vaut mieux chercher à utiliser le moins possible la monnaie étasunienne pour éviter son impérialisme législatif, qui ne manque pas la moindre occasion pour imposer sa loi partout dans le monde (voir le cas de PSA en Iran). Il est malheureux que les pays européens n’appuient pas l’initiative des BRICS. Car, à partir du moment où les EtatsUnis veulent garder un pouvoir démesuré sur le FMI et prennent les avantages d’avoir la monnaie de réserve mondiale sans les inconvénients, il y a urgence à faire émerger un nouveau Système Monétaire International, qui pourrait s’inspirer des propositions de Keynes du sortir de la guerre. Si les pays européens s’alliaient avec les BRICS sur ce sujet, le dollar serait remis à sa place. Face à des pays européens trop serviles à l’égard des Etats-Unis, il n’est pas surprenant que ce soient les pays dits émergents qui remettent véritablement en cause la suprématie du dollar. Il faut espérer que l’affaire BNP Paribas pousse les européens à se joindre à eux. Quelques vérités sur les agences de « notation » par Singe conscient mardi 29 juillet 2014 Agoravox Une paire de guillemets n'a jamais aussi bien accompagné le terme « notation » que quand il est précédé par « agence de ». En discutant avec une personne peu portée sur la finance, je me suis aperçu que quelques vérités devaient être annoncées – sans ton évangéliste – au sujet de ces institutions distributrices de bons et mauvais points. Ces vérités permettent d'avoir un dessin plus précis que la vieille croûte dégueulasse que peignent les médias, entre autres. Voici rapidement dressées devant vous ces vérités, afin que vous puissiez lire cet article sur vos wc, dans le tram ou pendant une réunion ; 1° Aucun lien causal a priori entre l'attribution d'une note et l'évolution du taux d'intérêt d'une dette souveraine d'un État Un lien causal s'explique comme suit ; votre poing a traversé l'écran de votre ordinateur en entendant le discours guerrier de Kiev du philosophe à la chemise ouverte quand il fait chaud et à l'écharpe bien nouée (pas assez dirons certaines personnes…) quand il fait froid (1). La cause c'est bien l'apparition de BHL qui vous a coûté 200 € en matos informatique. Mais dans le cas qui nous intéresse, ce n'est pas parce que Standard and Poor's (une agence stazunienne on reviendra là-dessus plus loin) annonce une baisse de la note qu'elle attribue à un pays concernant sa dette, que celle-ci doit voir ses taux d'intérêts augmenter. Pourtant on constaterait presque un lien. C'est parce que les agences de « notation » sont des spécialistes dans le domaine de la finance, qu'elles font un très bon travail d'analyse, tout à fait remarquable ! À tel point que les marchés se sentent obligés de coller avec les perspectives d'avenir. Car oui, les agences de « notation » ne font qu'émettre un avis ; un avis de pro certes, mais un avis qui pourrait tout aussi bien être formulé par un ivrogne si vous lui payiez sa dose d'éthanol quotidienne. 2° Mode de rémunération inquiétant La comparaison avec cet homme dépendant d'une substance nocive à excès qui dit ce qu'on lui demande parce qu'on l'a payé tient parfaitement la route en ce qui concerne les agences de « notation ». Ces dernières sont en effet payées par ceux (entreprise par ex) qui souhaitent être évalués. Autre comparaison sous forme de question ; comment imaginez-vous être évalué par un professeur en lui payant directement son chèque de fin de mois ? Une différence toutefois, dans le cas par exemple de la France, celle-ci ne paye pas pour être évaluée. Par contre une banque payera l'agence pour faire noter un produit financier qu'elle met en vente. 3° Rôle des agences de « notation » durant la crise des Subprimes On peut dès lors rebondir largement – à en faire péter les ressorts du lit de grand-maman sur lequel vous vous trouvez (sûrement pas en fait) – sur la phrase précédente. Les banques états-uniennes durant la crise des Subprimes (2) ont fait noter leurs produits financiers (appelés CDO) par les agences de « notation ». Ces produits, tirés de l'esprit de ce que la race humain a de plus honnête à proposer, à savoir les banquiers, les agences de « notation » ont naturellement attribué des « AAA » (soit 20/20) à ces produits, mêmes s'ils avaient l'haleine d'un vieux cabot. Prenons parmi d'autres un très gros problème ainsi crée ; les fonds de pension sont dans l'obligation d'investir dans des produits financiers absolument sûrs – normal ils jouent avec les économies de pépé et mémé – et comme ceux-ci étaient moisis, à l'éclatement de la bulle immobilière en 2007-2008, ce fut la mouscaille. 4° Importance de ces agences pour les USA ? On y vient on y vient. Les principales agences de « notation » - étrangement je me dis que ça n'étonnera personne – sont états-uniennes. Elles répondent aux noms sucrés de Standard & Poors', Moody's et Fitch et ont directement pris part au développement de la bulle immobilière qui a tant ruiné dans le monde. Elles ont donc, dit de manière toute simple, pris part au développement du marché financier états-unien – et des bénéfices pécuniaires qui vont avec. Faisons ensuite, aussi vite que la préparation d'un repas microonde, une autre analyse sur l'importance de ces agences pour les USA. J'imagine le poids qu'elles peuvent avoir en se transformant en arme financière servant à menacer ou tenter de sanctionner un pays qui gêne nos amis les ricains. L'exemple de la « notation » de la dette russe pourrait nous éclairer sur ce point : S&P = BBB ; Fitch = BBB (notons toutefois cette indulgence) ; Moody's = Baa1. On voit là que deux des trois agences ont abaissé leurs « visions » de l'avenir de la dette russe depuis les sanctions annoncées par le gouvernement du pays le plus amical du monde. Pas totalement concluant donc. En revanche, qu'en est t-il de la dette USA passée sous le fine esprit analyste de ces trois agences ? Fitch = AAA ; S&P = AA+ ; Moody's = AAA (j'ai rien trouvé de clairement explicite mais il semblerait que ça soit AAA également). Sachant que la dette des États-Unis est astronomique et au dessus de 100 % du pib, c'est une belle rigolade quand même surtout en comparaison avec la dette de la Russie. Mini-conclusion Les agences de « notation », à mon sens, sont une aberration dans leur mode de fonctionnement actuel. Il semble toutefois être une excellente idée de surveiller et de noter les produits des banquiers qui ne travaillent pour qu'eux, mais elles devraient être ABSOLUMENT indépendantes, tant financièrement qu'idéologiquement. Et là je fais référence à la prégnance des États-Unis dont on sait quels sont les moteurs de pensée économico-politique. Vous comprendrez de ce fait facilement la colère que peut susciter du côté des inventeurs la création d'une agence de notation sino-russe (3). Notes : 1 = http://www.youtube.com/watch?v=OzevSdRglSo 2 = Je vous conseille avec la conviction d'un chat qui met toute sa force dans son miaulement à la vue de son bol de croquette, de regarder le film Inside job, que vous connaissez la crise des Subprimes ou pas. C'est un film qui donne de bonnes pistes pour creuser le sujet. 3 = http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0203545205622-la-russie-et-la-chinesassocient-afin-de-creer-une-agence-de-notation-commune-1010872.php Nota bene : vous noterez bien la légende de la photo ; une notation « AhAhAh ». Indice de misère : un palmarès de l’appauvrissement dans le monde Par Steve H. Hanke. Publié le 29 juillet 2014 Un article du Cato Institute. Contre-points L’indice de misère, qui s’intéresse à la bonne santé de l’économie et du marché de l’emploi, se veut une mesure de l’appauvrissement d’un pays. Le palmarès mondial de la misère nous apprend que le Venezuela est en tête, malgré la manipulation des chiffres officiels de l’inflation. La Grande Récession n’en finit plus. Du coup, les politiciens de tous pays s’interrogent, généralement à huis clos : « À quel point notre population s’enfonce-t-elle dans la misère ? » Les professionnels de l’opinion ont tous un avis sur la question ; il en existe une mesure simple, l’indice de misère (misery index en anglais). Mesurer le désespoir Feu Arthur Okun, un économiste de renom qui présida le Comité des Conseillers économiques du Président Johnson, a inventé le premier indice de misère pour les États-Unis. L’indice d’Okun est égal à la somme du taux d’inflation et du taux de chômage. Le professeur Robert Barro, de l’Université Harvard, a modifié l’indice de misère pour y inclure le taux de rendement des emprunts publics et le manque à gagner entre le taux de croissance actuel et le taux de croissance tendanciel du PIB. À l’aide de cet indice, Barro mesura l’évolution de la misère au cours d’un mandat présidentiel. Avec cet indicateur, pour un pays qui connaît une hausse de la misère provoquée par les politiques en place, on peut penser que celle-ci devrait être confirmée par l’étude des sondages. Autrement dit, on peut supposer que les citoyens sont conscients de la misère environnante et qu’ils accordent ou non leur confiance en conséquence. La richesse fait-elle le bonheur ? Le graphique de l’indice de misère parle de lui-même. Contrairement à ce qu’en dit la doctrine de gauche, les années Reagan « du marché libre » étaient de très bonnes années. De même que les années Clinton marquées par le conservatisme fiscal – lorsque le Président Clinton déclarait dans son Discours sur l’état de l’Union de janvier 1996 que « l’ère de l’État obèse (big governement) est révolue ». L’indice de misère met un coup d’arrêt aux critiques actuelles contre le marché libre et l’austérité budgétaire – une critique qui ressemble désormais à une religion à laquelle on adhère sans réflexion préalable. En effet, il oblige à confronter ses idées avec la réalité. Mais l’indice de misère est-il une mesure fiable du désespoir ? La vérité saute aux yeux lorsqu’on fait le lien entre indice de misère et cote de confiance du président. Lorsque l’économie se porte mal pendant le mandat d’un président, il y a une forte probabilité que sa cote de confiance soit au plus bas, et vice versa (le coefficient de corrélation est de -0,54). Si l’on se penche sur l’évolution de l’indice de misère aux États-Unis et des sondages d’opinion sur les présidents américains (il suffit de comparer les deux graphes), la corrélation est évidente. La plupart des gens accordent de l’importance à leur qualité de vie. Ils préfèrent des taux d’inflation plus bas, des taux de chômage plus bas, des taux d’emprunts plus bas, et un PIB par habitant plus élevé. En combinant les sondages d’opinion et l’indice de misère, les présidents peuvent être classés selon une même référence standard. Le Venezuela, un pays où il ne fait pas bon vivre Ce type d’analyse ne se limite pas aux États-Unis. L’indice de misère est une notion qui peut être appliquée à tous les pays où les données nécessaires sont connues. Un tel indice a été calculé en vue de comparer 89 pays, selon la formule suivante : taux d’inflation + taux d’intérêt + taux de chômage – taux de croissance annuelle du PIB par habitant. Selon ce classement, le Venezuela a le déshonneur d’occuper la première place, avec un indice de misère de 79,4. Mais cette valeur sous-estime le niveau d’appauvrissement au 31 décembre 2013 en utilisant le taux d’inflation annuel officiel de 56,2%. Pour ma part, j’estime le taux d’inflation annuel du Venezuela fin 2013 à 278%, c’est-à-dire un taux quasiment cinq fois supérieur à celui utilisé pour le calcul de l’indice de misère vénézuélien. Si l’on utilise le taux d’inflation annuel de 278% pour calculer cet indice, il bondit de 79,4 à 301, ce qui indique que le Venezuela est en bien pire état que le suggèrent les données officielles. Pourquoi un tel écart entre le taux d’inflation officiel et mon estimation ? Le Venezuela impose un système complexe de contrôle des prix par l’État. En conséquence, si l’on s’intéresse aux prix des denrées rentrant dans le calcul de l’indice des prix, nombre d’entre eux seront fixés par l’État et non par le marché, et le taux d’inflation de ce panier de consommation sera donc artificiellement tiré vers le bas. Selon le discours officiel, c’est ce qui s’appelle « contenir » l’inflation. Inflation, pénuries et marché noir Mais le mensonge ne s’arrête pas là. En effet, en conséquence du contrôle contraignant des prix, nombreux sont les biens composant le panier d’indice des prix qui sont introuvables. Voyons ce que Milton Friedman nous apprend sur les pénuries dues au contrôle des prix : « Nous, les économistes, ne savons pas grand chose. Mais nous savons bien comment créer une pénurie. Par exemple, si vous souhaitez créer une pénurie de tomates, faites voter une loi qui interdit aux commerçants de vendre des tomates à plus de deux cents la livre. Vous aurez instantanément une pénurie de tomates. De même pour le pétrole ou le gaz. » Le graphe ci-dessous appuie les propos de Friedman : au Venezuela, 28% des produits de base ne sont pas disponibles. Dans le cas où le contrôle de prix et les pénuries sont la règle, comment mesurer le taux « réel » d’inflation, l’inflation « libre » ? Le contrôle des prix fait émerger des marchés noirs, dans lesquels on retrouve de nombreux biens et services concernés par ce contrôle. Par exemple, la Pologne sous l’occupation allemande de la Seconde Guerre Mondiale était le théâtre d’une forte régulation des prix, et un terrain propice au développement des marchés noirs. Tout s’échangeait sur ces marchés, depuis les produits alimentaires de base et biens industriels jusqu’aux produits du commerce international. Il existait même une bourse illégale. Les marchés noirs opéraient à une échelle impressionnante : 80% de la nourriture s’acquérait de façon illégale. Un taux de misère cinq fois sous-estimé Dans un cas comme celui du Venezuela, une manière d’estimer le taux réel d’inflation « libre » serait de rechercher les prix des marchés libres – en y incluant les marchés noirs – pour tous les biens composant le panier officiel. Mais un tel procédé est très délicat à mettre en œuvre, si ce n’est quasi impossible. C’est pourquoi aucun pays n’a jamais accompli un tel travail, herculéen. J’ai donc développé un procédé différent pour estimer le taux réel d’inflation libre dans une économie souffrant d’une forte inflation et de contrôles des prix. Il est difficile de déterminer le prix sur le marché libre (c’est-à-dire illégal) de tous les biens composant le panier officiel ; en revanche il est généralement aisé d’étudier le taux de change sur le marché noir. Puisque le prix de la monnaie est le plus important de tous en économie, l’évolution du taux de change sur le marché noir peut être utilisé comme mesure du taux réel d’inflation. En utilisant le plus important des prix du marché noir vénézuélien, le taux de change entre dollars américains et bolivars, nous pouvons estimer précisément le taux d’inflation libre annuel au Venezuela (cf. graphe cidessous). À la fin de l’année 2013, ce taux réel d’inflation était cinq fois supérieur au taux officiel. Et l’indice de misère associé était donc de 301 au lieu de 79,4. Rien d’étonnant, donc, à ce que la popularité du Président Maduro dégringole de 16 points depuis son entrée en fonction en avril 2013. Et comme si cela ne suffisait pas, la violence politique dans les rues a fait 39 victimes depuis février 2014.
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