le comte de monte-cristo il conte di montecristo

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LE COMTE DE MONTE-CRISTO
IL CONTE DI MONTECRISTO
libre adaptation d’après l’oeuvre
d’Alexandre Dumas
libero adattamento dall’opera
di Alexandre Dumas
PROGRAMMA DI SALA AD ESCLUSIVO USO DIDATTICO.
SONO VIETATE LA RIPRODUZIONE E LA DIVULGAZIONE
TRAMITE APPARATI FOTOCOPIATORI,
SALVO ESPRESSA AUTORIZZAZIONE DI PALKETTOSTAGE.
PROGRAMMA DI SALA AD ESCLUSIVO USO DIDATTICO.
SONO VIETATE LA RIPRODUZIONE E LA DIVULGAZIONE
TRAMITE APPARATI FOTOCOPIATORI,
SALVO ESPRESSA AUTORIZZAZIONE DI PALKETTOSTAGE.
SOMMAIRE
SOMMARIO
PREMIERE PARTIE
PRIMA PARTE
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Scène 5
Scène 6
Scène 7
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Scena 1
Scena 2
Scena 3
Scena 4
Scena 5
Scena 6
Scena 7
DEUXIEME PARTIE
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Scène 5
Scène 6
Scène 7
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26
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Scena 1
Scena 2
Scena 3
Scena 4
Scena 5
Scena 6
Scena 7
TROISIEME PARTIE
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TERZA PARTE
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Scena 1
Scena 2
Scena 3
QUATRIEME PARTIE
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Scène 5
Scène 6
Scène 7
Scène 8
Scène 9
Scène 10
Scène 11
Scène finale
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SECONDA PARTE
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Scène 1
Scène 2
Scène 3
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QUARTA PARTE
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Scena 1
Scena 2
Scena 3
Scena 4
Scena 5
Scena 6
Scena 7
Scena 8
Scena 9
Scena 10
Scena 11
Scena finale
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PERSONNAGES
(par ordre d’apparition)
PERSONNAGGI
(in ordine di apparizione)
MORREL
DANTES
DANGLARS
LES MARINS
LE PERE
CADEROUSSE
FERNAND
MERCEDES
LE COMMISSAIRE DE POLICE
VILLEFORT
DEUX SOLDATS
FARIA
LES DETENUS
ALBERT
UN VALET
HAYDEE
PEPPINO
MORREL
DANTÈS
DANGLARS
I MARINAI
IL PADRE
CADEROUSSE
FERNAND
MERCÉDÈS
COMMISSARIO DELLA POLIZIA
VILLEFORT
DUE SOLDATI
FARIA
I CARCERATI
ALBERT
UN VALLETTO
HAYDÉE
PEPPINO
L’histoire se passe en Italie, en France et dans les îles de la Méditerranée
La storia è ambientata in Italia, in Francia e nelle isole del Mediterraneo
Années: entre 1815 et 1838
Anni: tra il 1815 ed il 1838
5
PREMIERE PARTIE
PRIMA PARTE
SCENE 1
SCENA 1
Morrel, Dantès, Danglars, des marins.
Morrel, Dantès, Danglars, marinai.
Le navire «Pharaon» entre dans le port de Marseille.
Morrel est au le port avec ses jumelles et incrédule, il regarde le poste du
Capitaine sur le navire. Dantès descends du navire.
La nave “Faraone” entra nel porto di Marsiglia.
Morrel sta nel porto con il cannocchiale e incredulo guarda la postazione del
Capitano sulla nave. Dantès scende dalla nave.
Morrel. Ah c’est vous Dantès ! Et pourquoi cet air triste ?
Morrel. Ah siete voi Dantès! E perché quest’aria triste?
Dantès. Un grand malheur, monsieur Morrel ! Nous avons perdu notre bon
capitaine Leclère.
Dantès. Una grande disgrazia, signor Morrel! Abbiamo perso il bravo
capitano Leclère.
Morrel. Et le chargement ?
Morrel. E il carico?
Dantès. Il est arrivé à bon port, monsieur Morrel et je crois que vous serez
content pour ça ; mais ce pauvre capitaine Leclère est mort d’une fièvre
cérébrale, au milieu d’horribles souffrances (À ses hommes.) Holà hé !
Chacun à son poste pour le mouillage !
Dantès. E’ arrivato in porto, signor Morrel, e credo che sarete contento per
questo; ma il povero capitano Leclère è morto di una febbre cerebrale, in
mezzo a orribili sofferenze. (Ai suoi uomini.) Holà hé! Ognuno al suo posto
per l’ancoraggio!
Dantès jette un regard aux manœuvres sur le navire et il revient pour parler
avec Morrel.
Dantès getta uno sguardo alle manovre sulla nave e ritorna a parlare
con Morrel.
Morrel. Dame ! Que voulez-vous, monsieur Edmond, nous sommes tous
mortels et du moment que vous m’assurer que la cargaison…
Morrel. Purtroppo! Cosa vuole, Signor Edmond, siamo tutti mortali e dal
momento che mi assicurate che il carico…
Dantès. …est en bon état, monsieur Morrel. Je vous en réponds. (À ses
hommes.) Rangez à carguer les voiles de hune, le foc et la brigantine ! Faites
penaud ! Amène et cargue partout ! (À Morrel.) Et maintenant, si vous
voulez monter à bord voici… votre comptable, monsieur Danglars, qui vous
en dira plus sur cette cargaison ! Malheureusement le devoir m’appelle, je
dois mettre le navire en deuil.
Dantès. …è in buono stato, signor Morrel. Ve ne rispondo. (Ai suoi
uomini.) Riponete le vele dell’albero di gabbia, il fiocco e la brigantina!
State buoni! Ritirate e riponete dappertutto! (A Morrel.) E adesso, se
volete salire a bordo ecco… il vostro contabile, il signor Danglars, che
saprà dirvi di più su questo carico! Purtroppo il dovere mi chiama, devo
mettere la nave a lutto.
Ils montent sur le navire.
Salgono sulla nave.
Danglar. Eh bien, monsieur Morrel, vous savez déjà le malheur, n’est-ce pas ?
Danglars. Ebbene, signor Morrel, voi sapete già la disgrazia, non è vero?
6
Morrel. Ah, oui, oui, le pauvre capitaine Leclère !
Morrel. Ah, sì, sì, povero capitano Leclère!
Danglar. Il a gagné le titre de capitaine au cours des années.
Danglars. Si è guadagnato con gli anni il titolo di capitano.
Morrel (en regardant Dantès, qui marche d'avant en arrière sur le navire). Il
me semble qu’il ne faut pas être très vieux pour connaître bien son métier.
Voici notre ami Edmond Dantès, il n’a pas besoin de demander des conseils
à personne.
Morrel (guardando Dantès, che va avanti e indietro sulla nave). Mi sembra
che non occorra essere tanto vecchio per conoscere bene il mestiere. Ecco
il nostro amico Edmond Dantès, lui non ha bisogno di chiedere consigli a
nessuno.
Danglars (un regard plein d’envie). Oui, il est jeune et pour ça il ne craint
rien. À peine le capitaine mort, il prit le commandement sans consulter
personne.
Danglars (uno sguardo pieno d’invidia). Sì, è giovane e perciò non teme
nulla. Appena il capitano morì, prese il comando senza consultare nessuno.
Morrel. Prendre le commandement était son devoir, en tant que second.
Morrel. Prendere il comando era suo dovere, in quanto secondo.
Danglars (en cherchant de nouveaux arguments contre Dantès). …et il nous
a fait perdre un jour et demi à l’île d’Elbe, au lieu de revenir directement à
Marseille.
Danglars (cercando nuovi argomenti contro Dantès). …e ci ha fatto perdere
un giorno e mezzo all’isola d’Elba, invece di tornare direttamente a
Marsiglia.
Morrel. Peut-être le navire avait-il besoin d’être réparé ?
Morrel. Forse la nave aveva bisogno di essere riparata?
Danglars. Le navire allait bien, aussi que je vais bien moi-même.
Danglars. La nave stava bene come sto bene io.
Morrel (à Dantés). Dantès, venez ici.
Morrel (a Dantès). Dantès, venite qui.
Dantès (affairé). Pardon monsieur, je suis à vous dans un instant. (À l’
équipage.) Baissez la flamme à mi-mât, mettez le pavillon en berne, croisez
les vergues !
Dantès (indaffarato). Scusate, signore, sarò da voi fra un istante.
(All’equipaggio.) Abbassate la fiamma a mezz’albero, la bandiera in derno,
incrociate le antenne!
Danglars. Vous voyez, il se croit déjà capitaine, sur ma parole !
Morrel. Et il l’est de fait.
Danglars. Oui, monsieur Morrel, sauf votre signature.
Dantès (en s’approchant). Me voilà monsieur Morrel, vous m’avez appelé ?
Morrel. Je voulais vous demander pourquoi vous vous étiez arrêté à l’île
d’Elbe ?
Danglars. Voi vedete, egli si crede, sulla mia parola, già capitano!
Morrel. E lo è, difatti.
Danglars. Sì, signor Morrel, salvo la vostra firma.
Dantès (avvicinandosi). Eccomi signor Morrel, mi avete chiamato?
Morrel. Volevo chiedervi perché vi siete fermato all’isola d’Elba?
7
Dantès. C’était pour accomplir un dernier ordre du capitaine Leclère. En
mourant, il m’avait remis un pli pour le grand Maréchal Bertrand.
Dantès. Era per compiere un ultimo ordine del capitano Leclère. Morendo
mi aveva consegnato un plico per il gran Maresciallo Bertrand.
Morrel (l’emmène à coté, bas). Ainsi, vous avez vu l’empereur Bonaparte ?
Morrel (lo porta da parte, piano). Così avete visto l’imperatore Bonaparte?
Dantès. Oui, monsieur, oui…
Dantès. Sì, signore, sì…
Morrel. Vous avez bien fait Dantès de suivre les instructions du capitaine
Leclère et de vous l’arrêter à l’île d’Elbe… quoique si on savait que vous
avez remis un paquet au Maréchal et parlé avec Napoléon Bonaparte, cela
pourrait vous compromettre.
Morrel. Avete fatto bene Dantès a eseguire le istruzioni del capitano Leclère
e fermarvi all’isola d’Elba… quantunque, se si venisse a sapere che voi avete
consegnato un plico al maresciallo e parlato con Napoleone Bonaparte, ciò
potrebbe compromettervi.
Dantès. En quoi voulez-vous, monsieur, que cela me compromette ? Je ne
connais pas le contenu du paquet! (Il regarde dans le lointain.) Monsieur
Morrel, permettez-moi de continuer à faire mon devoir.
Dantès. Come volete che ciò mi comprometta? Non conosco il contenuto
del plico! (Guarda in lontananza.) Signor Morrel, permettetemi di
proseguire a fare il mio dovere.
Morrel. Faites-le, faites-le donc, mon cher Dantès.
Morrel. Fate, fate pure, mio caro Dantès.
Dantès s’éloigne. Danglars et Morrel descendent du navire.
Dantès si allontana. Danglars e Morrel scendono dalla nave.
Danglars. Donc, Dantès vous a expliqué pourquoi nous avons dû nous
arrêter à l’Elbe ?
Danglars. Allora, Dantès vi ha spiegato perché ci siamo dovuti fermare
all’Elba?
Morrel. Rien à dire. C’est le capitaine Leclère qui lui a ordonné cette escale.
Morrel. Nulla da ridire. È il capitano Leclère che gli ha ordinato questo scalo.
Danglars. Pardonnez-moi, par chance il vous a remis un document ?
Danglars. Scusate, per caso vi ha consegnato un documento?
Morrel. Un document ?
Morrel. Un documento?
Danglars (bas). Oui, je l’ai vu remonter à bord du navire avec un document.
Je pensais que c’était pour vous.
Danglars (piano). Sì, l’ho visto risalire a bordo della nave con un documento.
Pensavo fosse per voi.
Morrel. Il ne m’en a pas parlé, mais s’il a ce document lettre, il me le donnera.
Morrel. Non me ne ha parlato, ma se ha questo documento, me lo consegnerà.
Dantès les rejoint.
Dantès li raggiunge.
Morrel. Eh bien, mon cher Dantès, êtes-vous libre ?
Morrel. Ebbene, mio caro Dantès, siete libero?
Dantès. Oui, monsieur.
Dantès. Sì, signore.
Morrel. Donc, vous pouvez venir dîner avec nous ?
Morrel. Dunque, potete venire a pranzo con noi?
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Dantès. Excusez-moi, monsieur Morrel, mais tout d’abord je dois voir mon
père et Mercédès.
Dantès. Scusatemi, signor Morrel, ma prima devo vedere mio padre e
Mercédès.
Morrel. Ah, votre amie Mercédès ?
Morrel. Ah, la vostra amica Mercédès?
Dantès. Ce n’est point mon amie, c’est ma fiancée.
Dantès. Non è un’amica, ma è la mia fidanzata.
Morrel. Ah, avez-vous besoin d’argent ?
Morrel. Ah, avete bisogno di denaro?
Dantès. Non monsieur, j’ai tous mes salaires du voyage. Mais… avant de
vous saluer, je voudrai vous demander quelques jours de congé.
Dantès. No, signore, ho tutti i miei stipendi del viaggio. Ma… prima di
salutarvi vorrei chiedervi qualche giorno di congedo.
Morrel. Pour vous marier ?
Morrel. Per prender moglie?
Dantès. Avant tout pour ça, et puis pour me rendre à Paris.
Dantès. Prima di tutto per quello, poi per andare a Parigi.
Morrel. Très bien ! Vous pouvez prendre le temps que vous voudrez, Dantès.
Mais dans trois mois vous devez revenir, parce que le « Pharaon » ne pourra
repartir sans son capitaine.
Morrel. Bene, bene! Prenderete il tempo che vorrete, Dantès. Ma fra tre
mesi dovete ritornare, perché il “Faraone” non potrebbe partire senza il suo
capitano.
Dantès. Sans son capitaine ! Vous venez de répondre aux plus secrètes
espérances de mon cœur. Votre intention serait-elle de me faire nommer
capitaine du « Pharaon » ?
Dantès. Senza il suo capitano! Avete appena risposto alle più segrete
speranze del mio cuore. La vostra intenzione sarebbe quella di farmi
nominare capitano del “Faraone”?
Morrel. Je vous tends la main et je vous dis « c’est fait » !
Morrel. Vi tendo la mano e vi dico “è fatta”!
Dantès. Oh monsieur Morrel, monsieur Morrel je vous remercie au nom de
mon père et de Mercédès !
Dantès. Oh signor Morrel, signor Morrel vi ringrazio a nome di mio padre e
di Mercédès!
Morrel. C’est bon, c’est bon, il y a un Dieu pour les braves gens, que Diable !
Allez, allez.
Morrel. Bene, bene, c’è un Dio per la brava gente, che diamine! Andate,
andate.
SCENE 2
SCENA 2
Dantès, le père, Caderousse.
Chambre du père de Dantès.
Dantès, il Padre, Caderousse.
Camera del padre di Dantès.
Dantès. Père ! Mon bon père !
Dantès. Padre! Mio buon padre!
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Le père (se laisse tomber dans ses bras). Mon cher Edmond, mon cher fils ;
quelle joie, la surprise de te revoir ainsi, à l’improviste… mon Dieu ! …il me
semble que je meurs…
Il padre (si lascia cadere tra le sue braccia). Mio caro Edmond, mio caro
figlio; che gioia, la sorpresa di rivederti così all’improvviso... mio Dio! ...mi
sembra di morire...
Dantès. Courage, reprenez-vous, mon père. C’est moi, c’est bien moi. Je suis
revenu et maintenant tout va aller bien. J’ai des bonnes nouvelles pour vous,
père.
Dantès. Coraggio, rimettetevi, padre. Sono io, proprio io. Sono tornato e
adesso andrà tutto bene. Ho delle belle notizie per voi, padre.
Il padre. Ah, ti ascolto, figlio mio.
Le père. Ah, je t’écoute, mon fils.
Dantès. Sono diventato il capitano del “Faraone”, padre!
Dantès. Je suis devenu capitaine du « Pharaon », mon père !
Il padre. Che felicità!
Le père. Quelle joie !
Dantès. Et pour ça je veux que, par le premier argent que je vais encaisser,
vous ayez une maison avec un jardin pour planter vos fleurs préférées. (Il
voit le père s’affaler.) Mais qu’avez-vous, mon père ?
Dantès. E perciò voglio che col primo denaro che riscuoterò voi abbiate una
casetta con un giardino per piantare i vostri fiori preferiti. (Vede il padre
accasciarsi.) Ma che avete, padre?
Il padre. Pazienza, pazienza, non è nulla.
Le père. Du calme, du calme, ce n’est rien.
Dantès. Voyons, voyons… un bon verre de vin, cher père, vous ranimera.
Dantès. Vediamo, vediamo… un buon bicchiere di vino, caro padre, vi
rianimerà.
Le père. Non, non merci, n’en le cherche pas, je n’en ai pas besoin.
Il padre. No, no, grazie, non lo cercare, non ne ho bisogno.
Dantès. Laissez-moi faire, père.
Dantès. Lasciate fare, padre.
Le père. C’est inutile… il n’y a plus de vin…
Il padre. É inutile… non vi è più vino...
Dantès. J’avais laissé 200 francs, il y a trois mois, en partent. Vous êtes resté
sans argent, mon père ?
Dantès. Avevo lasciato 200 franchi, tre mesi fa, partendo. Sareste rimasto
privo di denaro, padre?
Le père. Oui, oui, Edmond, c’est vrai, mais tu avais oublié en partant une
petite dette avec le voisin Caderousse ; il me l’a rappelé, en me disant que si
je ne payais pour toi, il se serait adressé à monsieur Morrel.
Il padre. Sì, sì, Edmond, è vero, ma tu avevi dimenticato nel partire un
piccolo debito col vicino Caderousse; egli me lo ha ricordato, dicendomi che
se non pagavo per te, si sarebbe rivolto al signor Morrel.
Dantès. Eh bien ?
Dantès. Ebbene?
Le père. J’ai dû le payer pour te protéger. Tu sais que c’est un homme de
peu de scrupules…
Il padre. Ho dovuto pagarlo per proteggerti. Lo sai che è un uomo di pochi
scrupoli…
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Dantès. Et pendant trois mois vous avez vécu avec 60 francs ? (Il se jette aux
pieds du père.) Oh mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon père, pardonnez-moi.
Dantès. E per tre mesi avete vissuto con 60 franchi? (Si getta ai piedi del
padre.) Oh mio Dio! Mio Dio! Padre, perdonatemi.
Le père. Qu’est-ce que tu fais maintenant ?
Il padre. Che fai adesso?
Dantès. Ah, vous m’avez transpercé le cœur !
Dantès. Ah, voi mi avete trafitto il cuore!
Le père. Ah, tu es là, maintenant tout est oublié, car tu vas bien.
Il padre. Ah, tu sei qui, ora tutto è dimenticato, poiché tu stai bene.
Dantès (il prend l’argent de son sac). Prenez, mon père, prenez et envoyez
tout de suite quelqu’un acheter quelques choses.
Dantès (prende i soldi dalla sacca). Prendete, padre, prendete e inviate
subito qualcuno a comprare qualche cosa.
Il vide sur le table le sac qui contenait l’argent. Le père s’épouvante.
Vuota sulla tavola la borsa che conteneva i soldi. Il padre si spaventa.
Le père. Ah, c’est à qui cet argent ?
Il padre. Ah, di chi è quel denaro?
Dantès. À moi, à toi, à nous, prenez, achetez des provisions, soyez heureux,
demain il y en aura davantage.
Dantès. Mio, tuo, nostro, prendete, comprate delle provviste, siate felice,
domani ve ne sarà dell’altro.
Le père. Doucement, doucement… avec ton permis je ferais usage de le sac,
mais avec modération.
Il padre. Adagio, adagio... col tuo permesso farò uso della tua borsa, ma con
moderazione.
Bruit de pas.
Rumore di passi.
Dantès. Quelqu’un est en train d’arriver.
Dantès. Sta arrivando qualcuno.
Le père. Ah, mais ce sera Caderousse. Il aura eu vent de ton arrivée.
Il padre. Ah, ma sarà Caderousse. Avrà saputo del tuo arrivo.
Caderousse apparait à la porte.
Compare Caderousse sulla porta.
Caderousse (avec froideur). Ah, te voilà donc de retour, Edmond !
Caderousse (con freddezza). Ah, eccoti dunque di ritorno, Edmond!
Dantès (conciliant). Comme tu vois, cher voisin Caderousse, je suis prêt à te
servir pour toute chose.
Dantès (accomodante). Come vedi, caro vicino Caderousse, e pronto a
servirti in qualunque cosa.
Caderousse. Merci, merci, heureusement je n’ai besoin de rien, au contraire
ce sont parfois les autres qui ont besoin de moi.
Caderousse. Grazie, grazie, fortunatamente io non ho bisogno di nulla, anzi
sono qualche volta gli altri che hanno bisogno di me.
Le père. Ce qui est passé, est passé.
Il padre. Quel che è passato, è passato.
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Caderousse. C’est ça. Je suis ici pour te serrer la main, ami.
Caderousse. Infatti. Sono qui per stingerti la mano, amico.
Le père. Ce bon Caderousse nous aime beaucoup.
Il padre. Questo buon Caderousse ci ama molto.
Caderousse. C’est vrai je vous aime et je vous estime encore, autant plus que
les hommes honnêtes sont si rares… (Il regarde l’argent sur la table.) Mais il
semble que tu reviens riche…
Caderousse. Certo vi amo e vi stimo ancora, tanto più che gli uomini onesti
sono così rari... (Guarda i soldi sul tavolo.) Ma sembra che tu ritorni ricco...
Dantès. Eh mon Dieu, cet argent n’est pas à moi ; j’avais manifesté à mon
père la crainte que pendant mon absence il lui est manqué quelques choses,
et lui, pour me rassurer, a vidé son sac sur la table... Allons père, remettez
l’argent dans le tiroir, à moins que le voisin Caderousse n’en ait besoin à son
tour… dans ce cas-là il est toujours à sa disposition.
Dantès. Eh, mio Dio questo denaro non è mio; avevo manifestato a mio
padre il timore che nella mia assenza gli fosse mancato qualche cosa, ed egli,
per rassicurarmene ha vuotato la sua borsa sul tavolo... Andiamo, padre,
rimettete il vostro denaro nel cassetto, a meno che il vicino Caderousse non
ne abbia a sua volta bisogno… nel qual caso è sempre a sua disposizione.
Caderousse. Non, je n’ai besoin de rien.
Caderousse. No, non ho bisogno di niente.
Dantès. Avec votre permis, maintenant que je vous ai vu, je vous
demanderai l’autorisation de me rendre chez Mercédès.
Dantès. Col vostro permesso, ora che vi ho veduto, vi chiederei il
l’autorizzazione a fare una visita a Mercédès.
Le père. Va, mon fils, va chez ta femme.
Il padre. Va, figlio mio, và da tua moglie.
Caderousse. Femme ? Vous allez trop au-delà, père Dantès ; elle ne l’est pas
encore… je crois.
Caderousse. Moglie? Voi andate troppo oltre, papà Dantès; non lo è
ancora… io credo.
Dantès. Non, mais elle ne tardera pas beaucoup à le devenir.
Dantès. No, ma non tarderà molto a diventarlo.
Caderousse. Mercédès est une belle fille et les belles filles ne manquent pas
d’amoureux, celle-là particulièrement ! La suivaient par douzaines !
Dantès. Vraiment ?!
Caderousse. Maintenant tu es capitaine, elle ne pourra pas te refuser.
Dantès. Je vais.
Il embrasse son père, salue avec un mouvement de la tête Caderousse
et il part.
Caderousse. Mercédès è una bella ragazza, e le belle ragazze non mancano
d’innamorati, quella particolarmente! La seguivano a dozzine!
Dantès. Davvero?!
Caderousse. Adesso sei capitano, non potrà rifiutarti.
Dantès. Vado.
Abbraccia suo padre, saluta con un moto di testa Caderousse e parte.
12
SCENE 3
SCENA 3
Danglars, Caderousse.
Dans la rue.
Danglars, Caderousse.
Sulla strada.
Danglars. Eh bien, tu l’as vu ?
Danglars. Ebbene, l’hai veduto?
Caderousse. Oui, je viens de le quitter.
Caderousse. Sì, l’ho lasciato ora.
Danglars. Il t-a parlé de son espérance de devenir capitaine ?
Danglars. Ti ha parlato della sua speranza di divenir capitano?
Caderousse. Non, mais sa fierté m’a fait entendre qu’il se sent déjà capitaine.
Un morveux gueux devient capitaine ! C’est plus de ce qu’on peut supporter.
Caderousse. No, ma la sua fierezza mi ha fatto capire che già si sente capitano.
Uno straccione moccioso diventa capitano! È più di quello che si può sopportare.
Danglars. Mais il ne le sera pas… cette place est à moi. Nous devons faire en
sorte qu’il reste un gueux.
Danglars. Ma non lo sarà… quel posto è mio. Dobbiamo fare in modo che
resti uno straccione.
Caderousse. Qu’est-ce que tu dis ?
Caderousse. Che dici tu?
Danglars. Laisse-moi réfléchir. Est-il toujours amoureux de Mercédès ?
Danglars. Fammi riflettere. E’ sempre innamorato di Mercédès?
Caderousse. Amoureux fou ; il est allé chez elle. Je me tromperai, mais il va
souffrir de ce côté-là.
Caderousse. Innamorato pazzo; è andato da lei. Mi sbaglierò, ma soffrirà da
quella parte.
Danglars. Qu’est-ce que tu as vu ? Allons, dis-le-moi.
Danglars. Che hai visto? Via, dimmelo.
Caderousse. C’est mieux si nous le voyons en personne. Il y a une taverne
dans la rue qui emmène à la maison de Mercédès. Dantès est allé chez elle.
À son retour nous verrons sur son visage ce qui s’est passé. Allons… Mais
c’est toi qui paie à boire ! Ah, ah…
Caderousse. È meglio se lo vediamo di persona. C’è un’osteria sulla strada
che porta alla casa di Mercédès. Dantès è andato da lei. Al suo ritorno
vedremo sulla sua faccia quello che è accaduto. Andiamo... Ma sei tu che
paghi da bere! Ah, ah…
Danglars. Bien sûr…
Danglars. Certamente...
Ils sortent.
Escono.
SCENE 4
SCENA 4
Fernand, Mercédès, Dantès.
Maison de Mercédès.
Fernand, Mercédès, Dantès.
Casa di Mercédès.
13
Fernand. Voyons, Mercédès, voici Pâques qui va revenir, c’est le moment de
faire un mariage, répondez-moi !
Fernand. Vediamo, Mercédès, ecco Pasqua che ritorna, è il momento di fare
un matrimonio, rispondetemi!
Mercédès. Je vous ai répondu cent fois Fernand, je vous ai toujours dit :
je vous aime comme un frère, mais j’aime Edmond Dantès, et nul autre
qu’Edmond ne sera mon époux.
Mercédès. Vi ho risposto cento volte Fernand, vi ho sempre detto: vi voglio
bene come a un fratello, ma amo Edmond Dantès, e nessun altro che
Edmond sarà mio sposo.
Fernand. Et vous l’aimerez toujours ?
Fernand. E lo amerete sempre?
Mercédès. Tant que je vivrai.
Mercédès. Fin quando vivrò.
Fernand (découragé). Mais s’il est mort ?
Fernand (scoraggiato). Ma se è morto?
Mercédès. S’il est mort je mourrai.
Mercédès. Muoio anch’ io.
Fernand. Mais s’il vous a oublié ?
Fernand. Ma se vi ha dimenticato?
Dantès arrive.
Dantès. Mercédès ! Mercédès !
Arriva Dantès.
Dantès. Mercédès! Mercédès!
Mercédès. Ah ! Vous voyez bien qu’il ne m’a pas oubliée… le voilà !
Edmond ! Me voici!
Mercédès. Ah! Vedete che non mi ha dimenticata… è qui! Edmond Eccomi!
Réunion des amoureux.
Incontro degli innamorati.
Dantès. Ah ! Pardon ! Je n’avais pas remarqué que nous étions trois ! Qui
est ce monsieur ?
Dantès. Ah! Scusa! Non avevo notato che fossimo in tre! Chi è questo
signore?
Mercédès. Il s’appelle Fernand.
Mercédès. Si chiama Fernand.
Dantès. Je ne saurai pas venu avec tant de hâte chez vous, Mercédès, si
j’avais su y trouver un ennemi !
Dantès. Non sarei venuto con tanta fretta da voi, Mercédès, se avessi saputo
di trovarvi un nemico.
Mercédès. Tu n’as pas d’ennemis ici : ici il n’y a que Fernand, mon frère, mon
ami qui a hâte de te serrer la main comme à un ami.
Mercédès. Tu qui non hai nemici: qui non c’è che Fernand, mio fratello, mio
amico che non vede l’ora di stringerti la mano come ad un amico.
Dantès tend sa main : un mouvement de cordialité à Fernand. Celui-ci s’enfuit,
fou de jalousie.
Dantès tende la sua mano in un movimento di cordialità a Fernand. Questo
fugge, pazzo di gelosia.
14
Dantès. Nous voilà de nouveau réunis ! Oh ma belle, ma belle petite fiancée !
Dantès. Eccoci di nuovo riuniti! Oh mia bella, mia bella piccola fidanzata!
Mercédès. Comment je t’ai attendu mon amour, comment j’ai eu peur
souvent, la mer est perfide et j’ai compté bien des tempêtes.
Mercédès. Come ti ho aspettato amore mio, come ho avuto spesso paura, il
mare è perfido e ho contato tante tempeste.
Dantès. Mercédès, ma belle, me voilà bientôt capitaine !
Dantès. Mercédès, mia bella, presto sarò capitano!
Mercédès. Capitaine ! Edmond ! Mon Edmond capitaine ! C’est magnifique !
Mercédès. Capitano! Edmond! Il mio Edmond capitano! È magnifico!
Dantès. Marions-nous dès que possible. Marions-nous demain ! Je suis fou
de bonheur mon amour, ma belle, ma belle Mercédès ! (Il tournoie de joie,
il hurle.) Edmond Dantès et Mercédès se marient ! Edmond Dantès et
Mercédès se marient !
Dantès. Sposiamoci appena possibile. Sposiamoci domani! Sono pazzo di
gioia amore mio, mia bella, mia bella Mercédès! (Volteggia di gioia, urla.)
Edmond Dantès e Mercédès si sposano! Edmond Dantès e Mercédès si
sposano!
SCENE 5
SCENA 5
Dehors de la taverne dans la rue.
Danglars, Caderousse, Fernand, Dantès, Mercédès.
Fernand voit Danglars et Caderousse assis à une table et il s’approche.
Sans rien dire Danglars lui verse du vin.
Fuori dall’osteria sulla strada.
Danglars, Caderousse, Fernand, Dantès, Mercédès.
Fernand vede Danglars e Caderousse seduti ad un tavolo e si avvicina.
Senza dire niente Danglars gli versa del vino.
Danglars. Tu as l’air d’un amant vaincu.
Danglars. Hai l’aria di un amante sconfitto.
Fernand. Edmond Dantès et Mercédès se marient !
Fernand. Edmond Dantès e Mercédès si sposano!
Danglars. Ah çà ! Voilà, mon cher monsieur, un mariage qui ne me paraît
pas faire le bonheur de tout le monde !
Danglars. Ah dunque! Ecco, caro signore mio, un matrimonio che non mi
sembra faccia felici tutti quanti!
Fernand. Il me désespère !
Fernand. Mi fa disperare!
Danglars. Vous aimez donc si tant Mercédès ?
Danglars. Amate dunque così tanto Mercédès?
Fernand. Je l’adore !
Fernand. La adoro!
Caderousse. Et vous êtes là à vous arrachez les cheveux au lieu de chercher
remède à la chose !
Caderousse. E siete là a strapparvi i capelli invece di cercare un rimedio a
questa cosa!
Mercédès et Dantès passent bras dessous.
Mercédès e Dantès passano a braccetto.
15
Danglars. Olà. Olà, Edmond, tu ne vois pas donc tes amis, ou tu es déjà
devenu tant hautain que tu ne peux pas parler avec eux ?
Danglars. Olà. Olà, Edmond, non vedi dunque gli amici, o sei diventato già
tanto superbo da non poter parlar loro?
Dantès. Non, je ne suis pas hautain, je suis heureux.
Dantès. No, io non sono superbo, sono felice.
Caderousse. Ehi ! Bonjour, madame Dantès.
Caderousse. Ehi! Buon giorno, signora Dantès.
Mercédès. Mercédès. Dans mon village, il est de mauvais augure d’appeler
les filles avec le nom de leur fiancé, avant qu’il soit devenu leur époux.
Mercédès. Mercédès. Nel mio paese porta cattivo augurio chiamare le
ragazze col nome del fidanzato, prima che sia loro marito.
Dantès. Il faut pardonner le bon voisin… il se trompe de peu.
Caderousse. Et donc le mariage sera célébré bientôt, Dantès ?
Dantès. Demain à déjeuner. Vous êtes tous invités.
Caderousse. Fernand… sera-t-il invité lui aussi ?
Dantès. Le frère de l’épouse est bien mon frère.
Dantès. Bisogna perdonare il buon vicino… egli si sbaglia di poco.
Caderousse. E dunque le nozze si celebreranno quanto prima, Dantès?
Dantès. Domani a pranzo. Siete tutti invitati.
Caderousse. Fernand... sarà invitato anche lui?
Dantès. Il fratello della mia sposa è pure mio fratello.
Danglars. Quel diable ! Capitaine, vous êtes très pressé.
Dantès. On a toujours hâte d’être heureux ; quand on a longuement souffert
on a de la peine à croire au bonheur. Mais ce n’est pas seulement l’égoïsme
qui me fait agir de la sorte ; il faut que je me rende à Paris le plus tôt
possible.
Fernand. Ah vraiment ? A Paris ? C’est la première fois que vous y allez,
Dantès ?
Dantès. Oui. Une dernière tache de notre capitaine Leclère à exécuter ; vous
comprenez, Danglars, qu’il s’agit d’une chose sacrée.
Danglars. Che diavolo! Capitano, voi avete molta fretta.
Dantès. Si ha sempre fretta di esser felici; quando uno ha sofferto
lungamente, si pena a credere alla felicità. Ma non è solo l’egoismo che mi fa
agire così; occorre che io vada a Parigi, quanto prima.
Fernand. Ah davvero? A Parigi? É la prima volta che ci andate, Dantès?
Dantès. Sì. Un’ultima commissione del nostro capitano Leclère da
adempiere; voi capirete, Danglars, che questa è cosa sacra.
Danglars (à Caderousse). Je sais qu’il doit remettre un document reçu à l’île
d’Elbe. Il me vient une idée, une excellente idée, parbleu ! (Il parle à l’oreille
à Caderousse et puis il dit à Dantès.) Bon voyage…
Danglars (a Caderousse). So che deve consegnare un documento ricevuto
all’isola d’Elba. Mi viene un’idea, un’eccellente idea, perbacco! (Parla
all’orecchio di Caderousse e poi dice a Dantès.) Buon viaggio...
Dantès. Merci…
Dantès. Grazie...
Mercédès et Dantès sortent.
Mercédès e Dantès escono.
16
Fernand. Je vais le tuer !
Fernand. Lo ammazzo!
Caderousse. Tuer Dantès ? Qu’est-ce qui te passe par la tête ? Bois, c’est
mieux.
Caderousse. Ammazzare Dantès? Che ti passa per la testa? Bevi che è
meglio.
Caderousse continue à boire.
Caderousse continua a bere.
Danglars. Le mariage peut très bien manquer, ce ci me semble, sans que
Dantès meure.
Danglars. Il matrimonio potrebbe benissimo mancare, mi sembra, senza che
Dantès muoia.
Fernand. La mort seule les séparera.
Fernand. Solo la morte li separerà.
Caderousse. Vous raisonnez comme un coquillage, mon ami, et voilà
Danglars, qui est un finaud, un malin, qui va vous prouvez que vous avez
tort. Allons Danglars, dis-le-lui.
Caderousse. Ragionate come una conchiglia, amico mio, ed ecco Danglars,
che è un furbetto, uno astuto, che vi proverà che avete torto. Avanti
Danglars, diglielo.
Danglars. Supposez qu’il y ait entre Edmond et Mercédès les murs d’une prison,
ils seront séparés ni plus ni moins que s’il y avait là la pierre d’une tombe.
Danglars. Supponete che ci siano tra Edmond e Mercédès i muri di una prigione,
loro sarebbero divisi né più né meno che se vi fosse la lapide di una tomba.
Caderousse (ivre). Oui, mais s’il sort de prison ? Quand on est sorti de
prison et qu’on s’appelle Edmond Dantès, on se venge.
Caderousse (ubriaco). Sì, ma se esce di prigione? Quando si esce di prigione,
e si porta il nome di Edmond Dantès, uno si vendica.
Fernand. Pourquoi mettrait-on Dantès en prison ? Il n’a ni volé, ni tué, ni
assassiné !
Fernand. Perché si dovrebbe mettere Dantès in prigione? Non ha né rubato,
né ammazzato, né assassinato!
Danglars. Ne t’en préoccupes pas, j’y pense moi ! Une plume, de l’encre et
du papier !
Danglars. Non preoccuparti, ci penso io! Una piuma, dell’inchiostro e della
carta!
Caderousse. Voilà de quoi tuer un homme !
Caderousse. Ecco di che ammazzare un uomo!
Danglars. Imaginez donc, par exemple, que si, après un voyage comme celui
que Dantès vient de faire, et dans lequel il a touché à l’île d’Elbe, quelqu’un
le dénonçait au procureur du roi en tant qu’agent bonapartiste.
Danglars. Immaginate dunque, per esempio, che se, dopo un viaggio come
quello che ha appena fatto Dantès, e nel quale ha toccato l’isola d’Elba,
qualcuno lo denunciasse al procuratore del re come agente bonapartista.
Fernand. Je le dénoncerai, moi !
Fernand. Lo denuncerò io!
Caderousse. A ta santé, Dantès ! (Il boit.)
Caderousse. Alla tua salute, Dantès! (Beve.)
Danglars. Eh bien, voilà, nous y sommes… écrivons de la main gauche, pour
que l’écriture ne soit pas reconnue, cette petite dénonciation:
Danglars. Ebbene, ecco ci siamo. Scriviamo con la mano sinistra, perché la
scrittura non sia riconoscibile, questa piccola denuncia:
17
« Monsieur le procureur du roi est prévenu, par un ami du trône, que
tel Edmond Dantès, second du navire le « Pharaon », arrivé ce matin de
Portoferraio, après avoir fait halte à l’île d’Elbe pour remettre un pli à
l’usurpateur Bonaparte, il a reçu par le même des documents pour le comité
bonapartiste de Paris. On aura la preuve de son crime en l’arrêtant, car on
trouvera ces documents ou sur lui, ou dans sa cabine à bord du « Pharaon » ».
Danglars. Eh bien, plions cette lettre, écrivons dessus « À Monsieur le
Procureur royal », et tout sera dit.
“Il signor procuratore del re viene avvisato, da un amico del trono, che tale
Edmond Dantès, secondo della nave il “Faraone”, arrivato questa mattina
da Portoferraio, dopo essersi fermato all’isola d’Elba per consegnare un
plico all’usurpatore Bonaparte, ha ricevuto dallo stesso dei documenti
per il comitato bonapartista di Parigi. Si avrà la prova del suo crimine
arrestandolo, perché si troveranno questi documenti o su di lui, o nella sua
cabina a bordo del “Faraone””.
Danglars. Ebbene, pieghiamo questa lettera, scriviamoci sopra “Al signor
Procuratore del re”, e tutto sarà detto.
Fernand. Tout sera dit.
Fernand. Tutto sarà detto.
Caderousse. Tout sera dit… mais ce serait une infamie.
Caderousse. Tutto sarà detto… soltanto sarebbe un’infamia.
Danglars. De même, tout ce que j’ai dit et fait n’est qu’une plaisanterie, et
moi je serai le premier à en être affligé si un malheur arrivait à Dantès, à ce
bon Dantès !
Danglars. Per tal modo tutto ciò che ho detto e fatto non è che uno scherzo,
ed io sarei il primo ad esserne afflitto se accadesse qualche disgrazia a
Dantès, a questo buon Dantès!
Danglars prend la lettre, la frotte et la jette dans un coin.
Danglars prende la lettera, la stropiccia e la butta in un angolo.
Caderousse (ivre). C’est l’heure d’aller, Danglars. Fernand, qu’est-ce que tu
fais ?
Caderousse (ubriaco). È ora di andare, Danglars. Fernand, tu cosa fai?
Fernand (il regarde la lettre par terre). Moi… je rentre à la maison.
Fernand (guarda la lettera a terra). Io … torno a casa.
Caderousse s’éloigne, mais Danglars s’arrête au coin pour observer ce que
Fernand fait. Celui-ci se précipite à la lettre et la met dans sa poche.
Caderousse si allontana, ma Danglars si ferma all’angolo per osservare cosa
fa Fernand. Quest’ultimo si precipita sulla lettera e la mette in tasca.
Danglars (entre lui-même). Je crois que maintenant la chose est bien lancée,
et qu’il n’y a plus qu’à la laisser marcher toute seule.
Danglars (tra sé). Credo che adesso la cosa sia ben lanciata, e che ci sia solo
da farla camminare da sola.
SCENE 6
SCENA 6
Dantès, Mercédès, le père, Fernand, le Commissaire de police.
Le jour d’après.
Dantès et Mercédès s’embrassent. Elle est habillée d’une robe de mariée.
Dantès, Mercédès, il padre, Fernand, il Commissario della polizia.
Il giorno dopo.
Dantès e Mercédès si baciano. Lei vestita con un abito da sposa.
Dantès. Je suis si heureux que cela m’épouvante. Il me semble que l’homme
n’est pas fait pour être si facilement heureux.
Dantès. Sono così felice che mi spaventa. Mi sembra che l’uomo non sia
fatto per essere così facilmente felice.
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Le père. Tu mérites le bonheur, mon fils.
Il padre. Meriti la felicità, figlio mio.
Le père embrasse son fils.
Mercédès. Sous peu, nous nous épouserons et tu devras partir tout de suite
pour Paris.
Dantès. Tu sais que je suis homme de parole. Je me mettrai que dix jours, je
te le promets.
Il padre abbraccia suo figlio.
Mercédès. Tra poco ci sposeremo e tu dovrai ripartire subito per Parigi.
Dantès. Lo sai che sono un uomo di parola. Ci metterò solo dieci giorni, te lo
prometto.
Mercédès. Ti amo anche per questo.
Mercédès. Je t’aime pour ça aussi.
Mercédès lo bacia.
Mercédès lui donne un bisou.
Fernand (entre les dents). Mon ami, je me prendrai soin de Mercédès, comme
j’ai toujours fait.
Le père. Fernand, ce n’est pas nécessaire, car elle vivra chez moi, comme si
elle est ma fille.
Fernand (tra i denti). Amico mio, mi prenderò cura di Mercédès, come ho
sempre fatto.
Il padre. Fernand, non c’è bisogno, perché vivrà a casa mia, come se fosse
mia figlia.
Dantès. Grazie, padre.
Dantès. Merci, père.
Commissaire de police (voix off). Au nom de la loi ! (Il entre.) Qui est-ce qui
s’appelle Edmond Dantès parmi vous ?
Commissario di Polizia (da fuori). In nome della legge! (Entra.) Chi di voi si
chiama Edmond Dantès?
Dantès. Sono io, signore. Che si vuole da me?
Dantès. C’est moi monsieur. Qu’est-ce qu’on veut de moi ?
Commissaire de police. Edmond Dantès, au nom de la loi, vous êtes à l’arrêt.
Commissario di Polizia. Edmond Dantès, in nome della legge voi siete in
arresto.
Dantès. Qu’est-ce que vous dites ? Pourquoi ?
Dantès. Che dite? Perché?
Commissaire de police. Moi, monsieur, je ne le sais pas, mais vous le saurait
surement dans votre premier interrogatoire.
Commissario di Polizia. Io, signore, non lo so, ma voi lo saprete certamente
nel vostro primo interrogatorio.
Le père se précipite vers le Commissaire.
Il padre si precipita verso il Commissario.
Le père. Je vous supplie, ne l’emmenez pas.
Il padre. Vi supplico, non lo portate via.
Dantès. Soyez tranquilles, bientôt on expliquera cette erreure, et il est
probable que je n’arriverai pas même jusqu’à la prison.
Dantès. State tranquilli, ben presto si spiegherà questo errore, ed è
probabile che non arriverò neppure fino alla prigione.
19
Le Commissaire le pousse vers la sortie. Mercédès embrasse Dantès.
Il Commissario lo spinge verso l’uscita. Mercédès abbraccia Dantès.
Mercédès. Adieu Dantès, adieu Edmond.
Mercédès. Addio Dantès, addio Edmond.
Voix de Dantès. Au revoir, Mercédès !
Voce di Dantès. Arrivederci, Mercédès!
Le Commissaire emmène Dantès.
Il Commissario porta via Dantès.
Mercédès (à Fernand). Qu’est-ce que signifie tout ça ?
Mercédès (a Fernand). Che significa tutto questo?
Fernand (il murmure). J’essaierai de le découvrir. Je le suivrai dans mon
carrosse.
Fernand (mormora). Cercherò di scoprirlo. Lo seguirò nella carrozza.
Mercédès. Partez, partez et revenez vite.
Mercédès reste debout prise d’un pressentiment très mauvais.
Le père de Dantès tombe par terre et il meurt.
Mercédès. Andate, andate e ritornate presto.
Mercédès rimane in piedi colta da un bruttissimo presentimento.
Il padre di Dantès cade sul pavimento e muore.
SCENA 7
SCENE 7
Villefort, Dantès, le Commissaire de police.
Bureau chez Villefort. Dantès est emmené à l’intérieur.
Villefort, Dantès, il Commissario della polizia.
Ufficio nella casa di Villefort. Dantès viene portato dentro.
Villefort (il a une lettre dans ses mains et il regarde Dantès). Vous êtes trop
jeune. Vous n’avez pas l’air d’un traitre !
Villefort (ha in mano una lettera e guarda Dantès). Siete troppo giovane.
Non avete l’aria di un traditore!
Dantès. Traitre ?
Dantès. Traditore?
Villefort. Maintenant écoutez-moi bien, car c’est de votre vie qu’il s’agit.
Vous êtes débarquée sur l’Ile d’Elbe, n’est-ce pas ?
Villefort. Adesso ascoltatemi bene, perché è della vostra vita che si tratta.
Voi siete sbarcato sull’isola d’Elba, non è così?
Dantès. Mais qu’est-ce qu’il y a de mal ?
Dantès. Ma cosa c’è di male?
Villefort. Et vous avez accepté un document du grand Maréchal Napoléon ?
Villefort. E avete accettato un documento dal gran Maresciallo Napoleone?
Dantès. Oui.
Dantès. Sì.
20
Villefort. Pourquoi ? Vous ne savez pas que les contacts avec l’ex- Empereur
sont défendus?
Villefort. Perché? Non sapete che sono vietati i contatti con l’ex
Imperatore?
Dantès. Mais, monsieur, c’est mon capitaine qui me l’a ordonné ! Je le
respectait. Ses dernières volontés étaient sacrées. Et puis, je ne connais pas le
contenu de ce document.
Dantès. Ma, signore, mi è stato ordinato dal mio capitano! Lo rispettavo.
Le sue ultime volontà erano sacre. E poi, non conosco il contenuto del
documento.
Villefort. Vous vous défendez bien, Dantès !
Villefort. Vi difendete bene, Dantès!
Dantès. C’est la vérité qui me défend !
Dantès. È la verità che mi difende!
Villefort. Une dernière chose, Dantès. Vous avez le document avec vous ?
Villefort. Un’ultima cosa, Dantès. Avete con voi il documento?
Dantès. Bien sûr.
Dantès. Certamente.
Dantès lui donne le document.
Dantès gli dà il documento.
Villefort. Savez-vous qui est le destinataire ?
Villefort. Sapete chi è il destinatario?
Dantès. C’est pour un certain monsieur Noirtier.
Dantès. È per un certo signor Noirtier.
Villefort incrédule et épouvanté lit vite le document. Il l’arrache.
Villefort incredulo e spaventato legge velocemente il documento. Lo strappa.
Dantès. Qu’est-ce que vous faites monsieur ?
Dantès. Cosa fate signore?
Villefort. Ce document n’a jamais existé, avez-vous compris ? Si vous voulez
vivre vous devez vous taire.
Villefort. Questo documento non è mai esistito, lo avete capito? Se volete
vivere dovete tacere.
Dantès. Entendu.
Dantès. Va bene.
Villefort. Cette nuit vous devez être enfermé. C’est la loi, vous devez me
comprendre. Mais demain vous serez libre. Je vous le promets.
Villefort. Questa notte dovete essere rinchiuso. È la legge, mi dovete
comprendere, ma domani sarete libero. Ve lo prometto.
Dantès. Merci monsieur.
Dantès. Grazie signore.
Villefort agite une sonnette. Le Commissaire entre. Villefort lui parle à l’oreille,
en lui remettant la lettre. Le Commissaire emmène Dantès.
Villefort suona un campanello. Entra il Commissario. Villefort gli parla
all’orecchio consegnandogli la lettera. Il Commissario porta via Dantès.
21
DEUXIEME PARTIE
SECONDA PARTE
SCENE 1
SCENA 1
Le Commissaire, Dantès, deux soldats.
Le Château D’If.
Le Commissaire enferme Dantès dans la cellule.
Il Commissario, Dantès, due soldati.
Il Castello D’If.
Il Commissario rinchiude Dantès nella cella.
Commissaire. Voilà votre cellule pour cette nuit. Voilà du pain, de l’eau dans
ce broc. Donc il y a tout ce qu’un prisonnier peut souhaiter. Bonne nuit.
Commissario. Ecco la vostra cella per questa notte. Eccovi del pane,
dell’acqua in questa brocca. Insomma c’è tutto quello che un prigioniero
può desiderare. Buona notte.
Dantès. Pourquoi vous m’avez emmené au Château d’If ? C’est une prison
d’Etat, reservée seulement aux grands coupables politiques. J’ai seulement
dix-neuf ans. Tous mes opinions, je ne dirai pas politiques, mais privées, se
limitent à trois sentiments : j’aime mon père, je respects monsieur Morrel et
j’adore Mercédès.
Dantès. Perché mi avete portato nel Castello d’If? È una prigione di Stato,
destinata soltanto ai grandi colpevoli politici. Ho solamente diciannove
anni. Tutte le mie opinioni, non dirò politiche, ma private, si limitano a tre
sentimenti: io amo mio padre, rispetto il signor Morrel e adoro Mercédès.
Commissaire. La seule chose que je peux dire c’est que le Gouverneur
demain peut-être vous changera de cellule.
Commissario. L’unica cosa che posso dire è che il Governatore domani forse
vi cambierà la cella.
Dantès. Je voudrais le voir maintenant !
Dantès. Vorrei vederlo adesso!
Commissaire. Impossible…
Commissario. È impossibile...
Dantès. Pourquoi est-il impossible ?
Dantès. Perché è impossibile?
Commissaire. Le règlement l’interdit.
Commissario. Il regolamento lo vieta.
Dantès. Dieu, j’espère que ce n’est qu’un cauchemar.
Dantès. Dio, spero che questo sia solo un incubo.
Commissaire. Calmez vous, ou avant quinze jours vous deviendrait fou.
Commissario. Calmatevi, o prima di quindici giorni voi diventerete pazzo.
Dantès. Ah, vous croyez ça ?
Dantès. Ah, voi credete?
Commissaire. L’homme de science qui a habité cette cellule avant vous,
devint fou… pensez qu’il offrait sans cesse au Gouverneur un million en
pièces d’or !
Commissario. Lo scienziato che ha abitato questa cella prima di voi
impazzì… pensate che offriva incessantemente al Governatore un milione in
monete d’oro!
22
Dantès. Cela fait combien de temps qu’il a laissé cette cellule ?
Dantès. E quanto tempo è che ha lasciato questa cella?
Commissaire. Deux ans.
Commissario. Due anni.
Dantès. A-t-il été liberté ?
Dantès. E fu messo in libertà?
Commissaire. Non, il a été mis au cachot.
Commissario. No, fu messo nella segreta.
Dantès. Ecoutez, je ne suis pas un fou, ni le deviendrai. Je ne t’offrirai pas
un million, ma cent écus si vour pourtez un message à une fille qui s’appelle
Mercédès…
Dantès. Ascoltate, io non sono un pazzo, né lo diventerò. Non vi offrirò un
milione, ma cento scudi se porterete un messaggio ad una giovane che si
chiama Mercédès...
Commissaire. Et s’ils me découvrent ? Je serai un grand imbécile si de
perdre mil écus par an pour en gagner cent.
Commissario. E se mi scoprono? Sarei un grande imbecille se perdessi un
guadagno di mille scudi all’anno per guadagnarne cento.
Dantès. Ecoutez bien à présent ce que je vais vous dire : si vous refusez de
l’avertir, je vous casserai la tête avec ce tabouret.
Dantès. Ascoltate bene ora quel che vi dico: se rifiutate di avvertirla, vi
spaccherò la testa con questo sgabello.
Dantès il prend le tabouret dans la main.
Dantès prende in mano lo sgabello.
Commissaire. Nous sommes déjà aux menaces ! Ce scientifique-là a
commencé comme vous, et je vous assure, dans trois jours vous serez fou
comme lui. C’est bon, c’est bon, j’irai à parler avec le Gouverneur.
Commissario. Siamo già alle minacce! Quello scienziato ha cominciato come
voi, e vi assicuro che fra tre giorni voi sarete pazzo come lui. Sta bene, sta
bene, andrò a parlare con il Governatore.
Dantès. A la bonne heure !
Dantès. Alla buon’ora!
Dantès pose le tabouret, s’assis y dessus avec la tête baisse.
Le Commissaire sort et peu de minutes après il rentre avec deux soldats.
Dantès posa lo sgabello, si siede sopra con la testa bassa.
Il Commissario esce e dopo pochi minuti rientra con due soldati.
Commissaire. Par ordre du Gouverneur faites descendre le prisonnier à
l'étage au-dessous...
Commissario. Per ordine del Governatore fate discendere il prigioniero al
piano di sotto…
Un soldat. Dans le cachot donc ?
Un soldato. Nella segreta dunque?
Commissaire. Dans le cachot. Il faut mettre les fous avec les fous.
Commissario. Nella segreta. Bisogna mettere i pazzi coi pazzi.
Les soldats s’emparent de Dantès.
Dantès (murmurant). Il a raison, il faut mettre les fous avec les fous…
I soldati s’impadroniscono di Dantès.
Dantès (mormorando). Ha ragione, bisogna mettere i pazzi coi pazzi…
23
SCENE 2
SCENA 2
Trois mois après.
Mercédès, le procureur Villefort, Morrel.
Le procureur est assis à son bureau. Il entend frapper.
Dopo tre mesi.
Mercédès, il procuratore Villefort, Morrel.
Il procuratore è seduto alla sua scrivania. Sente bussare.
Villefort (entre lui-même). Qui est-ce qu’il y a encore ? (À la porte.) Entrez !
Villefort (tra se). Chi c’è ancora? (Alla porta.) Entrate!
Mercédès entre.
Entra Mercédès.
Mercédès. Je suis venue à vous demander où est mon fiancé Edmond
Dantès !
Mercédès. Sono venuta a chiedervi dov’è il mio fidanzato Edmond Dantès!
Villefort (brusquement). L’homme dont vous me parlez est un grand
coupable , je ne peux rien faire pour lui.
Villefort (bruscamente). L’uomo di cui mi parlate è un gran colpevole, io non
posso far niente per lui.
Mercédès (après une pause). Où est-il… je veux savoir s’il est vivant ou
meurt ?
Mercédès (dopo una pausa). Dov’è… voglio sapere se è vivo o morto?
Villefort. Io non lo so!
Villefort. Je ne le sais pas !
Mercédès. Mais qui le sait ? Je vous supplie, dites-le-moi !
Mercédès. Ma chi lo sa? Vi supplico, ditemelo!
Villefort. Ho detto tutto.
Villefort. J’ai tout dit.
Mercédès (désespérée, murmure). Rendez-moi mon fiancé ! Rendez-moi
mon fiancé !
Villefort se tourne vers la fenêtre, en lui donnant les épaules.
Mercédès rejoint la porte et sans rien dire elle se sauve.
On entende frapper à nouveau.
Villefort (en criant). Entrez ! Qu’est-ce que vous voulez encore, madame ?
Mercédès (disperata, mormora). Rendetemi il mio fidanzato! Rendetemi il
mio fidanzato!
Villefort si gira verso la finestra, dandole le spalle.
Mercédès raggiunge la porta e senza dire niente corre via.
Si sente di nuovo bussare.
Villefort (grida). Avanti! Cos’altro volete, signora?
Entra Morrel.
Morrel entre.
Villefort. Ah, Monsieur Morrel, je crois ?
Villefort. Ah, il signor Morrel, credo?
Morrel. Oui monsieur, en personne.
Morrel. Sì, signore, in persona.
24
Villefort. Approchez-vous, donc. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
Villefort. Avvicinatevi dunque. Cosa posso fare per voi?
Morrel. Monsieur, vous étiez au service de Louis XVIII, aujourd’hui vous
êtes au service de Napoléon. Les délits de hier, aujourd’hui sont des titres de
faveur.
Morrel. Signore, voi servivate Luigi Diciottesimo, oggi servite Napoleone. I
Villefort. Je ne comprends pas où vous voulez en venir.
delitti di ieri, oggi sono titoli di favore.
Villefort. Non capisco dove vuole arrivare.
Morrel. Edmond Dantès, monsieur, fut accusé il y a trois mois d’être en
relations avec l’Isle d’Elbe. Je suis venu demander ce qui l’attend ?
Morrel. Edmond Dantès, signore, è stato accusato tre mesi fa d’essere in
Villefort ouvre un gros registre et fait semblent de trouver les pages indiquées.
Villefort apre un grosso registro e finge di trovare le pagine indicate.
Villefort. Trouvé… ils l’ont transféré. Et un beau matin vous le verrez de
nouveau revenir a bord de votre navire.
Villefort. Trovato... Lo hanno trasferito. E una bella mattina lo rivedrete
Morrel. Mais c’est étrange qu’il ne soit pas encore revenu !
Villefort. L’ordre d’arrêt vient d’en haut ; l’ordre de la liberté aussi.
Morrel. Puis-je faire recours pour annuler l’ordre d’arrêt ?
relazioni con l’isola d’Elba. Sono venuto a chiedere che cosa lo aspetta?
tornare a bordo della vostra nave.
Morrel. Ma è strano che non sia ancora ritornato!
Villefort. L’ordine d’arresto viene dall’alto; pure l’ordine della libertà.
Morrel. Posso fare annullare l’ordine d’arresto?
Villefort. Je suis désolé, mais malheureusement il on ne trouve plus trace.
Villefort. Sono desolato, purtroppo non se ne trova più traccia.
Morrel. Puis-je vous demander de faire une réclamation au Ministère de la
Justice ?
Villefort. Bien. La réclamation partira aujourd’hui. Il ne nous reste plus que
l’attendre.
Morrel remercie le procureur et sort en souriant.
Le procureur met la lettre dans le registre et le ferme.
Villefort (entre lui-même). Louis XVIII remontera sur trône et je serai à ses
côté. Il n’y aura aucune réclamation. Dantès restera en prison à jamais.
Morrel. Posso chiedervi di fare un reclamo al Ministro della Giustizia?
Villefort. Bene. Il reclamo partirà oggi stesso. Non ci resta che aspettarlo.
Morrel ringrazia il procuratore ed esce sorridendo.
Il procuratore mette la lettera nel registro e lo chiude.
Villefort (tra sé). Luigi Diciottesimo rimonterà sul trono e sarò al suo fianco.
Non ci sarà alcun reclamo. Dantès rimarrà per sempre in prigione.
25
SCENE 3
SCENA 3
Mercédès, Morrel, Fernand.
Maison de Mercédès.
Mercédès est devant la fenêtre. Elle fixe l’horizon. Morrel arrive.
Mercédès, Morrel, Fernand.
Casa di Mercédès.
Mercédès è davanti alla finestra. Fissa l’orizzonte. Morrel arriva.
Morrel. Chère Mercédès, je suis désolé mais je dois vous dire que nous
avons perdu.
Morrel. Cara Mercédès, mi dispiace, ma devo dirvi che abbiamo perso.
Mercédès. Perso?
Mercédès. Perdu ?
Morrel. Malheureusement Louis XVIII est remonté sur le trône. Il n’y a pas
d’espérance pour Dantès.
Mercédès. Mais le procureur Villefort n’a pas dit que nous ne devions qu’attendre ?
Morrel. Maintenant, nous ne pouvons plus rien faire...
Mercédès (se tourne vers la fenêtre, comme avant, les larmes aux yeux). Moi
j’attendrai.
Morrel sort, sans mot dire. Fernand entre. Il voit Mercédès, se met à genou
et serre sa main, qu’elle ne pense pas à retirer, il la couvre des bisous, que
Mercédès ne sent pas.
Mercédès (en regardant devant elle). Edmond, Edmond.
SCENE 4
Cellule de Dantès.
Dantès, Faria.
Dantès dans sa cellule. Ses vêtements ne sont désormais plus que des chiffons.
Par une pierre il érafle le mur, qui est devenu un calendrier.
Dantès (entre lui-même). Quel jour somme nous ? Quelle année ? …Pourquoi
suis-je ici ? (Il crie.) Pourquoi… suis-je… ici ? Je suis innocent ! (Entre luimême.) Suis-je innocent ? (Il secoue la tête. Il crie à nouveau.) Emmenez-moi
ailleurs ! (Entre lui-même.) Même une place remplie par moitié d’eau serait
mieux que cet endroit-ci. (Il crie.) Eh, vous m’entendez ?
Morrel. Purtroppo Luigi Diciottesimo ha ripreso il trono. Non c’è speranza
per Dantès.
Mercédès. Ma il procuratore Villefort non ha detto che dobbiamo solo
aspettare?
Morrel. Ora non possiamo fare più nulla…
Mercédès (si gira verso la finestra, come prima, ma con le lacrime agli occhi).
Io aspetterò.
Morrel esce, senza dire una parola.
Entra Fernand. Vede Mercédès si mette in ginocchio e stringe la sua mano, che
non pensa a ritirarla, la copre di baci, che Mercédès non sente.
Mercédès (guardando davanti a se). Edmond, Edmond.
SCENA 4
Cella di Dantès.
Dantès, Faria.
Dantès nella sua cella. I suoi vestiti sono ormai ridotti a stracci.
Con un sasso graffia il muro, che è diventato un calendario.
Dantès (tra se). Che giorno è? Che anno è? …Perché sono qui! (Grida.)
Perché… sono… qui? Sono innocente! (Tra se.) Sono innocente? (Scuote la
testa. Grida di nuovo.) Portatemi altrove! (Tra sé.) Anche un posto riempito
a metà d’acqua sarà meglio che questo posto. (Grida.) Ehi, mi sentite?
26
On entend un bruit de pas. Dantès met l’oreille à la porte avec espérance, mais
il reconnait les pas et s’écarte de la petite fissure au-dessous de la porte.
Un plateau avec sa nourriture glisse à l'intérieur.
Dantès se plie des larmes et se met à genou.
Il s’étend. Silence. Dantès ne bouge pas. A l’improviste il entend un bruit qui
vient du mur. Dantès se lève. Il attache l’oreille au mur.
Si sente un rumore dei passi. Dantès mette l’orecchio alla porta con speranza,
ma riconosce i passi e si scosta dalla piccolo fessura sotto la porta.
Un vassoio con il cibo scivola dentro.
Dantès si piega dal pianto e si mette in ginocchio.
Si stende. Silenzio. Dantès non si muove. All’improvviso sente un rumore
provenire dal muro. Dantès si alza. Attacca l’orecchio al muro.
Dantès. Il y a quelqu’un ? Qui es-ce ? (Il prend le broc et commence à
creuser.) Mon Dieu, mon Dieu, parlez ! Ne me laissez pas mourir dans le
désespoir !
Dantès. C’è qualcuno? Chi è? (Prende la brocca e inizia a scavare.) Mio Dio,
mio Dio, parlate! Non mi lasciate morire nella disperazione!
Voix de Faria. Qui parle de Dieu et de désespoir au même temps ?
Voce di Faria. Chi parla di Dio e di disperazione nello stesso tempo?
Dantès. Ah, ne vous arrêtez pas de parler !
Dantès. Ah, non smettete di parlare!
Voix de Faria. Qui êtes-vous ?
Voce di Faria. Chi siete?
Dantès. Edmond Dantès.
Dantès. Edmond Dantès.
Voix de Faria. Votre profession ?
Voce di Faria. La vostra professione?
Dantès. Marin.
Dantès. Marinaio.
Voix de Faria. Ça fait combien de temps que vous êtes ici ?
Voce di Faria. Da quanto tempo siete qui?
Dantès. Je crois 5 ou 6 ans.
Dantès. Credo tra i 5 e 6 anni.
Voix de Faria. Votre délit ?
Dantès. Je ne sais pas. Pour une trahison, je présume, mais je suis innocent !
Voce di Faria. Il vostro delitto?
Dantès. Non lo so. Per un tradimento, presumo, ma io sono innocente!
Voix de Faria. Dites-moi à quelle hauteur se trouve le creusement que vous
faites.
Voce di Faria. Ditemi a quale altezza si trova lo scavo che state facendo.
Dantès. À ras de terre.
Dantès. Rasente terra.
Voix de Faria. Sur quoi donne votre cellule ?
Voce di Faria. Su cosa dà la vostra cella?
Dantès. Sur un couloir et puis… une cour.
Dantès. Su di un corridoio e poi... un cortile.
27
Voix de Faria. Hélas !
Voce di Faria. Ahimè!
Dantès. Oh mon Dieu qu’est-ce que vous avez ?
Dantès. Oh, mio Dio che cosa avete?
Voix de Faria. Il y a que je me suis trompé dans mes calculs. Je devais sortir
du coté de la mer.
Voce di Faria. C’è che ho sbagliato i calcoli. Dovevo uscire dalle parti del mare.
Dantès (étonné). À la mer ? Et si vous aviez réussi ?
Voix de Faria. Je me serai sauvé à la nage… jusqu’aux îles voisines. Aidezmoi à creuser, et je vous rejoins.
Dantès creuse. Après peu de temps, Faria sort avec beaucoup d’agilité.
Ils s’embrassent. Faria va à la fenêtre. Il regarde au dehors.
Faria. Il est impossible de fuir de cette prison. Votre cellule donne sur une
galerie, où passent les patrouilles.
Dantès. Et donc ?
Faria. A malheur.
Dantès (stupito). Il mare? E se foste riuscito?
Voce di Faria. Mi sarei salvato a nuoto… fino alle isole vicine. Aiutatemi a
scavare e vi raggiungo.
Dantès scava. Dopo poco Faria esce con molta agilità.
Si abbracciano. Faria va alla finestra. Guarda fuori.
Faria. É impossibile fuggire da questo carcere. La vostra cella dà sopra una
galleria, dove passano le pattuglie.
Dantès. Allora?
Faria. Alla malora.
Dantès. Pourquoi vous décourager ? Nous pouvons réussir. Cette fois, vous
prendrez mieux vos mesures et nous sortirons dans la galerie, tueront la
sentinelle, et nous partirons.
Dantès. Perché scoraggiarvi? Possiamo farcela. Questa volta voi prenderete
meglio le vostre misure e noi usciremo nella galleria, uccideremo la
sentinella, e ce ne andremo.
Faria. J’ai pu percer un mur, mais je ne pourrais pas transpercer une
poitrine, ni éteindre une existence.
Faria. Ho potuto traforare un muro, ma non potrei trafiggere un petto, né
estinguere un’esistenza.
Dantès. Moi non plus. Mais seulement s’il sera nécessaire.
Dantès. Neanch’io. Ma solo se sarà necessario.
Faria. Je voudrais sortir d’ici innocent, autrement rien n’aurait plus de sens
pour moi.
Faria. Vorrei uscite da qui innocente, altrimenti nulla avrebbe più senso per
me.
Dantès. Alors cette nuit nous creuserons ensemble ?
Dantès. Allora questa notte scaveremo insieme?
Faria. Nous creuserons ensemble.
Faria. Scaveremo insieme.
Dantès. Maintenant voulez-vous me dire qui vous êtes ?
Dantès. Ora volete dirmi chi siete?
28
Faria. Moi je suis l’abbé Faria. Je suis né à Rome. Je suis un homme de
science et un philosophe.
Faria. Io sono l’abate Faria. Sono nato a Roma. Sono uno scienziato e
filosofo.
Dantès (émerveillé). Mais vous êtes ce… malade-là donc ?
Dantès (meravigliato). Ma allora siete quel… malato?
Faria. Malade ? Fou, vous voudrez dire, que comme tel je suis retenu ici…
Faria. Malato? Pazzo vorrete dire, che come tale son tenuto qui...
Dantès. Comment avez-vous fait pour résister toutes ces années-là sans
devenir fou?
Dantès. Non osavo dirlo. Come avete fatto a resistere tutti questi anni senza
impazzire?
Faria. À part creuser, j’étudiait ou écrivais.
Faria. Oltre a scavare, studiavo o scrivevo.
Dantès. Vous écriviez ? Ici le fou c’est moi qui passait les jours à arpenter
dans la cellule… et avec quoi écriviez vous ?
Dantès. Scrivevate? Qui il pazzo sono io che passavo le giornate a circolare
per la cella… e con che cosa?
Faria. Les plumes ne sont que des arêtes de poissons, que quelques fois ils
nous donnent, les jours maigres. J’en ai faite une belle provision !
Faria. Le penne non sono altro che lische di pesci che qualche volta ci danno
nei giorni di magro. Ne ho fatta una bella provvista!
Dantès. Extraordinaire ! …Et l’encre ?
Dantès. Straordinario! …E l’inchiostro?
Faria. J’ai une vieille cheminée dans ma cellule. J’ai fait liquéfier la suie dans
ce peu de vin qu’ils nous donnent le dimanche.
Faria. Ho un vecchio caminetto nella cella. Ho fatto sciogliere la fuliggine in
quel poco di vino che ci danno la domenica.
Dantès. Ne me dite pas que vous avez inventé aussi le papier ?
Dantès. Non mi direte che avete inventato anche la carta?
Faria. Bien sur… pour le faire j’ai utilisé la toile de mes chemises.
Faria. Certamente… per farla ho usato la tela delle mie camicie.
Dantès regarde sa chemise et puis il regarde Faria.
Dantès guarda la sua camicia e poi guarda Faria.
Dantès. Quand est-ce que je peux voir tout ça ?
Dantès. Quando posso vedere tutto questo?
Faria. A présent !
Faria. Adesso!
Faria allume une espèce de lanterne.
Faria accende una specie di lanterna.
Dantès. Où l’avez-vous prise ?
Dantès. Dove l’avete presa?
Faria (il sourit). Vous aussi vous apprendrez à le faire. Suivez-moi.
Faria (sorride). Imparerete a farlo anche voi. Seguitemi.
Dantès et Faria disparaissent.
Dantès e Faria spariscono.
29
SCENE 5
SCENA 5
Les mêmes.
La cellule de Faria.
Gli stessi.
La cella di Faria.
Dantès (il baisse la tête). Voilà l’histoire de ma vie…
Dantès (abbassa la testa). Ecco la storia della mia vita…
Faria. Si vous voulez découvrir le coupable, pensez à qui votre disparition
pouvait être utile !
Faria. Se volete scoprire il colpevole, pensate a chi la vostra sparizione
poteva essere utile!
Dantès. A personne, mon Dieu !
Dantès. A nessuno, mio Dio!
Faria. Allons ! Réfléchissez, Dantès. Vous alliez être nommé capitaine du
« Pharaon ».
Faria. Ma su! Riflettete, Dantès. Stavate per essere nominato capitano del
“Faraone”.
Dantès. Oui…
Dantès. Sì…
Faria. Qui d’autre pouvait être nommé capitaine ?
Faria. Chi altro poteva essere nominato capitano?
Dantès. Danglars, le comptable.
Dantès. Danglars, il contabile.
Faria. Connait-il le document ?
Faria. Lui sa del documento?
Dantès. Oui.
Dantès. Sì.
Faria. Allons donc ! Nous sommes sur la bonne voie ! Maintenant répondez,
quelqu’un avait-il intérêt à ce que vous n’épousiez pas Mercédès ?
Faria. Dai! Siamo sulla buona strada! Adesso rispondete, qualcuno aveva
interesse a che non sposaste Mercédès?
Dantès. Oh, oui ! Fernand, son cousin.
Dantès. Oh sì! Fernand, suo cugino.
Faria. Danglars. Fernand. Continuons. Se connaissaient-ils ?
Faria. Danglars, Fernand. Andiamo avanti. Si conoscevano?
Dantès. Non, oui, je me rappelle… Je les ai vus ensemble ce jour-là. Fernand,
Danglars et Caderousse aussi était là… Attendez. Attendez, j’était assis à
une table et je me souviens qu’il y avait dessus un encrier, du papier, des
plumes. Oh ! Les infâmes ! Les infâmes !
Dantès. No, sì, mi ricordo… li ho visti insieme quel giorno. Fernand,
Danglars e c’era anche Caderousse… Aspettate. Aspettate, erano seduti a
un tavolo e ricordo che sopra c’erano un calamaio, dei fogli di carta, delle
penne. Oh! Gli infami! Gli infami!
Faria. Et maintenant la chose la plus importante… qui vous a interrogé ?
Faria. E adesso la cosà più importante… chi vi ha interrogato?
30
Dantès. Le procureur du roi, monsieur Villefort. Il a arraché le document
dont j’étais le messager.
Dantès. Il procuratore del re, il signor Villefort. Ha strappato il documento
di cui ero il messaggero.
Faria. À qui cette lettre était-elle adressée ?
Faria. A chi era indirizzata questa lettera?
Dantès. Monsieur Noirtier, à Paris.
Dantès. Signor Noirtier, a Parigi.
Faria. Noirtier ? Noirtier ? Pauvre aveugle que vous êtes, savez-vous qui était ce
Noirtier ? Ce Noirtier, c’était le père de Villefort, un partisan de Bonaparte !
Faria. Noirtier? Noirtier? Povero cieco che siete, sapete chi era questo
Noirtier? Questo Noirtier, era il padre di Villefort, un seguace di Bonaparte!
Dantès. Le père de Villefort ?
Dantès. Il padre di Villefort?
Faria. Certainement ! Toujours en conflit avec son fils royaliste ! Tout est
clair : le fils a arraché la lettre pour mieux servir le roi ! Pensez, Dantès ! Un
père bonapartiste !
Faria. Certo! Sempre in conflitto con il figlio monarchico! Tutto è chiaro: il
figlio ha strappato la lettera per servire meglio il re! Pensate, Dantès! Un
padre bonapartista!
Dantès. Les infâmes ! Danglars, Fernand, Caderousse, et Villefort.
Dantès. Gli infami! Danglars, Fernand, Caderousse e Villefort.
Faria. Je suis fâché de vous avoir dit ce que je vous ai dit.
Faria. Sono arrabbiato di avervi detto quello che vi ho detto.
Dantès. Pourquoi cela ?
Dantès. Perché mai?
Faria. Parce que vous êtes désormais animé d’un sentiment jusqu’alors
éstranger. La vengeance.
Faria. Perché siete ormai animato da un sentimento estraneo fino ad ora. La
vendetta.
Dantès. Bien sûr, la vengeance !
Dantès. Già, la vendetta!
Faria. Edmond, vous êtes trop pur et trop aveugle pour prendre en
considération une chose pareille. Il vous faut nourrir votre esprit. Placez-le
au-dessus de tous. Votre force est dans votre âme, votre patience et votre
intelligence et non dans votre colère, non dans votre souffrance.
Faria. Edmond, siete troppo puro e troppo cieco per prendere in
considerazione una tale cosa. Dovete nutrire il vostro spirito. Metterlo al
di sopra di tutti. La vostra forza è nella vostra anima, la vostra pazienza e la
vostra intelligenza, e non la vostra collera, non la vostra sofferenza.
Dantès. Aidez-moi.
Dantès. Aiutatemi.
Faria. Comment ?
Faria. Come?
Dantès. Apprenez-moi ce que vous savez.
Dantès. Insegnatemi quello che sapete.
Faria. Tout ?
Faria. Tutto?
Dantès. Tout.
Dantès. Tutto.
31
SCENE 6
SCENA 6
Cellule de Faria.
Faria, Dantès.
8 ans sont passés.
Faria et Dantès creusent et à l’improviste ils s’arrêtent et se regardent.
Cella di Faria.
Faria, Dantès.
Sono passati 8 anni.
Faria e Dantès scavano e all’improvviso si fermano e si guardano.
Faria. Nous avons terminé.
Faria. Abbiamo finito.
Dantès. Cette nuit nous sortirons d’ici. Nous avons creusé pendant huit ans.
Dantès. Stanotte usciremo da qui. Abbiamo scavato per otto anni.
Faria. Je t’ai appris pendant huit ans les sciences, les mathématiques, la
philosophie, l’histoire, et les langues.
Faria. Ti ho insegnato per otto anni le scienze, le matematiche, la filosofia, la
storia, e le lingue.
Dantès. Dans le noir d’une cellule j’ai connu le monde mieux que quand
j’étais libre. (Il prononce très lentement.) L-i-b-r-e ! (À Faria.) Merci.
Dantès. Nel buio di una cella ho conosciuto il mondo meglio di quando ero
libero. (Pronuncia molto lentamente.) Li-be-ro! (A Faria.) Grazie.
Faria. Merci…
Faria tombe et perd connaissance. Dantès chercher à l’aider. Il le secoue
désespérément. Faria ouvre les yeux, mais il est en grand état de souffrance.
Dantès. Oh mon Dieu ! Qu’y a-il, qu’avez-vous ?
Faria. Grazie…
Faria cade e perde i sensi. Dantès cerca di aiutarlo. Lo scuote disperatamente.
Faria apre gli occhi, ma è in un grande stato di sofferenza.
Dantès. Oh mio Dio! Cosa c’è, cosa avete?
Faria. Vite ! Vite ! Ecoutez-moi… Je suis en train de mourir,
malheureusement. Comme vous savez, celle-ci n’est pas ma première
attaque. La prochaine sera la dernière... Croyez-moi. Edmond, vous êtes
l’homme le meilleur que j’ai connu… (Il donne un papier à Dantès.) Ce
papier vous conduira à mon trésor.
Faria. Presto! Presto! Ascoltatemi… Sto morendo, purtroppo. Come sapete,
questo non è il primo attacco. Il prossimo sarà l’ultimo… Credetemi.
Edmond, voi siete il miglior uomo che abbia conosciuto… (Dà a Dantès una
carta.) Questa carta vi condurrà al mio tesoro.
Dantès. Mon ami, ne vous fatiguez pas à parler.
Dantès. Amico mio, non affaticatevi a parlare.
Faria. Je dois ! Il n’y a plus de temps… Ce trésor est enfoui dans les grottes
de la petite île de Monte-Cristo, au large de la Toscane.. Le vingtième rocher.
Le trésor est dans le coin le plus éloigné de la grotte. Plus de treize millions
de fortune… Tout cela est à vous, Edmond...
Faria. Devo! Non c’è più tempo… Questo tesoro è sepolto nelle grotte della
piccola isola di Montecristo, al largo della Toscana... La ventesima roccia.
Il tesoro è nell’angolo più lontano della grotta. Più di tredici milioni di
fortuna… Tutto questo è vostro, Edmond…
Dantès. Impossible !
Dantès. Impossibile!
32
Faria. Impossible ! Et pourquoi ? Songez à ce que vous pourriez faire avec
cet argent ! Vous êtes mon fils, Dantès, et je sais que vous en ferez bon
usage… Je vais mourir… Ecoutez-moi bien : la mer est le cimetière du
château d’If. Quand je serai mort, on mettra mon corps dans un sac, que l’on
jettera à la mer... Prenez ma place, vous entendez Edmond, déplacez-moi
dans votre cellule et vous prenez ma place, vous serez libre... Adieu...
Faria. Impossibile! E perché? Pensate a quello che potreste fare con
quel denaro! Siete mio figlio, Dantès, e so che ne farete buon uso… Sto
morendo… Ascoltatemi bene: il mare è il cimitero del castello d’If. Quando
sarò morto, metteranno il mio corpo in un sacco, e butteranno il sacco nel
mare… Prendete il mio posto, capite Edmond, spostatemi nella vostra cella
e voi prendete il mio posto e sarete libero… Addio…
Faria meurt dans les bras de Dantès. Noir.
Faria muore tra le braccia di Dantès. Buio.
Voix du premier détenu. Le fou est mort !
Voce del primo carcerato. Il pazzo è morto!
Voix du deuxième détenu. Mettons-le dans le sac et dans une heure nous le
jetons à la mer.
Voce del secondo carcerato. Mettiamolo nel sacco e tra un’ora lo buttiamo
nel mare.
Bruit de la mer.
Rumore del mare.
SCENE 7
SCENA 7
Ile de Monte-Cristo.
Dantès seul.
Lumière du jour. Bruit des vagues qui se cassent contre les rochers.
Dantès assis sur une roche. A côté de lui il y a une caisse pleine de trésor.
Isola di Montecristo.
Dantès da solo.
Luce del giorno. Rumore delle onde che si spaccano contro gli scogli.
Dantès seduto su una roccia. Vicino a lui c’è una cassa piena di tesoro.
Dantès. Monte-Cristo. Comte de Monte-Cristo ! L’heure de la vengeance a
sonné !
Dantès. Montecristo. Conte di Montecristo! È suonata l’ora della vendetta!
33
TROISIEME PARTIE
TERZA PARTE
SCENE 1
SCENA 1
Caderousse, l’abbé Busoni (Edmond Dantès).
Auberge de Caderousse.
Caderousse, l’abate Busoni (Edmond Dantès).
Locanda di Caderousse.
Dantès. Etes-vous monsieur Caderousse ?
Dantès. Siete il signor Caderousse?
Caderousse. Gaspard Caderousse, à votre service.
Caderousse. Gaspard Caderousse, per servirvi.
Dantès. Vous demeuriez à Marseille autrefois ?
Dantès. Dimoravate a Marsiglia un tempo?
Caderousse. C’est vrai. Je vous en prie, monsieur : un peu de vin, du fromage.
Caderousse. E’ vero. Prego, signore: un po’ di vino, formaggio.
Dantès. Je ne suis pas venu ici pour ça. Dites-moi, monsieur Caderousse,
avez-vous connu un marin qui s’appelait Dantès ?
Dantès. Non sono venuto qua per questo. Ditemi, signor Caderousse, avete
conosciuto un marinaio che si chiamava Dantès?
Caderousse. Dantès ! ...Si je l’ai connu, ce pauvre Edmond ! Je le crois bien !
C’était même un de mes meilleurs amis ! Je ne le vois plus depuis longtemps.
Caderousse. Dantès! …Se l’ho conosciuto, quel povero Edmond! Lo credo
bene! Era anche uno dei miei migliori amici! Non lo vedo più da tanto
tempo.
Dantès. Et vous ne le verrez pas, car il est mort prisonnier, désespéré et
misérable. J’ai recueilli sa dernière confession.
Dantès. E non lo vedrete, perché è morto prigioniero, disperato e miserabile.
Ho raccolto la sua ultima confessione.
Caderousse. Je ne pense pas qu’ Edmond du avait grand chose à confesser.
Pour moi il était la personne la plus honnête du monde.
Caderousse. Non penso che Edmond avesse un gran che da confessare. Per
me era la persona più onesta del mondo.
Dantès. Je vois que vous l’aimiez, mais Edmond aussi vous aimait. En effet,
il me supplia avant de mourir de retrouver les seuls amis qu’il a eu. Il ne les
a jamais oubliés : Fernand Mondego, Eugène de Danglars, vous, le père de
Dantès et sa fiancée. Il m’a donné un diamant, dont je ne peux pas révéler
la provenance, mais il m’a demandé de le vendre et de partager la somme en
cinq parties. Ce diamant est estimé à cinquante mille francs.
Dantès. Vedo che lo amavate, ma anche Edmond vi amava. Infatti, mi
supplicò prima di morire di ritrovare gli unici amici che ha avuto. Non li ha
mai dimenticati: Fernand Mondego, Eugène de Danglars, voi, il padre di
Dantès e la sua fidanzata. Mi ha dato un diamante, la provenienza del quale
non ve la posso rivelare, ma mi ha chiesto di venderlo e dividere la somma in
cinque parti. Questo diamante è stimato cinquantamila franchi.
Caderousse. Cinquante mille francs !
Caderousse. Cinquantamila franchi!
Dantès. À vous, la cinquième partie.
Dantès. Vi spetta la quinta parte.
Caderousse. Mais réfléchissons, avant de faire le partage.
Caderousse. Certamente. Ma riflettiamoci, prima di fare la spartizione.
34
Dantès. Pourquoi ?
Dantès. Perché?
Caderousse. Parce que c’est à cause de Fernand Mondego et d’Eugène de
Danglars que Dantès a été arrêté. Ils l’ont envoyé à la prison par une lettre
anonyme !
Caderousse. Perché è a causa di Fernand Mondego e Eugène de Danglars
che Dantès è stato arrestato. L’hanno mandato in prigione con una lettera
anonima!
Dantès. Ah, je vois que vous connaissez bien les faits. Qu’est-ce que c’est,
vous étiez le témoin… ou le complice ?
Dantès. Ah, vedo che conoscete bene i fatti. Cos’è, eravate il testimone… o
il complice?
Caderousse. Monsieur, ce jour-là j’étais complètement ivre. J’ai vu que la
lettre avait été écrite et jetée à terre par Danglars. Puis Fernand l’a ramassé.
Caderousse. Signore, quel giorno ero completamente ubriaco. Ho visto
che la lettera è stata scritta e buttata a terra da Danglars. Poi Fernand l’ha
raccolta.
Dantès (cherche à garder son calme). Pourquoi n’avoir rien dir ?
Caderousse. Danglars m’a dit que Dantès était un bonapartiste… Savez les
temps qui couraient. Voyez vous-même, je suis un pauvre diable.
Dantès. Je comprends. Et eux ?
Caderousse. Croyez le pauvre Caderousse. Dans ce monde il n’y a pas de
justice. Danglars tout de suite après l’arrestation de Dantès, s’est enrichi.
Maintenant il est banquier à Paris et il a acheté le titre de baron.
Dantès (cerca di mantenere la calma). Perché non avete detto niente?
Caderousse. Danglars mi ha detto che Dantès era un bonapartista… Sapete
che tempi correvano. Vedete anche voi, sono un poveraccio.
Dantès. Capisco. E loro?
Caderousse. Credete al povero Caderousse. In questo mondo non c’è
giustizia. Darglas, subito dopo l’arresto di Dantès, si è arricchito. Ora è un
banchiere a Parigi e ha comprato il titolo di barone.
Dantès. Baron, lui ?
Dantès. Barone, lui?
Caderousse. Fernand, quant à lui, s’est enrôlé dans l’armée qui s’était
établie en Grèce aux ordres d’Ali-Pacha. Là-bas il a été nommé général et
récompensé par une considérable somme d’argent. Maintenant lui aussi il vit
à Paris et il a un titre de noblesse. On l’appelle Comte de Morcerf. Monsieur,
comme vous voyez, ils ne sont pas amis de Dantès.
Caderousse. Fernand, per quel che lo riguarda, si è arruolato nell’armata che
stanziava in Grecia i comandi di Ali- Pacha. Lì è stato promosso generale e
fu ricompensato con una somma considerevole di denaro. Ora anche lui vive
a Parigi e ha un titolo di nobiltà. Lo chiamano conte di Morcerf. Signore,
come vedete, loro non sono amici di Dantès.
Dantès (il se lève la sueur de la front). Donc je partagerai l’argent en trois.
Dantès (si toglie il sudore dalla fronte). Allora dividerò il denaro in tre parti.
Caderousse. Attendez, monsieur.
Caderousse. Aspettate, signore.
Dantès. Pourquoi ?
Dantès. Perché?
35
Caderousse. Quand Dantès a été arrêté, son père est mort de chagrin. Le
cœur s’est arrêté.
Caderousse. Quando è stato arrestato Dantès, il padre è morto di dolore. Il
cuore si è fermato.
Dantès (il se lève brusquement, tout tremblant, il cherche à se calmer). Quelle
injustice ! Le père de Dantès est… mort.
Dantès (si alza di scatto, tutto tremante cerca di calmarsi). Che ingiustizia. Il
padre di Dantès è… morto.
Caderousse. Mercédès, ainsi s’appelait la fiancée de Dantès, avec monsieur
Morrel ont cherché Dantès partout. Ils sont allés jusqu’au procureur
Villefort, mais tout en vain. Donc, après des mois et des mois de larmes,
Mercédès a tenté de se suicider. Mais Fernand est resté tout près d'elle en
la consolant et elle, par gratitude, six mois après, l’a épousé, ignorant sa
trahison.
Caderousse. Mercédès, così si chiamava la fidanzata di Dantès, insieme
al signor Morrel hanno cercato Dantès ovunque. Sono andati fino al
procuratore Villefort, ma invano. Allora, dopo mesi e mesi di pianto
Mercédès ha tentato il suicidio. Ma Fernand le è stato vicino consolandola
ed ella per gratitudine, dopo sei mesi, l’ha sposato, ignara del suo tradimento.
Dantès. Elle s’est donc marié avec Fernand après seulement 18
mois. « Fragilité, ton nom est femme !».
Caderousse. Maintenant, comme vous pouvez comprendre, elle est une des
plus grandes dames de Paris. Elle a un fils qui s’appelle Albert.
Dantès. Le destin !
Caderousse. Mercédès est riche, et cependant…
Dantès. Dunque è sposata con Fernand dopo solo 18 mesi. “Fragilità, il tuo
nome è donna!”.
Caderousse. Adesso, come può capire, è una delle più grandi dame di Parigi.
Ha un figlio che si chiama Albert.
Dantès. Il destino!
Caderousse. Mercédès è ricca, e tuttavia…
Dantès. Cependant quoi ?
Dantès. Tuttavia cosa?
Caderousse. Je pense qu’elle n’est pas heureuse. Sa seule joie sur cette terre
est son fils, Albert de Morcerf. Dantès n’a jamais quitté son cœur, croyezmoi. Pauvre femme !
Caderousse. Non penso che sia felice. La sua unica gioia su questa terra
è suo figlio, Albert de Morcerf. Dantès non ha mai lasciato il suo cuore,
credetemi. Povera donna!
Dantès. Et Morrel. Quel a été son destin ?
Dantès. Morrel, invece. Che ne è stato di lui?
Caderousse. Morrel est ruiné de fond en comble. Il a perdu cinq vaisseaux,
il est en banqueroute et il lui est resté une seul espérance, le « Pharaon »,
le navire commandé par Dantès. Mais si ce navire se perd avec la cargaison
comme les autres, Morrel est perdu à jamais.
Caderousse. Morrel è rovinato da cima a fondo. Ha perduto cinque vascelli,
è in bancarotta e gli è rimasta una sola speranza, il “Faraone”, la nave
comandata da Dantès. Ma se questa nave si perderà con il suo carico come
le altre, Morrel è perso per sempre.
Dantès. Il a une famille ?
Dantès. Ha una famiglia?
Caderousse. Il a perdu sa femme, il ne lui reste qu’une fille, Julie.
Caderousse. Ha perso la moglie, gli rimane una figlia, Julie.
36
Dantès. Destin ! Destin ! Je vois que Edmond n’avait d’autre ami que vous.
Dantès. Destino! Destino! Vedo che Edmond non aveva altro amico che voi.
Dantès donne le diamant à Caderousse.
Dantès dà a Caderousse il diamante.
Caderousse (les yeux lui brillent). Oh monsieur, je remercierai Dieu chaque
moment de la vie qui me reste.
Caderousse (gli occhi gli brillano). Oh, signore, ringrazierò Dio ogni
momento della vita che mi rimane.
Dantès. Dites-moi seulement une dernière chose.
Dantès. Ditemi solo un’ultima cosa.
Caderousse. N’importe quoi.
Caderousse. Qualsiasi cosa.
Dantès. Vous savez quelques choses de monsieur Villefort ?
Dantès. Sapete qualcosa del signor Villefort?
Caderousse. …C’est un homme terrible et à craindre, monsieur l’abbé,
croyez-moi. Il est à Paris. On raconte que… (il s’approche de Dantès.) On dit
qu’il a eu un enfant illégitime. De Villefort a enterré le nouveau-né vivant,
dans le jardin de sa maison à Auteuil. Mais le matin, la petite tombe était
ouverte : l’enfant avait disparu. Depuis ce jour-là, Villefort ne dort plus et a
quitté cette maison-là à jamais.
Caderousse. …È un uomo terribile e temuto, signor abate, credetemi. È a
Parigi. Si racconta che… (si avvicina a Dantès.) Si dice che abbia avuto un
figlio illegittimo. Villefort ha sotterrato il neonato vivo, nel giardino della sua
casa a Auteuil. Ma al mattino, la piccola tomba era aperta: il bambino era
sparito. Da quel giorno, Villefort non dorme più e ha lasciato quella casa per
sempre.
Dantès. Bien sûr. Un enfant abandonné. Ah ! Destin ! Destin ! Maintenant,
il vaut mieux que je m’en aille. Adieu Caderousse.
Dantès. Certo. Un bambino abbandonato. Ah! Destino! Destino! Ora è
meglio che vada. Addio Caderousse.
Dantès sort. Caderousse regarde le diamant et il lui donne un bisou.
Il prend le couteau et sort excité.
Dantès esce. Caderousse guarda il diamante e lo bacia.
Prende il coltello ed esce eccitato.
SCENE 2
SCENA 2
Morrel, Dantès. Port de Marseille.
Monsieur Morrel.
Il est désespéré ; il attend le retour d’un navire.
Morrel, Dantès. Porto di Marsiglia.
Il signor Morrel.
È disperato; aspetta il ritorno di una nave.
Morrel. Ce retard n’est pas naturel ; le « Pharaon » est parti de Calcutta le
5 février ; il devrait être ici depuis plus d’un mois. Je crains une mauvaise
nouvelle, que le « Pharaon » soit coulé. Je suis perdu. Complètement perdu.
Morrel. Questo ritardo non è naturale; il “Faraone” è partito da Calcutta il
5 febbraio; da più di un mese dovrebbe essere qui. Temo una cattiva notizia,
che il “Faraone” sia affondato. Sono perso. Completamente perso.
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Dantès, habillé à l’orientale, une barbe noire, s’approche du père.
Dantès, vestito all’orientale, una barba nera, si avvicina a lui.
Dantès. Monsieur Morrel ?
Dantès. Signor Morrel?
Morrel. Monsieur ?
Morrel. Signore?
Dantès. Voilà un message pour vous.
Dantès. Ecco un messaggio per voi.
Morrel. Un message ?
Morrel. Un messaggio?
Dantès. De la part d’un homme que j’ai connu lors d’un de mes nombreux
voyages, un homme qui vous en tenait en haut estime, qui vous aimait
comme son propre père.
Morrel. Qui est cet homme ?
Dantès. Da parte di un uomo che ho conosciuto nel corso di uno dei miei
numerosi viaggi, un uomo che vi teneva in gran considerazione e che vi
amava come un padre.
Morrel. Chi è quest’uomo?
Dantès. J’ignore son nom, monsieur Morrel. Mais je puis vous dire que cet
homme est mort et il m’a laissé pour vous et votre fille ces diamants. Les
voici.
Dantès. Ignoro il suo nome, signor Morrel. Ma posso dirvi che quest’uomo è
morto e mi ha lasciato per voi e vostra figlia questi diamanti. Eccoli.
Morrel. Je ne puis pas accepter.
Morrel. Non posso accettare.
Dantès. Vous le devez, monsieur. Cet homme y tenait beaucoup. Et je puis
vous dire aussi que le « Pharaon » n’a pas coulé, monsieur, il entre en ce
moment même dans le port de Marseille.
Dantès. Dovete, signore. Quest’uomo ci teneva molto. E posso dirvi anche
che il “Faraone” non è affondato, signore, entra in questo momento nel
porto di Marsiglia.
Morrel. Etes-vous sur ?
Morrel. Siete sicuro?
Dantès. À son bord, vous trouverez une cargaison d’une valeur de trois cent
mille francs de bénéfices.
Dantès. A bordo, troverete un carico del valore di trecentomila franchi di
benefici.
Morrel. C’est un miracle !
Morrel. E’ un miracolo.
Dantès. Ce n’est pas un miracle, c’est la volonté de Dieu, c’est la volonté
d’un homme. Adieu monsieur Morrel; soyez heureux.
Dantès. Non è un miracolo, è la volontà di Dio, è la volontà di un uomo.
Addio signor Morrel; siate felice.
Morrel s’approche et embrasse Dantès. Il le regarde au visage.
Morrel si avvicina e abbraccia Dantès. Lo guarda in faccia.
Morrel. Votre visage m’est familier. Puis-je savoir votre nom ?
Dantès s’arrête pour un instant, comme s’il voulait dire la vérité, mais puis il
baisse la tête.
Morrel. Il vostro viso mi è famigliare. Posso sapere il vostro nome?
Dantès si ferma per un attimo, come se volesse dire la verità, ma poi abbassa
la testa.
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Dantès. Je suis Simbad, le marin.
Dantès. Sono Simbad, il marinaio.
Morrel. Je suis votre débiteur à jamais.
Morrel. Sono vostro debitore per sempre.
Dantès (il oublie d’utiliser l’accent). Pas du tout. Vous avez un cœur noble
et vous avez été récompensé par l’un des mes amis à moi qui s’est acquitté
envers vous pour tout le bien que vous lui avait fait.
Dantès (dimentica di usare l’accento). Niente affatto. Voi avete un nobile
cuore e siete stato ricompensato da un mio amico che si è sdebitato con voi
per tutto il bene che gli avete fatto. Addio.
Il sort avec un sourire de joie et bonheur.
Esce con un sorriso di gioia e di felicità.
Morrel (entre lui-même). Ce regard, cette voix. Oh Dieu ! Serait-il possible ?
Oui. Dantès. Edmond Dantès. Sois heureux, mon fils.
Morrel (tra sé). Questo sguardo, questa voce. Oh Dio! Può essere possibile?
Sì. Dantès. Edmond Dantès. Sii felice, figlio mio.
SCENE 3
SCENA 3
Dantès seul sur des rochers.
Dantès solo su una scogliera.
Dantès. Maintenant, adieu bonté, adieu humanité, adieu reconnaissance…
à tous ces sentiments qui attendrissent le cœur ! Le moment de punir les
méchants est arrivé ! C’est l’heure d’agir. La stupidité et l’indolence de
Caderousse ont pris le dessus. Comme je l’avais imaginé, l’aubergiste a
vendu son diamant pour quarante mille francs, puis il a assassiné le bijoutier
pour le reprendre. En prison il a été poignardé par un prisonnier nommé
Peppino pour un morceau de pain. Et de un ! Mais cette histoire n’est pas
encore terminée. Le destin va suivre son cours.
Dantès. Ora, addio bontà, addio umanità, addio riconoscenza... a tutti quei
sentimenti che inteneriscono il cuore! È arrivato il momento di punire
i cattivi! È ora di agire. La stupidità e l’indolenza di Calderousse hanno
preso il sopravvento. Come avevo immaginato, il locandiere ha venduto
il suo diamante per quarantamila franchi, poi ha assassinato il gioielliere
per riprenderselo. In galera è stato pugnalato da un prigioniero, chiamato
Peppino, per un pezzo di pane. E uno! Ma questa storia non è ancora finita.
Il destino sta seguendo il suo corso.
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QUATRIEME PARTIE
QUARTA PARTE
SCENE 1
SCENA 1
Albert, Mercédès.
Salon de la maison du Comte de Morcerf (Fernand).
Mercédès regarde par la fenêtre. Elle est mélancolique. Elle est habillé d’une
robe de valeur, mais sombre. Albert, un jeune de dix-neuf ans, entre dans le
salon en courant vers la mère.
Albert, Mercédès.
Salotto presso la casa il Conte di Morcerf (Fernand).
Mercédès guarda alla finestra. È malinconica. Veste un abito pregiato ma
scuro. Albert, un giovane di diciannove anni, entra nel salotto correndo verso
la madre.
Albert. Ma mère, ma mère, je suis de retour.
Albert. Madre, madre, sono tornato.
Mercédès (elle se tourne contente vers le fils). Comment c’est passé ton
voyage à Rome ?
Mercédès (si gira contenta verso il figlio). Com’è andato il viaggio a Roma?
Albert. Magnifique ! Les brigands italiens m’ont enlevé…
Albert. Magnifico! Mi hanno rapito i briganti italiani…
Mercédès (angoissé). Enlevé ? Qu’est-ce que tu es en train de dire ?
Mercédès (angosciata). Rapito? Cosa stai dicendo?
Albert. Pas d’inquietude. Je suis sain et sauf, comme vous voyez.
Albert. Non vi preoccupate. Sono sano e salvo, come vedete.
Mère et fils s’assoient sur le divan.
Madre e figlio si siedono sul divano.
Albert. Luigi Vampa, le chef des brigands, est un homme épouvantable…
Albert. Luigi Vampa, il capo dei briganti, è un uomo spaventoso...
Mercédès. Ton père, le sait-il ?
Mercédès. Tuo padre lo sa?
Albert. Je lui ai écrit une lettre. Sûrement il l’aura déjà reçue.
Mercédès. Tu devais partir accompagné.
Albert. Je suis grand, mère.
Mercédès. A ton âge, un… ami a été mis en prison, alors qu’il était innocent,
et il est mort là. Tout seul…
Albert. Ecoutez ma mère… les brigands m’ont emmené dans les catacombes
de Saint-Sébastien. Le lendemain un de leur compagnon devait être exécuté
et ils étaient furieux. C’est vrai, j’ai craint pour un instant pour ma vie…
mais…
Albert. Gli ho scritto una lettera. L’avrà già ricevuta sicuramente.
Mercédès. Dovevi andare accompagnato.
Albert. Sono grande, madre.
Mercédès. Alla tua età, un… amico è stato rinchiuso in prigione, pur essendo
innocente, ed è morto lì. Solo...
Albert. Ascoltate madre… i briganti mi hanno condotto nelle catacombe di
Saint-Sébastien. Il giorno dopo un loro compagno doveva essere giustiziato
ed erano furiosi. È vero, ho temuto, per un attimo per la mia vita… ma …
40
Mercédès se lève et marche dans le salon. Albert continue.
Mercédès si alza e cammina per il salotto. Albert continua.
Albert. En ce moment-là un homme est arrivé, sous le nom de Comte de
Monte-Cristo et il a proposé un échange presque impossible : entre moi et
ce brigand-là condamné à mort. Ce Comte a réussi a obtenir la liberté du
brigand, une minute avant son exécution. N’est ce pas incroyable ?
Albert. In quel momento è arrivato un uomo, col nome Conte di
Montecristo e ha proposto uno scambio quasi impossibile: tra me e quel
brigante condannato a morte. Questo conte è riuscito ad ottenere la libertà
del brigante, un minuto prima che fosse giustiziato. Non è incredibile?
Mercédès. Tu m’as dit la vérité ?
Mercédès. Mi hai detto la verità?
Albert. Oui, ma mère. Le lendemain ils m’ont laissé partir.
Albert. Sì, madre. Il giorno dopo mi hanno lasciato andare.
Mercédès. Qui est-il ce Comte de Monte-Cristo ?
Mercédès. Chi è questo conte di Montecristo?
Albert. C’est un homme très riche que j’ai eu la chance de connaître et
apprécier pendant mes vacances. Je l’ai invité chez nous ce soir. J’espère que
vous serez d’accord ?
Albert. È un uomo molto ricco, che ho avuto modo di conoscere ed
apprezzare durante il mio viaggio. L’ho invitato a casa nostra stasera. Spero
sarete d’accordo?
Mercédès. Bien sûr. Ton père et moi nous le recevrons avec plaisir.
Mercédès sort.
SCENE 2
Albert, Dantès, Fernand, Mercédès, Villefort.
Le même salon. Albert attends le Comte de Monte-Cristo (Dantès).
Un valet. Son excellence le Comte de Monte-Cristo !
Entrée du Comte de Monte-Cristo.
Dantès. Mon cher vicomte, pardonnez mon retard.
Albert (il lui serre la main). Je suis si heureux de vous revoir !
Dantès. C’est la première fois que je viens à Paris, j’ai vécu, ces derniers
temps, la vie d’un pacha ; si un lieu me plaît, je m’arrête ; si je m’ennuie, je
repars ; je suis libre. Mais je pense m’établir ici, pour quelques temps. J’ai
déjà acheté une maison hors de la ville. Elle appartenait auparavant au juge
Villefort.
Mercédès. Certamente. Io e tuo padre lo riceveremo con piacere.
Mercédès esce.
SCENA 2
Albert, Dantès, Fernand, Mercédès, Villefort.
Lo stesso salotto. Albert sta attendendo il Conte de Montecristo (Dantès).
Un valletto. Sua eccellenza il Conte di Montecristo!
Ingresso del Conte di Montecristo.
Dantès. Mio caro visconte, perdonate il mio ritardo.
Albert (gli stringe la mano). Sono così felice di rivedervi!
Dantès. È la prima volta che vengo a Parigi, ho vissuto ultimamente una vita
da pacha; se mi piace un luogo, mi fermo; se mi annoio, riparto; sono libero.
Ma penso di trasferirmi qui, per un po’. Ho già comprato una casa fuori città.
Apparteneva prima al giudice Villefort.
41
Albert. Juge Villefort ? Quelle coïncidence ! Je vais épouser sa fille :
Valentine Villefort. Le juge doit venir d’un moment à l’autre. Vous le
connaîtrez.
Albert. Giudice Villefort? Che coincidenza! Sto per sposare sua figlia:
Valentine Villefort. Il giudice deve venire da un momento all’altro. Lo
conoscerete.
Dantès (il serre les poings). J’en suis très honoré, Albert.
Dantès (stringe i pugni). Sono molto onorato, Albert.
Entrée du Comte de Morcerf (Fernand).
Ingresso del Conte di Morcerf (Fernand).
Albert. Ah ! Voici mon père! Mon père, j’ai l’honneur de vous présenter le
Comte de Monte-Cristo, l’homme qui m’a sauvé.
Albert. Ah! Ecco mio padre! Padre, ho l’onore di presentarvi il Conte di
Montecristo, l’uomo che mi ha salvato.
Fernand. Monsieur, soyez le bienvenu parmi nous, vous avez rendu à notre
maison un service qui vous vaudra notre reconnaissance é ternelle.
Fernand. Signore siete il benvenuto fra noi, ha reso alla nostra casa un
servizio che vi varrà la nostra riconoscenza in eterno.
Dantès. C’est beaucoup trop d’honneur pour moi d’être mis en présence, dès
le jour de mon arrivée à Paris, d’un homme dont le mérite n’a d’égale que la
réputation. Lors de mes nombreux voyages en Grèce, j’ai beaucoup entendu
parler de vous !
Dantès. È fin troppo onorevole per me essere messo alla presenza, sin dal
giorno del mio arrivo a Parigi, di un uomo il cui merito eguaglia solo la
reputazione. In occasione dei miei numerosi viaggi in Grecia, ho sentito
molto parlare di voi!
Fernand. Vous connaissez donc la Grèce ?
Fernand. Conosce dunque la Grecia?
Dantès. Oh ! Oui, bien entendu, je connais la Grèce, j’ai acheté une esclave
grecque à Constantinople, une fille de prince. Elle vit avec moi. Mais voyezvous, monsieur le Comte, mon royaume est aussi grand que le monde, car je
suis cosmopolite. J’adopte tous les moeurs, j’adopte toutes les langues.
Dantès. Oh! Certo che conosco la Grecia, ho comperato una schiava greca
a Costantinopoli, figlia di principi. Vive con me. Ma vedete, signor Conte, il
mio regno è grande come il mondo, poiché sono cosmopolita. Adotto tutti
gli usi, parlo tutte le lingue.
Fernand. Vous êtes un homme extraordinaire.
Fernand. Siete un uomo straordinario.
Monte-Cristo. Bien sûr, je ne peux pas espérer la chance que vous avez eu
dans votre vie…
Dantès. Certo, non posso neanche sperare di avere la fortuna che avete
avuto voi nella vita.
Entrée de monsieur Villefort.
Ingresso del signor Villefort.
Fernand. Ah ! Monsieur Villefort ! Voici le Comte de Monte-Cristo,
l’homme, souvenez-vous, qui a tiré Albert d’un grand danger, lors de son
voyage en Italie.
Fernand. Ah! Signor Villefort! Ecco il Conte di Montecristo, l’uomo,
ricordate, che ha tratto Albert da un gran pericolo, nel corso del suo viaggio
in Italia.
Villefort. Vous avez sauvé mon futur gendre. Je vous exprime ici toute ma
reconnaissance.
Villefort. Avete salvato il mio futuro genero. Vi esprimo qui tutta la mia
riconoscenza.
42
Dantès. Rien n’est plus précieux que la vie d’un enfant ; je n’ai pas d’enfant
moi-même, mais je peux imaginer quels nobles sentiments un père doit
ressentir pour son enfant.
Dantès. Niente è più prezioso della vita di un figlio; personalmente, non ho
figli, ma posso immaginare quali nobili sentimenti un padre debba nutrire
nei confronti del figlio.
Albert. Ah ! Voici ma mère !
Albert. Ah! Ecco mia madre!
Entrée de Mercédès ; à la vue de Monte-Cristo, elle devient très pâle ; sans
aucun doute elle a reconnu Edmond Dantès.
Ingresso di Mercédès; alla vista di Montecristo, impallidisce; senz’altro ha
riconosciuto Edmond Dantès.
Fernand. Eh, mon Dieu ! Madame, qu’avez-vous ? Serait-ce par hasard la
chaleur de ce salon qui vous indispose ?
Fernand. Eh, mio Dio! Signora, cosa vi succede? E’ per caso l’afa del salotto
che vi indispone?
Albert. Souffrez-vous ma mère ?
Albert. Soffrite, madre?
Villefort. Madame la Comtesse, vous êtes si pâle !
Villefort. Signora Contessa, siete così pallida!
Mercédès. Ce n’est rien. Monsieur, je vous dois la vie de mon fils, et pour ce
bienfait je vous bénis, et je vous remercie du fond du cœur.
Mercédès. Non è nulla. Signore, vi devo la vita di mio figlio, e per questa
buona azione vi benedico, e vi ringrazio dal profondo del cuore.
Dantès. Madame, sauver un homme, c’est faire acte d’humanité, voilà tout.
Dantès. Signora, salvare un uomo, è fare un atto d’umanità, ecco tutto.
Mercédès. Qu’elle chace pour mon fils, monsieur, de vous avoir pour ami.
Mercédès. Che fortuna per mio figlio, signore, avervi per amico.
Albert. Monsieur le Comte de Monte-Cristo, vient de me dire d’avoir
acheté votre maison à Auteuil, Rue de la Fontaine ! Un très bon choix !
Décidément, cher Comte, vous m’étonnez toujours !
Albert. Il signor Conte di Montecristo, mi ha appena detto di aver
comprato la vostra casa a Auteuil, sulla Rue de Fontaine! Un’ottima scelta!
Decisamente, caro Conte, mi sorprendete sempre!
Villefort. Rue de la Fontaine à Auteuil ?!
Villefort. Rue de la Fontaine, a Auteuil ?!
Dantès. J’ai l’habitude des grands espaces et je cherchais une maison vaste,
lumineuse, avec un immense jardin.
Dantès. Sono abituato ai grandi spazi, e cercavo una casa ampia, luminosa,
con un immenso giardino.
Villefort. Un jardin ?
Villefort. Un giardino?
Dantès. Un jardin. Mais j’ai trouvé quelque chose de bien triste là-bas…
Dantès. Un giardino. Ho trovato però una cosa molto triste là…
Fernand. Bien triste ?
Albert. Molto triste?
Dantès. J’ai la conviction qu’un crime a été commis dans cette maison.
Dantès. Ho la convinzione che sia stato commesso un crimine in quella casa.
43
Fernand. Prenez garde, monsieur le Comte, nous avons ici le procureur du roi !
Fernand. Attento, signor Conte, abbiamo qui il procuratore del re!
Dantès. Ma foi, puisque cela se présente ainsi, j’en profiterai pour faire ma
déclaration.
Dantès. Caspita, visto che è qui presente, ne approfitterò per fare la mia
dichiarazione.
Villefort. Votre déclaration ?
Villefort. La vostra dichiarazione?
Dantès. Oui. Et devant témoins.
Dantès. Sì. Di fronte a testimoni.
Albert. Tout cela est fort intéressant !
Albert. Tutto ciò è molto interessante!
Dantès. Dans le jardin, on a enterré un enfant nouveau-né.
Dantès. Nel giardino è stato seppellito un bimbo neonato.
Albert. Un enfant nouveau-né ?
Albert. Un neonato?
Villefort. Qui dit que c’est un crime ?
Villefort. Chi dice che sia un crimine?
Albert. Comment ? Un enfant enterré vivant dans un jardin, ce n’est pas un
crime ?
Villefort. Mais qui dit qu’il a été enterré vivant ?
Dantès. Pourquoi l’enterrer là, s’il était mort ? Ce jardin n’a jamais été un
cimetière.
Albert. Que fait-on aux infanticides dans ce pays-ci ?
Fernand. Ah ! On leur coupe le cou.
Dantès. Oui, je le crois. N’est-ce pas, monsieur Villefort ?
Villefort. Oui, monsieur le Comte.
Albert. Come? Un bambino sepolto vivo in un giardino, questo non è un
crimine?
Villefort. Ma chi dice che sia stato sepolto vivo?
Dantès. Perché seppellirlo là, se era morto? Questo giardino non è mai stato
un cimitero.
Albert. Cosa si fa agli infanticidi in questo paese?
Fernand. Ah! Si taglia loro il collo.
Dantès. Sì, lo credo. Non è vero, signor Villefort?
Villefort. Sì, signor Conte.
Fernand. Vous devez nous excuser, mais je dois parler aujourd’hui devant les
sénateurs. Monsieur de Villefort doit être présent. Vous nous excusez, n’estce pas ?
Fernand. Dovete scusarci, ma io devo parlare oggi davanti ai senatori. Il
signor Villefort deve essere presente. Ci scuserete, non è vero?
Villefort. Madame la Comtesse. Monsieur le Comte de Monte-Cristo.
Villefort. Signora Contessa. Signor Conte di Montecristo.
Il salue.
Saluta.
44
Albert. Je vous accompagne, messieurs. Ah, à propos, mon cher Comte,
n’oubliez pas votre promesse faite à Rome : vous devez me présenter à votre
douce esclave grecque.
Albert. Vi accompagno, signori. Ah, a proposito, mio caro Conte, non
dimenticate la vostra promessa fatta a Roma: dovete presentarmi alla vostra
dolce schiava greca.
Dantès. Donnez-moi un jour ou deux et vous serez exaucé.
Dantès. Datemi uno o due giorni e sarete esaudito.
Mercédès. Allez, messieurs, je tâcherai de faire oublier votre absence à notre hôte.
Mercédès. Andate, signori, cercherò di far dimenticare la vostra assenza al
nostro ospite.
SCENE 3
SCENA 3
Mercédès et Dantès, seuls.
Mercédès. Monsieur le Comte nous fera l’honneur de dîner avec nous ?
Dantès. Merci, madame. Cependant je ne peux pas accepter.
Mercédès. Vous refusez ? Oh, monsieur le Comte, il y a pourtant une
touchante coutume arabe qui fait amis éternellement ceux qui ont partagé le
pain et le sel sous le même toit.
Dantès. Je la connais, madame, mais en France pour moi il n’y a plus
d’amitiés éternelles, qui puissent partager le pain et le sel.
Mercédès e Dantès da soli.
Mercédès. Il signor Conte ci farà l’onore di cenare con noi?
Dantès. Grazie, signora. Tuttavia non posso accettare.
Mercédès. Rifiutate? Oh, signor Conte, esiste, però, una commovente
consuetudine araba che rende eternamente amici coloro che abbiano diviso
il pane e il sale sotto lo stesso tetto.
Dantès. La conosco, signora, ma in Francia per me non ci sono più amicizie
eterne che possano condividere il sale e il pane.
Mercédès. Mais enfin, nous sommes amis, n’est-ce pas ?
Mercédès. Ma insomma, siamo amici, no?
Dantès. Oh ! Votre ami, madame, je n’ai point cette prétention ; mais en tout
cas, je suis votre bien respectueux serviteur.
Dantès. Oh! Vostro amico, signora, non ho questa pretesa; ma in ogni caso,
sono un vostro rispettoso servitore.
Mercédès. Monsieur, est-il vrai, comme me l’a dit mon fils Albert, que vous
ayez tant vu et tant voyagé ?
Mercédès. Signore, è vero, come mi ha detto, mio figlio Albert, che tanto
avete visto e tanto avete viaggiato?
Dantès. Peut-être.
Dantès. Forse.
Mercédès. Et comment pouvez-vous vivre ainsi, sans racines ?
Mercédès. E come potete vivere così, senza radici?
Dantès. J’ai aimé une jeune fille, j’allais l’épouser, quand la guerre m’a
séparé d’elle. J’ai cru qu’elle m’aimait assez pour m’attendre ; mais quand
je suis revenu, elle était mariée. J’avais peut-être le cœur plus faible que les
autres, et j’ai beaucoup souffert. Voilà tout.
Dantès. Ho amato una ragazza, stavo per sposarla, quando la guerra mi ha
separato da lei. Ho creduto che mi amasse abbastanza da aspettarmi; ma
quando sono tornato, era sposata. Avevo forse il cuore più debole di altri e ho
sofferto molto. Ecco tutto.
45
Mercédès. Oui. Cet amour vous est resté dans le cœur. On n’aime vraiment
qu’une seule fois. Et avez-vous jamais revu cette femme ?
Mercédès. Sì. Questo amore vi è rimasto nel cuore. Non si ama veramente
che una sola volta. E avete più rivisto questa donna?
Dantès. Jamais.
Dantès. Mai
Mercédès. Jamais !
Mercédès. Mai!
Dantès. Jamais.
Dantès. Mai.
Mercédès. Monsieur le Comte, je ne voudrais pas être indicrète. Nous
aurons le plaisir de vous revoir, vous me le promettez ? Alors je ne vous
retiens pas, monsieur.
Mercédès. Signor Conte, non vorrei essere indiscreta. Avremo il piacere di
rivedervi, me lo promettete? Allora non vi trattengo, signore.
Dantès esce; Mercédès crolla.
Dantès sort ; Mercédès s’effond.
Mercédès. Edmond, Edmond Dantès, de quelle tombe es-tu sorti ?
Mercédès. Edmond, Edmond Dantès, da quale tomba sei uscito?
SCENA 4
SCENE 4
Dantès, Danglars.
Chez le Comte de Monte-Cristo. Intérieur oriental, tapis, bougies.
Danglars entre.
Dantès, Danglars.
Presso la casa del Conte di Montecristo. Interno orientale, tappeti, candele.
Danglars entra.
Danglars. C’est au Comte de Monte-Cristo que j’ai l’honneur de parler ?
Danglars. È al Conte di Montecristo che ho l’onore di parlare?
Dantès. Et moi, c’est à monsieur… (emphatiquement) le baron Danglars.
Dantès. Ed io, è al signor… (con enfasi) barone Danglars.
Danglars. Monsieur le Comte, j’ai reçu un appel de la banque Thomson et
French mais je vous avoue que je n’en ai pas compris le sens.
Danglars. Signor Conte, ho ricevuto una richiesta da parte della banca
Thomson e French, ma confesso che non ne ho compreso il senso.
Dantès. Bah !
Dantès. Bah!
Danglars. Où l’ai-je mise ? …Ah, elle est ici, la voici : on me demande
d’ouvrir à Monsieur le Comte de Monte-Cristo un crédit illimité.
Danglars. Dove l’ho messa? …Ah, è qui, eccola: mi si chiede di aprire al
signor Conte di Montecristo un credito illimitato.
Dantès. Eh bien ! Monsieur le baron, que voyez-vous d’obscur là dedans ?
Dantès. Ebbene! Signor barone, cosa ci trovate di oscuro?
46
Danglars. Rien, monsieur ; seulement le mot « illimité ».
Danglars. Nulla, signore; soltanto la parola “illimitato”.
Dantès. Eh bien ! Ce mot-là n’est-il pas français ?
Dantès. Ebbene! Quella parola non è forse francese?
Danglars. Oh ! Si, monsieur, du côté de la syntaxe il n’y a rien à redire, mais
il n’en est pas de même du côté de la comptabilité. Voyez-vous, le sens du
mot « illimité », en matière de finances, est trop vague.
Danglars. Oh! Detto così, signore, e dal punto di vista sintattico, non c’è
nulla da ridire, ma non è lo stesso, dal punto di vista della contabilità. Vedete,
il senso della parola “illimitato”, in materia di finanze, è troppo vago.
Dantès. Ça veut dire qu’il est « illimité », non ?
Dantès. Questo vuol dire che è illimitato, no?
Danglars. C’est justement cela. Enfin, voyez-vous, monsieur le Comte, je
souhaiterai que vous fixiez une somme, dirons-nous, « limitée » !
Danglars. Questo appunto. Insomma, vedete, signor Conte, mi augurerei che
fissaste una somma, diremmo, “limitata”!
Dantès. Oh, mais monsieur, si j’ai demandé un crédit « illimité », c’est
justement que je ne sais pas de quelles sommes je vais avoir besoin !
Danglars. Oh ! Monsieur, ne craignez pas de proposer ! La banque Danglars
peut satisfaire les plus larges exigences ! Mettons… un million…
Dantès. Comment ?
Dantès. Oh, ma signore, se ho richiesto un credito “illimitato” è che
giustamente non so di quali somme avrò bisogno!
Danglars. Oh! Signore, non abbiate timore di proporre! La banca Danglars
può soddisfare le più ampie esigenze! Facciamo… un milione…
Dantès. Prego?
Danglars. Je dis un miliion.
Danglars. Ho detto un milione.
Dantès. Et que ferais-je d’un million ? Un million ? Mais j’ai toujours un
million dans mon portefeuille ! (Il ouvre un petit sac et lui montre une liasse
de billets de banque d’argent.) Je ne me ferais pas ouvrir un crédit pour une
pareille misère !
Dantès. E cosa ne farei di un milione? Un milione? Ma ho sempre un
milione nel portafogli! (Apre una piccola borsa e gli mostra un pacchetto di
banconote d’argento.) Non mi farei aprire un credito per una simile miseria!
Danglars. Oui, je comprends. Bien sur… nous pouvons fixer une première
somme de six million ?
Danglars. Sì, comprendo. Certamente… possiamo fissare una prima somma
in sei milioni?
Dantès. C’est bon… Et je souhaite en disposer dès demain matin.
Dantès. Va bene... E mi auguro di disporne da domani mattina.
Danglars. Oui. Très bien, monsieur le Comte.
Danglars. Sì. Molto bene, signor conte.
Il se retire.
Si ritira.
47
SCENE 5
SCENA 5
Dantès, Albert, Haydée.
Albert entre.
Dantès, Albert, Haydée.
Albert entra.
Dantès. Mon cher Albert, je vous en prie, mettez vous à votre aise, prenez du
thé à la menthe.
Dantès. Mio caro Alberto, la prego, mettetevi a vostro agio, prendete del tè
alla menta.
Albert. Monsieur le Comte de Monte-Cristo, c’est un honneur. Et je suis
tout étourdi, excusez ma stupéfaction, c’est tout naturel ; voici que je
retrouve l’Orient, l’Orient véritable, tel que je l’ai rêvé.
Albert. Signor Conte di Montecristo, è un onore. E sono completamente
stordito, perdonate lo stupore, è naturale; ecco che ritrovo l’Oriente, il vero
Oriente, come l’ho sognato.
Dantès. Je vous ai promis de vous présenter à ma princesse grecque, le
moment est venu.
Dantès. Vi ho promesso di presentarvi alla mia principessa greca, ora è il
momento.
Albert. C’est donc vraiment une princesse ?
Albert. E’ veramente una principessa?
Dantès. Ah, une des plus grandes de son pays ; la pauvre enfant est venue au
monde sur des trésors près desquels ceux des Mille et Une Nuits sont bien
peu de chose.
Dantès. Una delle più grandi del suo paese; la povera piccola è stata
partorita su tesori in confronto ai quali quelli delle Mille e Una Notte sono
proprio poca cosa.
Albert. Comment une grande princesse est-elle devenue esclave?
Albert. Come può essere che una grande principessa diventi schiava?
Dantès. Le hasard de la guerre, mon cher vicomte !
Dantès. L’azzardo della guerra, mio caro visconte!
Albert. Et son nom est un secret ?
Albert. E il suo nome è un segreto?
Dantès. Pour tout le monde, oui ; mais pas pour vous qui êtes de mes amis.
Vous me promettez de vous taire ?
Dantès. Per tutti, sì; ma non per voi, che siete un amico. Mi promettete di
tacere?
Albert. Oh ! Parole d’honneur !
Albert. Oh! Parola d’onore!
Dantès. Vous connaissez l’histoire d’Ali-Pacha pendant la guerre
d’indépendance en Grèce ?
Dantès. Conoscete la storia di Ali-Pacha, durante la guerra d’indipendenza
in Grecia?
Albert. D’Ali-Pacha ? Sans doute, puisque mon père l’a glorieusement et
fièrement servi !
Albert. Di Ali Pacha? Certo, poiché mio padre lo ha gloriosamente e
fieramente servito!
Dantès. Oui, c’est vrai, suis-je bête, je l’avais oublié !
Dantès. Sì, è vero, che stupido, lo avevo dimenticato!
48
Albert. Eh bien ! Qui est Haydée pour Ali-Pacha ?
Albert. Ebbene! Chi è Haydée per Ali-Pacha?
Dantès. Sa fille, tout simplement.
Dantès. Sua figlia, semplicemente.
Albert. Comment ? La fille d’Ali-Pacha ?
Albert. Come? La figlia di Ali-Pacha?
Dantès. Oui.
Dantès. Sì.
Albert. Et elle est votre esclave ?
Albert. E lei è la vostra schiava?
Dantès. Je l’ai achetée sur un marché de Constantinople.
Dantès. L’ho comperata in un mercato di Costantinopoli.
Albert. C’est splendide ! Avec vous, mon cher Comte, on ne vit pas, on rêve !
Albert. Splendido! Con voi caro Conte, non si vive, si sogna!
Dantès. Etes-vous prêt à recevoir mon esclave, ou plutôt, ma princesse ?
Dantès. Siete pronto a ricevere la mia schiava, o piuttosto la mia principessa?
Albert. Bien entendu.
Albert. Certo.
Dantès (en grec). Haydée, ma fille, viens près de là.
Dantès (in greco). Haydée, bimba mia, avvicinati.
Haydée entre.
Haydée entra.
Haydée. Je suis là mon seigneur.
Haydée. Sono qui mio signore.
Dantès. Je t’amène un ami, le vicomte Albert de Morcerf.
Dantès. Ho portato un amico, il visconte Albert di Morcerf.
Haydée. Sois le bienvenu, ami, qui viens avec mon seigneur.
Haydée. Sia il benvenuto, amico, chi si accompagna al mio signore.
Albert (bas, à Dantès). De quoi puis-je lui parler ?
Albert (a voce bassa, a Dantès). Di cosa posso parlarle?
Dantès. Mais de ce que vous voudrez : de son pays, de sa jeunesse, de ses
souvenirs. Comme vous voulez, Albert.
Dantès. Ma di ciò che vorrete: del suo paese, della sua giovinezza, dei suoi
ricordi. Come volete, Albert.
Albert (à Haydée). A quel âge madame avez vous quitté la Grèce?
Albert (a Haydée). A quanti anni, signora, avete lasciato la Grecia?
Haydée. A cinq ans.
Haydée. A cinque anni.
Albert. Et vous rappelez-vous votre patrie ?
Albert. E ricordate la vostra patria?
Haydée. Quand je ferme les yeux, je revois tout ce que j’ai vu.
Haydée. Quando chiudo gli occhi, rivedo tutto ciò che ho visto.
49
Albert. Et quel est votre plus ancien souvenir ?
Albert. Qual è il vostro ricordo più antico?
Haydée. Je marchais à peine, ma mère me prenait par la main, mon père
se reposait au bord d’un lac, sa barbe blanche descendait sur sa poitrine, je
jouais avec l’eau.
Haydée. Camminavo appena, mia madre mi teneva per mano, mio padre
riposava in riva a un lago, la sua barba bianca scendeva sul suo petto,
giocavo con l’acqua.
Albert (bas, à Dantès). Mon cher Comte, puis-je me permettre de lui parler
de son père ?
Albert (a voce bassa, a Dantès). Mio caro Conte, posso permettermi di
parlarle di suo padre?
Dantès. Je vous en prie.
Dantès. Prego.
Albert (à Haydée). Vous rappelez-vous votre père ?
Albert (a Haydée). Vi ricordate di vostro padre?
Haydée. Tous mes souvenirs sont tristes. Voulez-vous vraiment les entendre ?
Haydée. Tutti i miei ricordi sono tristi. Volete davvero ascoltarli?
Albert. Je vous en supplie.
Albert. Ve ne supplico.
Haydée raconte l’histoire de son père.
Haydée. J’avais quatre ans quand, nous avons du fuir en pleine nuit.
Derrière nous, couraient des hommes, armés de longs fusils et de pistolets.
Mon père était un homme aussi illustre qu’Ali-Pacha, devant lequel la
Turquie a tremblé. Nous étions dans un bateau. Je lui ai démandé : «
Pourquoi la barque va-t-elle si vite ? » « Chut ! Mon enfant. Nous fuyons.
Regarde cette île : nous allons nous réfugier là-bas, notre ami, le français, a
tout préparé. Aie confiance. »
Haydée racconta la storia di suo padre.
Haydée. Avevo quattro anni quando, siamo dovuti fuggire nel cuore della
notte. Dietro di noi, correvano uomini, armati di lunghi fucili e di pistole.
Mio padre era un uomo illustre quanto Ali-Pacha, davanti al quale la
Turchia ha tremato. Eravamo sulla barca. Gli ho domandato: «Perché la
barca va così velocemente?» «Chut! Bambina mia. Stiamo fuggendo. Guarda
quell’isola: ci rifugeremo lì, il nostro amico francese ci ha preparato tutto.
Abbi fiducia.»
Albert. « Un français » avez-vous dit ? Vous rappelez-vous son nom,
madame ?
Albert. «Un francese» avete detto? Ricordate il suo nome, signora?
Haydée. Non, je ne me le rappelle pas ; mais plus tard je me le rappellerai
peut-être, et je te le dirai. Je le dirai à tout le monde.
Haydée. No, non me lo ricordo; ma forse più tardi me lo ricorderò, e te lo
dirò. Lo dirò a tutti.
Albert. Continuez, je vous prie.
Albert. Continuate, prego.
Haydée. Nous sommes arrivés sur cette île au lever du soleil. Mais l’armée
ennemie était là. « Nous sommes trahis » dit mon père en me donnant un
baiser. Oh ce baiser, ce fut le dernier, et il est encore là, brûlant mon front.
Et puis soudain ce fut un fracas de feu et de poudre, de cris, de flammes, de
fumée. Mon père hurle. Je vois cet homme. Oui je vois cet homme.
Haydée. Siamo arrivati su questa isola al sorgere del sole. Ma l’esercito
nemico era là. «Siamo stati traditi», disse mio padre dandomi un bacio.
Oh questo bacio, fu l’ultimo, ed è ancora qui, che brucia sulla fronte. E poi
improvvisamente, ci fu un fracasso di fuoco e di polvere, di grida, di fiamme,
di fumo. Mio padre urla. Vedo quest’uomo. Sì, vedo quest’uomo.
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Dantès. Courage, ma fille. Continue.
Dantès. Coraggio, figlia mia. Continua.
Haydée. J’ai entendis les cries de mon père. Et soudain cet homme a dit:
« Voici la tête d’Ali-Pacha ». Et j’ai vu la tête ensanglantée de mon père,
plantée au bout d’une épée. Ma mère jeta un cri et tomba. J’essayais, en
pleurant, à la relever : elle était morte.
Haydée. Ho sentito le grida di mio padre. E improvvisamente quell’uomo
ha detto: «Questa è la testa di Ali-Pacha». E vidi la testa insanguinata di
mio padre, infilzata in cima a una spada. Mia madre lanciò un grido e cadde.
Provai, piangendo, a rialzarla: era morta.
Dantès. Repose-toi, chère enfant, et reprends courage en songeant qu’il y a
un Dieu qui punit les traîtres.
Dantès. Riposati, bambina cara, e riprendi coraggio pensando che c’è un Dio
che punisce i traditori.
Albert (à Dantès). Une histoire épouvantable !
Albert (a Dantès). Una storia spaventosa!
Haydée. Ce français s’est emparé de l’immense fortune de mon père. Puis il
m’a vendu aux marchands d’esclaves. J’ai traversé toute la Grèce. Un riche
arménien m’a acheté, m’a instruit, m’a donné des maîtres et quand j’ai eu
treize ans m’a vendu à un sultan.
Haydée. Quel francese si è impossessato di tutta l’immensa fortuna di mio
padre. Poi mi ha venduto ai mercanti di schiavi. Ho attraversato tutta la
Grecia. Un ricco armeno mi ha comprato, mi ha istruito, mi ha dato dei
padroni e quando ebbi tredici anni mi ha venduto a un sultano.
Dantès (à Albert). A qui je l’ai rachété, comme je vous l’ai dit, Albert, à
Constantinople.
Dantès (ad Albert). Dal quale l’ho riscattata, come vi ho detto, Albert, a
Costantinopoli.
Haydée. Oh tu es bon, tu es grand, mon seigneur, et je suis bien heureuse de
t’appartenir.
Haydée. Oh, sei buono, sei grande, mio signore, e sono ben felice di
appartenerti.
Dantès (à Albert). Achevez votre tasse de thé, Albert. L’histoire est finie.
Dantès (ad Albert). Finite la vostra tazza di tè, Albert. La storia è finita.
Albert est très troublé ; il finit sa tasse de thé, salue le Comte et sort.
Albert è molto scosso; finisce la tazza di tè, saluta il Conte ed esce.
SCENE 6
SCENA 6
Le procureur Villefort, seul, devant sa table de travail.
Il examine un cas.
Il procuratore Villefort, solo, davanti alla sua scrivania.
Esamina un caso.
Villefort. Le soi-disant « Peppino »… quel drôle de nom ? ...il poignarde le
prisonnier Caderousse. Un assassin qui tue un autre assassin. Pourquoi je
dois perdre mon temps sur ce cas-là. Il y a vingt ans, ce n’était pas comme
ça. Les innocents finissaient en prison à vie, sans aucun procès. Même si…
cela servira à ma carrière de montrer au peuple que le procureur du Roi
reconnaît à tout le monde le droit d’être jugé, même aux vrais coupables. Ce
procès sera public !
Villefort. Il cosiddetto “Peppino”… che razza di nome è? …accoltella il
prigioniere Caderousse. Un assassino che fa fuori un altro assassino. Perché
devo perdere il mio tempo su questo caso. Vent’anni fa, non era così. Gli
innocenti finivano in prigione a vita, senza nessun processo. Anche se…
servirà alla mia carriera far vedere al popolo che il procuratore del Re
riconosce i diritti a tutti di essere processati, anche ai veri colpevoli. Questo
processo sarà pubblico!
51
SCENE 7
SCENA 7
Albert et Dantès.
Maison du Comte de Monte-Cristo.
Albert entre.
Albert e Dantès.
Casa del conte di Montecristo.
Albert entra.
Dantès. Voilà mon ami Albert ! Bonjour, monsieur de Morcerf.
Dantès. Ecco il mio amico Albert! Buongiorno, signor di Morcerf.
Albert. Monsieur le comte de Monte-Cristo, je ne viens point ici pour
échanger d’hypocrites politesses ou de faux semblants d’amitié. Je viens
vous demander une explication.
Albert. Signor conte di Montecristo, non sono qui per scambiare cortesie
ipocrite e amicizie apparenti. Vengo a domandarvi una spiegazione.
Dantès. Une explication ?
Dantès. Una spiegazione?
Albert. Lisez ! (Il lui donne un journal, puis un autre etc.) Lisez celui-ci
encore ! Et celui-là ! Et cet autre ! Tous calomnient l’honneur, la fortune,
la fierté de mon père ! « Un fait jusqu’alors ignoré est parvenu à notre
connaissance ; les châteaux qui défendaient la ville de Janina, pendant la
guerre d’indépendance de la Grèce, ont été livrés aux Turcs par un officier
français, en qui Ali-Pacha avait mis toute sa confiance. Cet officier aurait
décapité le pacha sous les yeux de son enfant, et aurait ensuite dilapidé son
immense fortune. Cet homme est, nous apprend-on, le Comte de Morcerf,
dont le nom de baptême Fernand Mondego. » Le nom de Morcerf est sali
par la fange de ces journalistes ; mon père a été jugé par la Chambre des
Pairs ce matin : il a été reconnu coupable de trahison et d’indignité. La
honte et la ruine couvrent le front de notre famille, qu’avez-vous donc fait,
monsieur le Comte de Monte-Cristo ?
Albert. Leggete! (Gli dà un giornale, poi un altro ecc.) Leggete questo,
ancora! E quello! E quest’altro ancora! Tutti calunniano l’onore, la fortuna,
la fierezza di mio padre! «Un fatto finora sconosciuto è giunto a nostra
conoscenza; i castelli che difendevano la città di Janina, durante la guerra
d’indipendenza della Grecia, sono stati consegnati ai Turchi da un officiale
francese, nel quale il vizir Ali-Pacha aveva riposto intera fiducia. Questo
ufficiale avrebbe decapitato il pacha sotto gli occhi della figlia, e avrebbe, in
seguito, dilapidato la sua immensa fortuna. Quest’uomo è, lo apprendiamo
ora, il Conte di Morcerf, il cui nome di battesimo è Fernand Mondego.» Il
nome di Morcerf è sporcato dal fango di questi giornalisti; mio padre è stato
giudicato dalla Camera dei Pari questa mattina: è stato ritenuto colpevole di
tradimento e di indegnità. La vergogna e la rovina coprono la fronte della
nostra famiglia, cosa avete fatto, signor Conte di Montecristo?
Dantès. Vous ne semblez pas jouir de votre bon sens. Vous n’êtes pas votre
père, Albert. Laissez-le se débrouiller avec son passé, si trouble soit-il. Et ne
cherchez pas de coupable.
Dantès. Non sembrate usare il vostro buon senso. Non siete vostro padre,
Albert. Lasciatelo sbrogliarsi con il suo passato, per quanto torbido sia. E
non cercate un colpevole.
Albert. Mais ce sont des mensonges !
Albert. Ma sono menzogne!
Dantès. Qu’en savez-vous, Albert ?
Dantès. Che ne sapete, Albert?
Albert. C’est mon père !
Albert. E’ mio padre!
Dantès. Cessez pour un instant, je vous prie, de le regarder avec vos yeux de
fils !
Dantès. Smettete per un istante, vi prego, di guardarlo con i vostri occhi di
figlio!
52
Haydée apparait.
Haydée compare.
Haydée. Fernand Mondego état le nom du français qui a tué mon père et
trahi ma famille.
Haydée. Fernand Mondego era il nome del francese che ha ucciso mio padre
e tradito la mia famiglia.
Albert. Je ne comprends pas vos perfidies, monsieur le comte.
Albert. Non capisco le vostre perfidie, signor conte.
Dantès. Je suis ici chez moi, monsieur. Un conseil vicomte, et mettez-le à
profit : c’est une mauvaise coutume de faire tant de bruit.
Dantès. Sono a casa mia, signore. Un consiglio, visconte, e fatene tesoro, è
una cattiva abitudine fare tanto rumore.
Albert jette son gant au visage de Dantès.
Albert getta il guanto in faccia a Dantès.
Albert. A l’épée, à huit heures, demain matin, au bois de Vincennes.
Albert. Con la spada, alle otto, domattina, al bois di Vincennes.
Dantès. Bien sur, monsieur. Maintenant sortez d’ici, ou j’appelle mes
domestiques et je vous fais jeter à la porte.
Dantès. Certo, signore. Adesso uscite di qui, o chiamo i miei domestici e vi
faccio cacciare.
SCENE 8
SCENA 8
Maison du Comte de Monte-Cristo. La nuit.
Dantès et Mercédès.
Mercédès entre, voilée. Dantès regarde ses armes.
Casa del Conte di Montecristo. Notte.
Dantès e Mercédès.
Mercédès entra velata. Dantès guarda le sue armi.
Dantès. Qui êtes-vous, madame ?
Dantès. Chi siete, signora?
Mercédès. Edmond, vous ne tuerez pas mon fils !
Mercédès. Edmond, non ucciderete mio figlio!
Dantès. Quel nom avez-vous prononcé là, madame de Morcerf ?
Dantès. Che nome avete pronunciato, signora di Morcerf?
Mercédès. Le vôtre ! Le vôtre que, peut-être moi seule, n’ai pas oublié.
Edmond, ce n’est pas madame de Morcerf qui vient à vous, c’est Mercédès.
Mercédès. Il vostro! Il vostro che, forse, io soltanto non ho dimenticato.
Edmond, non è la signora di Morcerf che viene da voi, è Mercédès.
Dantès. Mercédès est morte, madame, et je ne connais plus personne de ce nom.
Dantès. Mercédès è morta, signora, non conosco più nessuno con questo nome.
Mercédès. Mercédès vit, monsieur, et Mercédès se souvient, car elle seule
vous a reconnu lorsqu’elle vous a vu, et même sans vous voir, à votre voix,
Edmond, au seul accent de votre voix ; et depuis ce temps elle vous suit pas
à pas, elle vous surveille, elle vous redoute, et elle a compris tout de suite de
quelle main est parti le coup qui a frappé Monsieur de Morcerf.
Mercédès. Mercédès vive, signore, e Mercédès ricorda, poiché lei sola vi ha
riconosciuto quando vi ha visto, e anche senza vedervi, dalla vostra voce,
Edmond, dal solo accento della vostra voce; e da allora vi segue passo a
passo, vi sorveglia, vi teme, e ha capito subito lei da quale mano è partito il
colpo che ha percosso il Signor di Morcerf.
53
Dantès. Fernand, vous voulez dire, puisque nous sommes en train de nous
rappeler nos noms, rappelons-les tous.
Dantès. Fernand, volete dire, visto che stiamo ricordando i nostri nomi,
ricordiamoli tutti.
Mercédès. Mais que vous importe à vous de cela, quel tort vous a fait
Fernand Mondego en trahissant Ali-Pacha?
Mercédès. Ma cosa ve ne importa, che torto vi ha fatto Fernand Mondego
tradendo Ali-Pacha?
Dantès. Ceci ne me regarde point, vous avez raison. Et si j’ai juré de me
venger, ce n’est ni du soldat Mondego, ni du Comte de Morcerf : c’est du
pêcheur Fernand, mari de la Catalane Mercédès.
Dantès. Ciò non mi riguarda, avete ragione. E se ho giurato di vendicarmi,
non è del soldato Mondego, né del Conte di Morcerf: è del pescatore
Fernand, marito della catalana Mercédès.
Mercédès. Ah ! Monsieur ! Quelle terrible vengeance ! La coupable, c’est
moi, Edmond, et si vous avez à vous venger de quelqu’un, c’est de moi, qui ai
manqué de force en votre absence.
Dantès. Mais vous, vous êtes-vous demandée pourquoi j’étais absent ?
Mercédès. Ah! Signore! Che terribile vendetta! La colpevole, sono io,
Edmond, e se dovete vendicarvi di qualcuno, è di me, che ho mancato di
forza contro la vostra assenza.
Dantès. Ma, vi siete domandata perché ero assente?
Mercédès. Parce qu’on vous a arrêté, Edmond, parce que vous étiez
prisonnier.
Mercédès. Perché vi hanno arrestato, Edmond, perché eravate prigioniero.
Dantès. Et pourquoi étais-je arrêté ? Pourquoi étais-je prisonnier ?
Dantès. E perché ero agli arresti? Perché ero prigioniero?
Mercédès. Je l’ignore.
Mercédès. Lo ignoro.
Dantès. Oui, vous l’ignorez, madame, je l’espère du moins. Eh bien… Je
vais tout vous dire, moi. J’ai été arrêté, emprisonné parce que à la veille de
nos fiançailles, un homme, nommé Danglars, avait écrit cette lettre que j’ai
récupéré beaucoup d’années plus tard et que le pêcheur Fernand s’es chargé
lui-même de mettre à la poste.
Dantès. Sì, lo ignorate, signora, almeno lo spero. Ebbene… Vi dirò
tutto, io. Sono stato arrestato, imprigionato perché alla vigilia del nostro
fidanzamento, un uomo, di nome Danglars, aveva scritto questa lettera che
ho recuperato molti anni dopo e che il pescatore Fernand si è incaricato
personalmente di imbucare.
Il lui donne la lettre, elle la lit avec effroi.
Le dà la lettera, lei la legge con terrore.
Mercédès. Oh ! Mon Dieu !
Mercédès a un évanouissement.
Dantès. Je suis resté quatorze non loin de chez vous, dans un cachot au
château d’If. Ce que vous ne savez pas, c’est que chaque jour de ces quatorze
ans j’ai renouvelé le vœu de vengeance que j’avais fait le premier jour ; je
suis sorti de cette tombe par la grâce de Dieu, je dois à Dieu de me venger ;
il m’envoie ici pour cela : je me venge.
Mercédès. Pardonnez, Edmond, pardonnez - moi, à moi qui vous aime
encore !
Mercédès. Oh! Mio Dio!
Mercédès ha un mancamento.
Dantès. Sono rimasto quattordici anni non lontano da casa vostra, in una
segreta al castello d’If. Ciò che non sapete, è che ogni giorno di questi
quattordici anni ho rinnovato il voto di vendetta che avevo fatto il primo
giorno; sono uscito da questa tomba per grazia di Dio, devo a Dio la mia
vendetta; mi manda qui per questo: mi vendico.
Mercédès. Perdonate, Edmond, perdonatemi, io che vi amo ancora!
54
Dantès. Impossible, madame, impossible ! Madame de Morcerf !
Dantès. Impossibile, signora, impossibile! Signora di Morcerf!
Mercédès. Edmond, mon Dieu, quand je vous appelle Edmond, pourquoi ne
m’appelez-vous pas Mercédès ?
Mercédès. Edmond, mio Dio, quando vi chiamo Edmond, perché non mi
chiamate Mercédès?
Dantès. Oh ! Mercédès ! Votre nom je l’ai prononcé avec les gémissements
de la douleur, avec le râle du désespoir ; je l’ai prononcé, glacé par le froid,
dans la paille de mon cachot, en me roulant sur les dalles de ma prison, en
brisant mon corps contre les murs ; Mercédès, il faut que je me venge, car
pendant quatorze ans j’ai souffert, pendant quatorze ans j’ai pleuré, j’ai
maudit ; maintenant, je vous le dis, Mercédès, il faut que je me venge !
Dantès. Oh! Mercédès! Il vostro nome l’ho pronunciato fra i lamenti di
dolore, con il rantolo della disperazione; l’ho pronunciato, ghiacciato dal
freddo, sulla paglia della mia segreta, camminando sul pavimento della mia
prigione, lacerando il mio corpo contro i muri; Mercédès, bisogna che mi
vendichi, perché ho sofferto per quattordici anni, per quattordici anni ho
pianto, ho maledetto; adesso, ve lo dico, Mercédès, devo vendicarmi!
Mercédès. Vengez-vous, Edmond ! Mais vengez-vous sur les coupables ;
vengez-vous sur lui, vengez-vous sur moi, mais ne vous vengez pas sur mon
fils ! Edmond, j’ai espéré votre retour, j’ai prié, j’ai pleuré, je vous ai cru
mort, oui, mort, hélas ! Chaque nuit je voyais votre cadavre enseveli au
fond de quelque sombre tour, je voyais votre corps précipité dans un abîme,
chaque nuit, je me réveillais, frissonnante et glacée. Croyez-moi, Edmond,
j’ai moi aussi bien souffert.
Mercédès. Vendicatevi, Edmond! Ma vendicatevi sui colpevoli; vendicatevi
su di lui, vendicatevi su di me, ma non vendicatevi su mio figlio! Edmond,
ho sperato in un vostro ritorno, ho pregato, ho pianto, vi ho creduto morto,
sì, morto, ahimè! Ogni notte vedevo il vostro cadavere sepolto in fondo
a qualche torre buia, vedevo il vostro corpo precipitato in un abisso, ogni
notte, mi svegliavo, tremante e ghiacciata. Credetemi, Edmond, anch’io ho
sofferto molto.
Dantès. Avez-vous vu mourir votre père en votre absence ? Avez-vous vu la
personne que vous aimiez tendre sa main à un rival, tandis que vous râliez
au fond du gouffre ?
Dantès. Avete visto morire vostro padre in vostra assenza? Avete visto la
persona che amavate tendere la sua mano a un rivale, mentre rantolavate in
fondo all’abisso?
Mercédès. Non ! Mais j’ai vu celui que j’aimais prêt à devenir le meurtrier
de mon fils !
Mercédès. No! Ma ho visto colui che amavo pronto a diventare l’assassino di
mio figlio!
Dantès. Que demandez-vous ? Que votre fils vive ? Eh bien, il vivra !
Dantès. Che cosa chiedete? Che vostro figlio viva? Ebbene, vivrà!
Mercédès. Oh ! Merci, merci, Edmond, te voilà bien tel que je t’ai toujours
rêvé, tel que je t’ai toujours aimé. Oui, maintenant je puis le dire. Mon cœur
est toujours le même, Edmond.
Mercédès. Oh! Grazie, grazie, Edmond, eccoti, dunque, come ti ho sempre
sognato, come ti ho sempre amato. Sì, adesso posso dirlo. Il mio cuore
rimane lo stesso, Edmond.
Dantès. Votre fils vivra. Adieu, Mercédès.
Dantès. Vostro figlio vivrà. Addio, Mercédès.
Mercédès. Adieu, Edmond ; adieu et merci.
Mercédès. Addio, Edmond; addio e grazie.
Elle sort.
Esce.
Dantès. Insensé! Juste le jour où j’avais résolu de me venger, j’aurais mieux
fait de m’arracher le cœur!
Dantès. Insensato! Proprio il giorno in cui avevo risolto di vendicarmi, avrei
fatto meglio a togliermi il cuore!
55
SCENE 9
SCENA 9
Même lieu. Le lendemain matin.
Fernand, Dantès.
Stesso luogo. L’indomani mattina.
Fernand, Dantès.
Fernand. Monsieur, vous avez renconté mon fils hier matin?
Fernand. Signore, avete incontrato mio figlio ieri mattina?
Dantès. Vous savez cela ?
Dantès. Lo sapete?
Fernand. Et je sais aussi que mon fils avait de bonnes raisons de se battre
contre vous et vous tuer.
Fernand. E so anche che mio figlio aveva delle buone ragioni per battersi
contro di voi e uccidervi.
Dantès. Mais vous le voyez : il ne m’a pas tué, et même, il ne s’est pas battu.
Dantès. Ma lo vedete: non mi ha ucciso, e non si è neppure battuto.
Fernand. Pourquoi ne s’est-il pas battu ? Sans doute, lui avez-vous fait des
excuses ?
Fernand. Perché non si è battuto? Gli avete forse fatto delle scuse?
Dantès. Non, monsieur. C’est lui. C’est votre fils qui m’a fait des excuses.
Fernand. Il vous a fait des excuses ? C’est insensé !
Dantès. C’est pourtant la vérité.
Dantès. No, signore. E’ lui. E’ vostro figlio che mi ha fatto delle scuse.
Fernand. Vi ha fatto delle scuse? E’ assurdo!
Dantès. Eppure è la verità.
Fernand. Mon fils est un lâche !
Fernand. Mio figlio è un vigliacco!
Dantès. Monsieur Albert de Morcerf n’est point un lâche.
Dantès. Il signor Albert di Morcerf non è affatto un vigliacco.
Fernand. Un homme qui tient à la main une épée, un homme qui, à la portée
de cette épée, tient un ennemi mortel, cet homme, s’il ne se bat pas, est un
lâche ! Et puisque mon fils refuse de se battre, je me battrai, moi, monsieur
le Comte de Monte-Cristo !
Fernand. Un uomo che impugna una spada, un uomo che, alla portata
di questa spada, ha un nemico mortale, quest’uomo, se non si batte, è un
vigliacco! E visto che mio figlio rifiuta di combattere, mi batterò io, signore
Conte di Montecristo!
Dantès. Eh bien, nous nous battrons, monsieur le traître.
Dantès. Ebbene, ci batteremo insieme, signor traditore.
Fernand. Oh ! Misérable ! Démon ! Monsieur le Comte de Monte-Cristo
vous n’êtes rien d’autre qu’un aventurier cousu d’or et de pierreries !
Monsieur le Comte de Monte-Cristo, je suis venu vous dire que je vous hais
d’instinct, qu’il me semble que je vous ai toujours connu, toujours haï, et je
vous enfoncerai mon épée dans le cœur !
Fernand. Oh! Miserabile! Demonio! Signor Conte di Montecristo non siete
altro che un avventuriero coperto d’oro e pietre preziose! Signor conte di
Montecristo sono venuto a dirvi che, istintivamente, vi odio, che mi sembra
di conoscervi da sempre, di odiarvi da sempre, e vi affonderò la spada nel
cuore!
56
Dantès. Oh oui ! Tu me connais, Fernand ! Oh oui ! Tu me hais! Fernand !
Fernand ! Regarde-moi ! Malgré tous mes chagrins, toutes mes tortures, je
te montre aujourd’hui un visage que le bonheur de la vengeance rajeunit,
un visage que tu dois avoir vu bien souvent dans tes rêves après ton mariage
avec Mercédès, ma fiancée !
Dantès. Oh sì! Mi conosci, Fernand! Oh sì! Mi odi! Fernand! Fernand!
Guardami! Malgrado tutti i miei dispiaceri, tutte le mie torture, ti mostro
oggi un volto che la felicità della vendetta ringiovanisce, un volto che devi
aver visto piuttosto spesso nei tuoi sogni da quando sposasti Mercédès, la
mia fidanzata!
Fernand. Edmond Dantès !
Fernand. Edmond Dantès!
Fernand est terrifié, comme s’il voyait un fantôme, il titube, et fuit. On entend
encore un hurlement « Dantès », puis un coup de feu. Fernand s’est tué.
Dantès. Et de deux !
Fernand è terrorizzato, come se vedesse un fantasma, vacilla, e fugge. Si sente
ancora un urlo: «Dantès», poi uno sparo. Fernand si è ucciso.
Dantès. E due!
SCENE 10
Villefort, Peppino, Dantès.
Palais de justice. Le procès de Peppino.
Dantès est à l’écart, et observe la scène.
SCENA 10
Villefort, Peppino, Dantès.
Palazzo di giustizia. Il processo di Peppino.
Dantès rimane in disparte, e osserva la scena.
Villefort. Accusé ! Voici les faits : la nuit du 15 au 16 Septembre, vous avez
poignardé mortellement l’aubergiste Caderousse.
Villefort. Imputato! Ecco i fatti: nella notte fra il 15 e il 16 settembre, avete
pugnalato mortalmente il locandiere Caderousse.
Peppino. Exact.
Peppino. Esatto.
Villefort. Votre profession ?
Villefort. La vostra professione?
Peppino. D’abord j’étais faussaire, ensuite je suis passé voleur, et tout
récemment je me suis fait assassin.
Villefort. Orphelin ?
Peppino. Je l’étais.
Peppino. In principio, ero falsario, in seguito sono diventato ladro, e solo di
recente, sono diventato assassino.
Villefort. Orfano?
Peppino. Lo ero.
Villefort. Vous l’étiez ? Je vous… Je vous prie d’être sérieux ! Ah ! Vous êtes
italien ?
Villefort. Lo eravate? Vi prego di essere serio! Ah! Siete italiano?
Peppino. Paraît-il.
Peppino. Sembrerebbe.
57
Villefort. Paraît-il ! Quelle insolence ! Je vous le demande à nouveau
devant ce tribunal : déclinez votre véritable identité ! Vos nom et prénoms ?
Votre âge ? Votre date de naissance ?
Villefort. Sembrerebbe! Che insolenza! Ve lo domando nuovamente di
fronte a questo tribunale: dichiarate la vostra autentica identità! Nome e
cognome? Età? Data di nascita?
Peppino. Ah ça, mon âge, je peux bien vous le dire, je vais avoir vingt et un
ans ; je suis né la nuit du 27 au 28 Septembre 1817 à Auteuil, près de Paris.
Peppino. Ah, la mia età, posso dirvela tranquillamente, quasi ventuno anni;
sono nato nella notte fra il 27 e il 28 settembre 1817 a Auteuil, vicino Parigi.
Monsieur Villefort est très nerveux, il se lève d’un coup, regarde autour de lui
comme un homme égaré, l’air lui manque.
Il Signor Villefort è molto nervoso, si alza d’un tratto, si guarda intorno come
smarrito, gli manca l’aria.
Peppino. Cherchez-vous quelque chose, monsieur le procureur ?
Peppino. Cercate qualcosa, signor procuratore?
Villefort. Eh bien ! Votre prénom !
Villefort. Eh! Il vostro nome!
Peppino. On m’appelle Peppino... je ne puis vous dire mon véritable nom,
car je ne le sais pas ; mais je connais celui de mon père, et je peux vous le
dire. Mon père est le procureur du roi.
Peppino. Mi chiamano Peppino… non posso dirle il mio vero nome, perché
non lo conosco; ma conosco quello di mio padre, e posso dirvelo. Mio padre
è il procuratore del re.
Villefort. Procureur du roi ! Procureur du roi !
Peppino. Oui, il se nomme Villefort !
Villefort. Vous jouez-vous de la justice, accusé ?
Peppino. Oh non ! Mes parents m’ont abandonné, mais, sans dire mon nom,
puisque je n’en ai pas, je puis bien dire celui de mon père ; maintenant je le
répète, mon père est Monsieur Villefort, et je suis prêt à le prouver.
Villefort. Vous m’insultez ! Comment permettez-vous ! Avez-vous les
preuves ? Les preuves !
Peppino. Mon père m’a pris dans ses bras et m’a enveloppé dans une
serviette marquée d’un H et d’un G, et m’a emporté pour m’enterrer, vivant,
dans le jardin de la maison. Mais, cette nuit-là, un autre homme était là, un
homme qui a tout vu… et que, dès que vous êtes parti, il a creusé dans la
terre, il m’a trouvé encore vivant et il m’a emporté avec lui, dans son pays,
en Italie. C’est là que je vécus. Les preuves ? Eh bien ! Regardez-moi bien,
monsieur Villefort, et demandez-moi d’autres preuves. Vous me demandez les
preuves, mon père, vous voulez que je vous les donne ? Est-ce cette serviette
qui m’enveloppait ? Voulez-vous la voir ?
Villefort. Procuratore del re! Procuratore del re!
Peppino. Sì, sì chiama Villefort!
Villefort. Vi prendete gioco della giustizia, imputato?
Peppino. Oh no! I miei genitori mi hanno abbandonato, ma, senza dire il
mio nome, visto che non ce l’ho, posso tranquillamente dire quello di mio
padre; adesso lo ripeto, mio padre è il signor Villefort, e sono pronto a
provarlo.
Villefort. Voi m’insultate! Come vi permettete! Avete le prove? Le prove!
Peppino. Mio padre mi ha preso fra le braccia e mi ha avvolto in un
asciugamano marchiato con una H e una G, e mi ha portato via per
sotterrarmi, vivo, nel giardino di casa. Ma, quella notte, un altro uomo era
lì, un uomo che ha visto tutto… e che appena ve ne siete andato ha scavato
nella terra, mi trovò ancora vivo, e mi ha portato con sé, nel suo paese, in
Italia. E’ lì che vissi. Le prove? Ebbene! Guardatemi bene, signor Villefort, e
chiedetemi altre prove. Mi chiedete delle prove, padre, volete che ve le dia?
E’ forse questo il panno che mi avvolgeva? Volete vederlo?
58
Peppino brandit un linge.
Peppino brandisce un panno.
Villefort. Non, non, non, c’est inutile.
Villefort. No, no, no, è inutile.
Peppino. Comment, inutile? Mais que voulez-vous dire, mon père ?
Peppino. Come inutile? Ma che intendete dire, padre?
Villefort. Je suis dans la main du Dieu vengeur. Pas de preuves ; il n’en
est pas besoin ; tout est vrai. Relâchez cet homme, relâchez ce fantôme.
Malédiction à moi ! Malédiction !
Villefort. Sono nelle mani di Dio vendicatore. Niente prove; non servono; è
tutto vero. Rilasciate quest’uomo, rilasciate questo fantasma. Maledizione a
me! Maledizione!
Bruit de foule. Le tribunal est évacué.
Villefort s’est levé et aperçoit dans l’ombre le Comte de Monte-Cristo.
Villefort perd la maîtrise de lui-même, il étouffe, il suffoque, au bord de
l’attaque de coeur, et on le croirait devenu fou.
Rumore di folla. Il tribunale viene evacuato.
Villefort si è alzato e scorge nell’ombra il Conte di Montecristo.
Villefort perde padronanza di sé, soffoca, sfiora un attacco di cuore, sembra
stia diventando pazzo.
Dantès. Monsieur le procureur de Villefort ! Je viens vous dire que vous
avez bientôt payé votre dette.
Dantès. Signor procuratore Villefort! Vi dico che avete, ora, pagato il vostro
debito.
Villefort. Qui êtes-vous, monsieur ?
Villefort. Chi siete, signore?
Dantès. Regarde-moi !
Dantès. Guardami!
Villefort. C’est le visage du Comte de Monte-Cristo.
Villefort. E’ il volto del Conte di Montecristo.
Dantès. Non.
Dantès. No.
Villefort. Qui es-tu donc ? Dis ! Parle !
Villefort. Chi sei? Dì ! Parla!
Dantès. Vous m’avez condamné à une mort lente et hideuse, vous avez tué
mon père, vous m’avez ôté la liberté, et la fortune avec l’amour !
Dantès. Mi avete condannato a una morte lenta e orrenda, avete ucciso mio
padre, mi avete tolto la libertà, e il patrimonio insieme con l’amore!
Villefort. Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous donc ? Mon Dieu !
Villefort. Chi siete? Chi siete? Mio Dio!
Dantès. Je suis le spectre d’un malheureux que vous avez enseveli dans les
cachots du château d’If. A ce spectre, sorti enfin de sa tombe, Dieu a mis le
masque du Comte de Monte-Cristo, et il l’a couvert de diamants et d’or pour
que vous ne le reconnaissiez qu’aujourd’hui.
Dantès. Sono lo spettro dello sventurato che avete sepolto nelle segrete del
Castello d’If. A questo spettro, finalmente uscito dalla tomba, Dio ha messo
la maschera del Conte di Montecristo e l’ha ricoperto di diamanti e d’oro
affinché lo riconosceste solo oggi.
Villefort. Ah ! Je te reconnais, je te reconnais ! Tu es… Tu es…
Villefort. Ah! Ti riconosco, ti riconosco! Tu sei… Tu sei…
59
Dantès. Je suis Edmond Dantès !
Dantès. Sono Edmond Dantès!
Villefort. Tu es Edmond Dantès ! Edmond Dantès!
Villefort. Tu sei Edmond Dantès! Edmond Dantès!
Dantès. Dieu est pour moi et avec moi.
Dantès. Dio è per me e con me.
Villefort suffoque et meurt, d’un infarctus.
Dantès. Et de trois !
Villefort soffoca e muore d’infarto.
Dantès. E tre!
SCENE 11
SCENA 11
Danglars, Dantès.
Une pièce pleine d’argent.
Danglars est assis sur les sacs pleins d’argent. Bruit des pas.
Danglars tremble de peur. Entre Dantès masqué.
Danglars, Dantès.
Una stanza piena di soldi.
Danglars è seduto sui sacchi pieni di denaro. Rumore di passi.
Danglars trema di paura. Entra Dantès in maschera.
Danglars. Qui êtes-vous ? Le bourreau qui va me tuer ? Pitié, monsieur, je
vous demande grâce ! Si vous voulez, prenez mon argent !
Danglars. Chi siete voi? Il boia che mi ucciderà? Pietà, signore, vi chiedo
grazia! Se volete, prendete il mio denaro!
Dantès. Ce-ci est de l’argent volé !
Dantès. Questi sono soldi rubati!
Dantès enlève son masque.
Dantès toglie la maschera.
Danglars. Comte de Monte-Cristo ? Qu’est-ce que tout ça signifie ?
Danglars. Conte di Montecristo? Cosa significa?
Dantès. Je ne suis pas le Comte de Monte-Cristo.
Dantès. Non sono il Conte di Montecristo.
Danglars. Et qui êtes-vous donc ?
Danglars. E chi siete dunque?
Monte-Cristo. J’ai ici une lettre, lettre que vous avez écrit il y a trente
ans. J’ai réussi à la récupérer dans les archives du Château d’If, où j’ai été
prisonnier pendant 14 ans.
Dantès. Ho qui una lettera, lettera che avete scritto trent’anni fa. Sono
riuscito a recuperarla dagli archivi del Castello d’If, dove sono stato
prigioniero per 14 anni.
Danglars. Le lettre ! Puis-je la voir ? Je vous donnerai tout ce que j’ai, pour
cette lettre. Prenez tout.
Danglars. La lettera! Posso vederla? Vi darò tutto quello che ho, per questa
lettera. Prendete tutto.
Dantès. La voilà.
Dantès. Eccola.
60
Dantès lui passe la lettre.
Danglars. Merci à Dieu, je suis sauvé ! Je suis sauvé !
Dantès gli porge la lettera.
Danglars. Grazie a Dio, sono salvo! Sono salvo!
Danglars rit et arrache la lettre.
Danglars ride e strappa la lettera.
Dantès (en le regardant fixement). Vous auriez du le faire il y a trente ans ! (Il
secoue Danglars furieusement.) La vie de beaucoup de monde a été ruinée
par cette lettre. Elle aurait du être déchirée !
Dantès (fissandolo). Lo dovevate fare trent’anni fa! (Scuote Danglars
furiosamente.) La vita di tante persone è stata rovinata da questa lettera.
Avrebbe dovuto essere strappata!
Danglars. Qui êtes-vous ?
Danglars. Chi siete?
Dantès. Je suis celui que vous avez vendu, livré, déshonoré ; je suis celui
sur lequel vous avez amasser former votre fortune, que maintenant vous
protégez si désespérément. Je suis Edmond Dantès !
Dantès. Sono colui che avete venduto, consegnato, disonorato; sono quello
che avete calpestato per accumulare la fortuna che proteggete adesso così
disperatamente. Sono Edmond Dantès!
Dantès mets ses mains au cou de Danglars mais soudainement il se souvient
des mots de Faria :
« Il vous faut nourrir votre esprit. Placez-le au-dessus de tous. Votre force est
dans votre âme, votre patience et votre intelligence, et non dans votre colère,
et non dans votre souffrance ».
Dantès laisse Danglars qui cherche à se ressaisir.
Dantès mette le mani al collo di Danglars ma all’improvviso ricorda le parole
di Faria:
“Dovete nutrire il vostro spirito. Metterlo al di sopra di tutti. La vostra forza
è nella vostra anima, la vostra pazienza e la vostra intelligenza, e non la
vostra collera, e non la vostra sofferenza”.
Dantès lascia Danglars che cerca di riprendersi.
Dantès. Je vous pardonne ! Sortez d’ici. Cet argent que vous avez volé
sera rendu à la banque. Vous êtes libre. Vous vivrez avec le sentiment de
culpabilité, à jamais.
Dantès. Vi perdono! Uscite da qui. Questi soldi che avete rubato saranno
restituiti alla banca. Siete libero. Vivrete con il senso di colpa, per sempre.
Danglars s’enfuit.
Danglars corre via.
Dantès. Ainsi s’accomplit ma vengeance et celle de Dieu.
Dantès. Così si compie la mia vendetta e quella di Dio.
SCENE FINALE
SCENA FINALE
Rochers sur l’île de Monte-Cristo.
Scogliera sull’isola di Montecristo.
Dantès. Haydée, ma vengeance est accomplie ! Je te rends tes richesses et le
nom de ton père.
Dantès. Haydée, la mia vendetta si è compiuta! Ti restituisco le tue ricchezze
e il nome di tuo padre.
61
Haydée. Et Mercédès ? Que sera-t-il d’elle et de son fils ?
Haydée. E Mercédès? Cosa sarà di lei e suo figlio?
Dantès. Ils sont retournés à Marseille. Son fils bientôt se mariera et
deviendra un bon capitaine. Je lui ai laissé un de mes navires.
Dantès. Loro sono tornati a Marsiglia. Suo figlio presto si sposerà e
diventerà un bravo capitano. Gli ho lasciato una delle mie navi.
Haydée. L’histoire se répète. Auparavant Mercédès vous attendait au retour
de vos longs voyages, et maintenant elle attendra son fils.
Haydée. La storia si ripete. Prima Mercédès vi aspettava al ritorno dai
lunghi viaggi e adesso aspetterà suo figlio.
Dantès. Mon enfant, tu es libre. Je ne veux pas que mon destin obscurcisse le
tien. Tu m’as beaucoup aidé et maintenant tu dois aller vers ton destin.
Dantès. Bambina mia, tu sei libera. Non voglio che il mio destino oscuri il
tuo. Mi hai aiutato tanto e adesso devi andare verso il tuo destino.
Haydée. Mon destin est de rester près de vous… pour vous aider à reprende
confiance, à aimer la vie, comme la vie vous aime. Je vous aime comme on
aime son père, son frère, et je veux rester avec vous.
Haydée. Il mio destino è rimanete vicino a voi… per aiutarvi a riprendere
fiducia, ad amare la vita, come la vita ama voi. Vi amo come un padre e un
fratello e vogli rimanere con voi.
Dantès. Haydée ! Haydée ! Tu es jeune, tu es belle ; oublie jusqu’à mon nom
et sois heureuse. Je dois me repentir, tout seul.
Dantès. Haydée! Haydée! Sei giovane, sei bella; dimentica perfino il mio
nome e sii felice. Io devo pentirmi, in solitudine.
Haydée. Non. Vous avez dit que je suis libre… et donc je suis libre de rester.
Tu ne dois pas rester seul, tu es le plus beau, le meilleur et le plus grand des
êtres créés !
Haydée. No. Avete detto che sono libera… e sono libera allora di restare.
Non devi rimanere solo, sei il più bello, il migliore e il più grande delle
creature!
Dantès. Oh Haydée ! Tu dis qu’il me serait donc possible d’aimer à nouveau
ou d’être aimé ?
Dantès. Oh Haydée! Dici che sarà possibile per me poter amare di nuovo o
essere amato?
Haydée. Mais oui, vous aimez et vous êtes aimé, seulement vous n’êtes plus
à même de le voir. Peut-être un jour, quitterez vous l’île de Monte-Cristo et
retournerez finalement chez vous, à Marseille, où Mercédès vous attendra
comme elle l’a toujours fait.
Haydée. Ma sì, voi amate e siete amato, solo che non riuscite più a vederlo.
Forse un giorno, lascerete l’isola di Montecristo e tornerete finalmente a
casa, a Marsiglia, dove Mercédès vi aspetterà come ha sempre fatto.
Dantès. Sì, forse un giorno tornerò… un giorno…
Dantès. Oui, peut-être un jour je reviendrai… un jour…
Guarda l’orizzonte, stringendo la mano di Haydée.
Il regarde l’horizon, en serrant la main d’Haydée.
FINE
FIN
62
AMUSE-TOI AVEC NOS JEUX!
Exercices didactiques par Gianfranca Olivieri
Saison Théâtrale 2014/2015
Le Comte de Monte-Cristo
1. PUZZLE
Comment peut-on aussi appeler Dantès ?
Trouve les mots, référés au texte, qui manquent dans les phrases
suivantes. Ensuite écris-les dans le puzzle!
1. Caderousse est un homme de peu de ...................... .
2. Peppino ...................... le prisonnier Caderousse.
3. Villefort dit que Dantès restera en prison à ...................... .
4. Dantès a ...................... de se venger.
5. Caderousse est le...................... de Dantès.
6. Le ...................... d'If est une prison d'Etat.
7. Noirtier est un ...................... de Bonaparte.
8. Haydée a quitté la ...................... à cinq ans.
9. Leclère est mort d'une ...................... cérébrale.
10.Mercédès aime Fernand comme un ..................... .
11.Dantès laisse un de ses...................... à Albert.
Renvoie les pages originales résolues avant le 31/05/2015 à:
IL PALCHETTO STAGE s.a.s., Via Montebello 14/16 - 21052 Busto Arsizio (VA)
Tu recevras un joli cadeau et tu participeras au tirage d’un prix final!
1
2
3
REMPLIS LA FICHE EN CARACTERES D’IMPRIMERIE, AVEC UNE PLUME
4
Nom:Prénom: F ❏ M ❏
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N.:Adresse:
Code Postal:
Ville:
6
Province:
Téléphone:Portable:
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E-mail:
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Date de naissance:
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Ecole:
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N.:Adresse:
Code Postal:
11
Ville:
Province:
Téléphone:
Maintenant lis la réponse verticalement sous la flèche!
Professeur de français:
Date
Signature
Il Palchetto Stage s.a.s. ai sensi e in conformità con l’art. 13, D. Lgs 30 giugno 2003 n. 196,
informa che i dati raccolti saranno utilizzati per informarLa in merito a nuove iniziative.
Solution:
.................................................................................................................................
2. GRILLE
3. LETTRES ET NOMBRES
Quelque fois il est necessaire pour Vaincre ?
Quel est le sujet principal de "Le Comte de Monte-Cristo" ?
Ci-dessous il y a une liste de 18 adjectifs, tirés du texte; trouve les
dans la grille et marque-les ! Les adjectifs se lisent horizontalement,
verticalement, diagonalement ou à l'envers. Les lettres restantes, lues
de suite, vous donneront la solution.
Choisis le bon mot pour compléter les phrases ci-dessous, tirées du
texte.
()
Exemple: 1. On n'aime vraiment q'une seule fois L
q'une femme (B)
1.DESESPÉRÉ
2.FURIEUX
3.HORRIBLES
4.MAIGRE
5.MISÉRABLE
6.PRECIEUX
7.DÉSOLÉ
8.HEUREUX
9.IMPORTANT
10. MALIN
11. NOBLE
12. RICHE
13.
14.
15.
16.
17.
18.
EXCELLENT
HONNET
INNOCENT
MAUVAIS
PERFIDE
VÉRITABLE
1. On n'aime vraiment
2. Sauver un homme c'est faire acte de
3.Le père de Dantès est mort de
4.La mer est
D
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R
T
générosité (C)
humanité (A)
chagrin (V)
malaise (R)
perfide (E)
benevole (P)
cauchemar (N)
"
rève (V)
5.Dantès dit: "J'espère que ce n'est q'un
6.Rien n'est plus précieux que
7.Fragilité, ton nom est
la vie d'un enfant (G)
la fierté d'un gentilhomme (D)
danger (R)
femme (E)
8.Les belles filles ne manquet pas
9.Il y a un Dieu qui punit les
10. Faria est un homme
de vanité (T)
d'amoureux (A)
etrès injustes (F)
traîtres (N)
de science (C)
un écrivain (L)
11. Les dernières volontés d'un mort sont
inoubliables (U)
sacrées (E)
Maintenant écr is dans le ta bleaux ci-dessous les lettres
correspondantes aux bonnes réponses et tu liras la solution.
1
Solution: .................................................................................................................................
q'une seule fois (L)
q'une femme (B)
Solution:
L
2
3
4
5
6
7
8
9
10 11
4. LABYRINTHE
La bonne direction !
Quel chemin doit suivre Dantès pour
rejoindre l'île de Monte-Cristo
et trouver le trésor ?
5. UN PEU DE RELAX!
Où se trouve le tresor ?
Récrivez le message au-dessous di dessin en utilisant le code secret.
CODE SECRET
Solution: CHEMIN ...........................................................................................................
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
Z
Y
X
W
V
U
T
S
R
Q
P
O
N
M
L
K
J
I
H
G
F
E
D
C
B
A
OV GIVHLI WV UZIRZ VHG VMULFR
WZMH OV ERMTGRVNV ILXSVI WV OZ
KVGRGV ROV WV NLMGV-XIRHGL
Message secret: ...........................................................
...............................................................................................
...............................................................................................
FICHE D’APPROFONDISSEMENT
6) Qui es Albert ? Pourquoi est-il reconnaissant à Dantès ?
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•L’intrigue
1) Pourquoi Dantès est-il imprisonné ? Sa disparition tourne-t-elle à
l’avantage de quelqu’un… de qui ?
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7) Quel est le premier personnage que Dantès rencontre-t-il au début
de ce drame ? Le rencontrera-t-il encore ?
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2) Comment Dantès arrive-t-il à s’enfuir de prison ?
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3) Une fois qu’il est libre, quel est le but de sa vie ? Réussit-il à rejondre
son objectif ? Ça fait-il son bonheur ?
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•Références
8) Quel est l’auteur de “Le Comte de Monte-Cristo” ?
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9) En quelle forme l’oeuvre originale a-t-elle été écrite? Et à quelle
époque cette oeuvre a-t-elle été publiée?
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•
Les personnages
4) Quel rapport entretient Dantès avec Mercédès au début et à la fin
de la pièce ?
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5) Qui connait Dantès en prison ? Qu’est-ce que Dantès apprend de
lui ?
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10)Quel personnage historique vraiment existé est-il nommé dans
cette pièce?
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