«Mintima mienu mibika vuzuka»

Messe des funérailles P. Jean-Marie MBUNGU MAYALA, 24-03-2014
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Homélie à l’occasion de la messe des funérailles
Père Jean Marie MBUNGU MAYALA
Saint Raphaël, Kinshasa, 24-03-2014
(Rm 8, 31-39 ; Jn 14, 1-10)
« Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur »
«Que votre cœur ne se trouble pas» (Jn 14, 1)
Chers frères et sœurs,
1. Comme nous le savons tous, nous sommes rassemblés ici pour rendre grâce à Dieu et
reconnaître les merveilles qu’Il a accomplies par l’intermédiaire de son Serviteur, le Père
Jean Marie MBUNGU MAYALA, passioniste, Serviteur qu’il vient d’appeler auprès Lui
le mercredi 19 mars. Il est vrai que depuis son AVC fulgurant d’il y a près des deux ans, le
Père Jean Marie se trouvait dans une situation d’un grand malade : mobilité extrêmement
limitée, perte de parole, difficulté de se nourrir normalement ; en dépit de cela personne de
nous ne s’attendait à sa mort maintenant. Mais quelle que soit la peine que provoque cette
définitive disparition terrestre, chrétiens, nous fixons notre regard sur Celui qui a les
paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68) ; sur Celui qui est le chemin, la vérité et la vie (cf.
Jn 14, 6) ; sur Celui par qui il faut passer pour aller vers le Père (cf. Jn 14, 6), Jésus-Christ.
Ainsi, avant toute chose, méditons d’abord sur la Parole de Dieu que nous venons
d’entendre proclamer.
Bien-aimés du Seigneur,
2.
La première lecture, tirée de la lettre de saint Paul aux Romains, est une véritable hymne
spirituelle à l’amour fidèle de Dieu : si Dieu est pour nous, rien ne sera contre nous. Oui, si
quelqu’un écoute les paroles du Seigneur et les met en pratique, on pourra dire de lui :
voici un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc, l’averse est tombée, les torrents sont
venus et les vents ont soufflé ; ils se sont jetés sur cette maison, mais elle ne s’est pas
écroulée car elle était fondée sur le roc (cf. Mt 7, 24-25). Et inversement : si le Seigneur ne
bâtit la maison, les bâtisseurs ont perdu leur peine. Si le Seigneur ne garde la cité, le
gardien a perdu ses veilles (cf. Ps 127, 1). La page de l’Evangile nous révèle les
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sentiments de Jésus avant de quitter ses disciples : il les console en des termes affectueux :
«Que votre cœur ne se trouble pas» (Jn 14, 1) ; s’il les quitte, c’est pour aller leur préparer
chacun une demeure et revenir les prendre pour qu’ils soient avec lui et qu’ils prennent
part à la communion du Père et du Fils dans l’Esprit Saint. Oui, «heureux, dès maintenant,
ceux qui meurent dans le Seigneur ! … ils sont réconfortés après toutes leurs peines, car
leurs œuvres les suivent. » (Ap 14, 13). Désormais ils sont dans la maison du Père où de
larme, de cri, de peine il n’y en aura plus …où Dieu essuiera toute larme de nos yeux (cf.
Ap 21, 4).
Chers frères et sœurs,
3. En résumé, de la Parole de Dieu proclamée ce soir, retenons trois principaux messages : 1)
Dieu reste fidèle à ceux et celles qui se confient à Lui [Il est le Dieu Fidèle éternellement] :
2) Celui qui s’attache à Dieu est sûr d’hériter de la vie éternelle : 3) la vie éternelle, c’est
demeurer auprès de Dieu dans le bonheur sans fin. Voilà des paroles qui nous confortent
alors que nous pleurons notre frère le Père Jean Marie ; elles suscitent en nous l’espérance
et l’espoir de le revoir un jour dans la joie auprès du Père éternel. Oui, le Père Jean Marie
s’est endormi dans le Seigneur, ses actes l’accompagnent et parlent de lui. Non seulement
il a été l’objet de l’amour paternel de Dieu, mais il a répondu à l’appel de Dieu pour qu’il
soit témoin de cette affection de Dieu pour son peuple. Le Père Jean Marie meurt tout
entier consacré au Seigneur et à son service. Le temps passé parmi nous et au milieu du
peuple chrétien laisse des traces que nous ne pouvons pas oublier. Ceux et celles qui ont
vécu proche de lui sont en mesure de rendre présents à notre mémoire des moments de
l’histoire qui ont marqué notre frère. Notons en passant que le Père Jean Marie a été
longtemps prêtre diocésain de Boma avant d’entrer chez les Pères Passionistes. Comme
Passioniste, il y a travaillé quelques années. J’ai personnellement eu la joie de vivre avec
lui dans un sous-poste où son papa était l’adjoint de mon père alors chef catéchiste. Nous
avons reconnu en lui un prêtre, un religieux, un missionnaire travailleur et déterminé à
atteindre les objectifs fixés ; un homme épris de justice et amoureux de la paix. Plein
d’humour et d’optimisme, il avait toujours le sourire sur les lèvres. Il s’appelait d’ailleurs
« Jean de la Joie », nom de religion. Ses proches collaborateurs n’oublieront pas sa grande
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ouverture, son esprit d'accueil, son dévouement, sa générosité et son sens de
rassembleur. Homme de culture, il a été un formateur avisé. Homme d’organisation et
d’entreprise, il a créé une Association Sans But Lucratif, appelée CEMES : Cercle Médical
la Santé, en vue du développement. Son attachement à la Parole de Dieu lui a permis
d’avoir le souffle nécessaire pour être toujours sur la brèche en quête de la brebis perdue,
et d’être un prédicateur éloquent, un infatigable animateur des retraites et des récollections.
Bien-aimés du Seigneur,
4. Rendons grâce à Dieu pour tant de grâces. Seigneur Jésus, toi qui a précédé notre frère
sur le chemin de la mort, prends-le dans ta mort, afin que la douleur de son dernier soupir
se transforme avec toi en un sourire de ressuscité. Cher Père, le diocèse de Boma est fier
de toi ; tu es parmi ses précieux fils, dignes serviteurs de Dieu. Merci pour le témoignage
d’une vie de zèle apostolique, d’endurance, de sérénité et de joie dans la souffrance.
Repose-toi de tes labeurs. Ensemble avec ton cher papa et tes deux sœurs qui t’ont
précédé auprès du Père, intercédez pour nous auprès de l’Eternel, soutenez la foi,
l’espérance et la charité des membres de votre famille encore en vie, surtout de la
maman.
Chers frères et sœurs,
5. A la lumière de la Parole de Dieu de ce soir, laissons-nous interpeller par le témoignage
de notre frère Jean Marie ; saisissons le message qu’il nous livre et sentons nos mains
chargées de ce qu’il laisse inachevé. Sa mort nous introduit dans le mystère de notre
propre mort. Personne n’est maître du jour de sa mort. Cette ignorance du moment de la
rencontre fondamentale et décisive avec Dieu ne peut que nous inviter à être toujours
prêts. C’est dans la vie quotidienne que se prépare cette rencontre fatale. Ce que Jésus
demande à chacun de nous, c’est de mourir avec lui, afin de ressusciter avec lui.
Bien-aimés du Seigneur,
6. N’oublions pas que le Père Jean Marie laisse une famille biologique et une famille
religieuse. Portons-les de façon particulière dans nos prières ; prions surtout pour sa
maman. C’est à nous qu’il les confie pour les soutenir et les entourer de notre affection, à
la manière dont le Christ sur la croix a confié sa mère à son ami Jean. Demandons à Dieu
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de les consoler, de faire grandir en eux la foi, l’espérance et la charité, de les garder dans
l’unité, l’entente et la fraternité.
7. Enfin, à vous tous frères et sœurs qui êtes venus prier pour le Père Jean Marie et
manifester votre solidarité avec lui et avec sa famille, nous disons un grand merci. Que
cette mort que nous célébrons en famille et en Eglise soit comme une graine qui, tombée
en terre, meurt, porte beaucoup de fruits. Le fruit que nous voulons spécialement
demander au Seigneur c’est de faire de nous tous des témoins vivants de la joie et de
l’espérance.
Que son âme repose en paix, Amen.
Que son âme repose en paix, Amen.
Que son âme repose en paix, Amen.
Mbuka Cyprien, cicm
Evêque de Boma